Crise en garderie : Québec rate-t-il le coche pour recruter les 18 000 éducatrices promises d’ici 2026?

Crise en garderie : Québec rate-t-il le coche pour recruter les 18 000 éducatrices promises d’ici 2026? credit : lemorning.ca (image IA)

L’ambitieuse promesse et la réalité des chiffres

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La pénurie de personnel dans le réseau de la petite enfance au Québec, c’est une histoire qui dure, n’est-ce pas? On dirait que chaque année ramène les mêmes inquiétudes. En 2022, le gouvernement du Québec s’était fixé un objectif plutôt audacieux : recruter 18 000 nouvelles éducatrices qualifiées d’ici 2026. C’était une promesse significative pour les familles qui attendaient désespérément une place en garderie.Aujourd’hui, alors que l’échéance approche à grands pas – seulement deux petits mois, en fait – les chiffres récents dévoilés par le ministère de la Famille forcent à l’introspection. Malgré les efforts louables, il manque toujours un nombre conséquent de bras qualifiés pour atteindre cette cible. Vraiment, on est en droit de se demander si on y arrivera. En mars dernier, on comptait 14 622 embauches nettes. Ça laisse un écart de 3 400 postes à combler. Et c’est cet écart qui fait toute la différence sur le terrain, croyez-moi.

Des postes vacants depuis plus d’un an : la détresse des cpe

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La situation n’est pas qu’une histoire de statistiques gouvernementales; elle est profondément humaine. Au CPE la Becquée, qui gère sept garderies dans les régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches, la directrice Martine Beaupré dresse un portrait franchement décourageant. «Dans chacun de nos CPE, il nous manque des éducatrices qualifiées», avoue-t-elle. Et le pire, c’est que ces postes sont affichés depuis plus d’un an, sans que le moindre curriculum vitæ qualifié ne se présente.Cette carence a des conséquences dramatiques sur la qualité du service. On ne peut pas fonctionner à plein régime. Imaginez : l’impossibilité d’ouvrir des groupes, ce qui signifie des familles en attente, et même, l’obligation d’adopter une

«politique de rupture de service»

! C’est une pression insupportable pour les gestionnaires et pour les parents.

Une quarantaine de groupes fermés dans deux régions

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Ce n’est pas un cas isolé, malheureusement. Élise Paradis, directrice du Regroupement des centres de la petite enfance des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches (qui représente plus de 200 CPE), l’a confirmé. Lorsqu’ils ont sondé leurs membres en septembre, les résultats étaient très parlants.Sur 63 répondants, on apprend qu’au moins sept directions n’avaient pas pu ouvrir un ou plusieurs de leurs groupes faute de personnel. Ça représente quoi? Eh bien, c’est une quarantaine de groupes qui restaient portes closes en plein septembre, alors que des centaines de familles auraient dû y avoir accès! C’est un gaspillage de places et un stress énorme pour les parents qui doivent jongler avec des solutions de rechange, souvent bancales. Franchement, ces chiffres parlent d’eux-mêmes.

3400 postes de retard : un objectif illusoire?

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Le gouvernement maintient que la cible de 18 000 embauches est toujours d’actualité pour 2026, mais est-ce que ça tient la route? Avec 14 622 embauches recensées en mars, il faudrait un sprint absolument phénoménal pour rattraper les 3 400 postes manquants en quelques semaines seulement. Ça semble peu probable, non?Geneviève Héroux, de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (CSQ), ne mâche pas ses mots. «Les chiffres, ils parlent d’eux-mêmes. Visiblement, on n’a pas atteint la cible qui avait été nommée; il y a quand même un manque», déplore-t-elle. Son syndicat, qui représente plus de 12 000 éducatrices, estime que Québec n’a tout simplement pas mis en place les moyens nécessaires pour que cette promesse se concrétise. Il est facile de fixer un chiffre, mais la vraie difficulté, c’est de valoriser assez la profession pour que les gens y restent et que d’autres aient envie d’y entrer. C’est là où ça coince, je suppose.

Former et reconnaître : les programmes suffiront-ils?

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Québec a mis en place deux programmes majeurs pour tenter de consolider le bassin d’éducatrices formées. Il y a d’abord le parcours travail-études. Depuis 2021, 1048 personnes l’ont complété, et 1109 sont actuellement en formation. C’est bien, c’est un début.Ensuite, il y a la Reconnaissance des Acquis et des Compétences (RAC) en petite enfance, permettant à ceux qui travaillent déjà dans le milieu sans qualification complète de se requalifier. Près de 2000 personnes y ont participé depuis 2022. Des efforts, oui, mais sont-ils à la hauteur du défi? Élise Paradis est sceptique. Elle rappelle qu’il y a des centaines de nouvelles places en CPE en construction dans la seule région de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches, sans parler des départs à la retraite. On essaie de combler des trous alors que de nouveaux se creusent. L’équation, franchement, n’est pas en notre faveur. Et les données sur les diplômés collégiaux? Radio-Canada n’a même pas réussi à les obtenir du ministère de l’Enseignement supérieur au moment de la rédaction. Comment veut-on planifier sans ces chiffres cruciaux?

La charge émotionnelle et les impacts sur nos tout-petits

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Au-delà des listes d’attente pour les parents, la pénurie pèse lourdement sur celles qui restent. Martine Beaupré le dit clairement : c’est difficile pour tout le monde. Les éducatrices, elles veulent donner le meilleur service possible, mais elles se sentent coupables lorsqu’elles doivent s’absenter, même pour un congé de maladie. C’est humain, mais c’est aussi le signe d’un système à bout de souffle.Geneviève Héroux confirme que cette culpabilité crée une «grosse charge émotionnelle». Si elles sont malades, ou si leur enfant l’est, elles savent que cela impacte directement leur équipe de travail déjà réduite. C’est un cercle vicieux, vous voyez.

Et le plus important, c’est le bien-être de l’enfant. Élise Paradis nous rappelle que les tout-petits sont «très, très vulnérables». Si on n’assure pas un personnel stable et de qualité, il y aura des répercussions plus tard, avec des enfants qui «vont arriver à l’école avec des difficultés». C’est un investissement essentiel pour l’avenir de la société, pas juste un service de garde.

Valoriser le métier, l’unique voie vers la solution

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Il apparaît évident que l’objectif de 18 000 embauches d’éducatrices d’ici 2026 est, disons-le, très difficile à atteindre avec le rythme actuel. L’écart de 3 400 postes d’ici l’échéance de deux mois, combiné aux départs à la retraite et aux nouvelles places qui ouvrent, maintient une pression constante sur un réseau déjà fragile.Toutes les intervenantes s’accordent sur un point fondamental : la solution ne réside pas uniquement dans des programmes de formation rapide, mais surtout dans la valorisation accrue de cette profession essentielle. Si l’on veut éviter les ruptures de service et garantir un avenir serein à nos enfants, il faut absolument s’assurer que les éducatrices se sentent reconnues et soutenues. C’est la clé pour transformer la pénurie en succès durable. Nous le devons à nos enfants, n’est-ce pas?

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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