Le Tribunal administratif du travail donne le feu vert à la grève
credit : lemorning.ca (image IA)Ah, la belle saison des conflits de travail… On dirait bien que les Montréalais doivent encore se préparer à un week-end franchement compliqué. Vraiment, c’est pénible. Mercredi dernier, le Tribunal administratif du travail (le TAT, comme on dit pour faire court) a jeté un pavé dans la mare : oui, les chauffeurs d’autobus et les opérateurs de métro de la STM peuvent faire la grève.C’est clair, net et précis : les 15 et 16 novembre, sauf miracle de dernière minute, le transport en commun s’arrête net. Quelle surprise, ou plutôt, quelle non-surprise, si vous voulez mon avis. Mais comment en est-on arrivé là, et qu’est-ce qui attend les usagers? Une chose est sûre : le TAT ne considère pas, pour l’instant, que l’interruption des services de la STM soit un danger public.
Deux jours sans transport : ce que ça signifie
credit : lemorning.ca (image IA)C’est une nouvelle qui va demander une bonne dose de planification pour tout le monde. Si aucune entente n’est signée entre le syndicat des chauffeurs/opérateurs et l’employeur, l’interruption de service sera totale. La grève débutera le 15 novembre à 4 h du matin et se terminera le 17 novembre à 3 h 59. Cela équivaut à un week-end complet de paralysie des réseaux d’autobus et de métro.La seule exception confirmée, c’est le transport adapté. C’est déjà ça, mais pour les milliers d’autres qui dépendent du réseau — pour aller travailler, visiter de la famille, ou se rendre à un rendez-vous médical important, c’est tout de même une sacrée complication. La STM avise d’ailleurs que le retour à la normale ne sera que progressif après la fin de la grève, avec un service régulier complètement de retour seulement le jeudi suivant. Laissez-moi rire, la reprise sera probablement chaotique.
Le droit de grève l’emporte sur l’argument des services essentiels
credit : lemorning.ca (image IA)Le droit de grève, on le sait, est protégé par la Constitution. Et ça, le TAT l’a rappelé avec force. Pourtant, plusieurs grosses organisations — l’Aéroport de Montréal, Trajectoire Québec, et même la FADOQ (qui représente nos aînés, tout de même !) — sont montées au créneau pour plaider que les services de la STM devraient être considérés comme essentiels.Mais le Tribunal a été ferme. Il a jugé que si les inquiétudes soulevées par ces intervenants sont « importantes », elles ne mettent pas en jeu « la santé ou la sécurité publique ». C’est une distinction juridique très fine, je suppose. Pour les usagers, cela signifie que même si la vie de plusieurs est perturbée, elle n’est pas considérée comme en danger mortel par la loi. C’est le prix à payer pour protéger ce droit fondamental des travailleurs.
Coup de frein chez les employés d’entretien
credit : lemorning.ca (image IA)Pendant que les chauffeurs ont eu le feu vert, les 2400 employés d’entretien, qui avaient amorcé leur propre grève depuis le 31 octobre, ont pris une douche froide, si vous me permettez l’expression. Ils ont suspendu leur mouvement tard mardi soir, après une douzaine de jours de débrayage (où ils n’offraient des services essentiels qu’aux heures de pointe).Pourquoi ce revirement soudain, alors que leur grève devait durer jusqu’au 28 novembre ? L’ombre d’une intervention gouvernementale planait, c’est la clé de cette décision. Le service est d’ailleurs revenu graduellement à la normale dès mercredi.
La menace de Jean Boulet et la peur d’être « attaché »
credit : lemorning.ca (image IA)C’est le ministre du Travail, Jean Boulet, qui était prêt à intervenir. Il menaçait d’utiliser une loi permettant de mettre fin à un conflit et d’imposer l’arbitrage. Bruno Jeannotte, le président du syndicat d’entretien, a très bien expliqué pourquoi ils ont reculé.« On a perdu un levier important avec la loi », a-t-il affirmé. Mais se retrouver « attaché » par une loi spéciale, c’est pire. M. Jeannotte a souligné que si on leur imposait l’arbitrage, ils perdraient leur droit de grève pendant des mois, voire un an. Dans ce contexte, l’employeur (la STM) n’avait plus aucune raison de faire de véritables concessions à la table de négociation.
Salaires et sous-traitance : les vrais enjeux bloqués
credit : lemorning.ca (image IA)Le cœur du problème, selon le dirigeant syndical, c’est que l’employeur ne bougeait guère sur les deux enjeux principaux : les salaires et la sous-traitance. L’anticipation de l’intervention de M. Boulet leur donnait tout le loisir de rester sur leurs positions.Malgré tout, ce n’est pas tout noir, non plus. M. Jeannotte a quand même mentionné qu’il y avait eu quelques « avancées » à la table de négociation au cours des derniers jours. Attention, cependant : le retrait de la grève d’entretien n’est pas un abandon. « On n’est pas à notre dernier moyen de pression », a prévenu le dirigeant syndical. Ils ont juste choisi de se battre autrement, peut-être pour éviter de se faire imposer une solution. C’est de la pure stratégie syndicale, n’est-ce pas ?
Planifiez pour le chaos à venir
credit : lemorning.ca (image IA)Alors, chers lecteurs, retenez ceci : ce week-end des 15 et 16 novembre, les bus et le métro seront au repos forcé, autorisés par le Tribunal, et c’est une réalité concrète. Même si les employés d’entretien sont revenus au travail pour l’instant, l’ambiance est tendue et les négociations sont loin d’être terminées. Le spectre d’un arbitrage forcé plane encore sur la tête de ceux qui réclament de meilleures conditions.Prévoyez vos déplacements à l’avance, demandez de l’aide si vous le pouvez, et sortez les bottes pour marcher, car la patience sera de mise. Il semble que nous n’ayons pas fini de parler de la STM et de ses conflits de travail cet automne. Courage à tous !