Rougeole : comment le Canada a « perdu son élan » après des décennies de progrès

Rougeole : comment le Canada a « perdu son élan » après des décennies de progrès credit : lemorning.ca (image IA)

Le statut d’éradication de la rougeole, un revers douloureux

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C’est un choc, mais franchement, c’est aussi une surprise à laquelle on s’attendait un peu. Le Canada s’est fait retirer son statut d’éradication de la rougeole, et ça, pour les experts en santé publique, c’est vraiment un coup dur. Quand on pense aux décennies de travail acharné pour faire disparaître cette maladie, on ressent une consternation certaine.

Nous nous sommes entretenus avec la Dre Arlene King, une figure clé en santé publique. Elle a une expérience colossale, ayant notamment dirigé le Centre de vaccination et des maladies infectieuses respiratoires ici, et elle conseille maintenant l’OMS. Elle le dit sans détour : nous avons laissé l’élan retomber. C’est ce qu’elle voit, l’effritement progressif d’un progrès que l’on pensait acquis pour toujours.

Un pas en arrière pour le canada et les amériques

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La réaction de la Dre King est claire : « C’est très préoccupant. » Voyez-vous, les Amériques ont été la première région du monde à se débarrasser de la rougeole. C’était une victoire historique, et que le Canada perde ce statut, c’est un énorme revers, non seulement pour nous, mais pour tout le continent. Elle insiste sur le fait que les autorités de santé publique n’ont pas chômé, elles ont tout fait pour traquer chaque cas, chaque contact, dans l’espoir fou d’empêcher la transmission de s’installer durablement.

Mais ça n’a pas marché. Quand elle parle de surprise « prévisible », ça sonne juste. On savait qu’il y avait des failles, des zones de vulnérabilité. Et c’est bien ça qui est triste et regrettable dans cette histoire.

L’analogie du vélo qui tombe

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Mais alors, pourquoi ce fiasco? Pourquoi n’avons-nous pas réussi à contenir la résurgence? C’est multifactoriel, bien sûr, mais le facteur principal, selon la Dre King, c’est la diminution constante des taux de vaccination. Cette baisse a commencé même avant la pandémie, mais celle-ci n’a certainement rien arrangé.

Il existe des « points vulnérables » partout au pays, des communautés entières qui, pour diverses raisons, résistent ou hésitent face à la vaccination. Et n’oublions jamais que la rougeole continue de circuler largement ailleurs dans le monde. Elle frappe donc constamment à nos portes.

La Dre King utilise une image frappante, une expression qu’un de ses collègues aime répéter : « Quand vous arrêtez de pédaler à vélo, le vélo tombe. » C’est ça l’idée. Avec la rougeole, il faut constamment maintenir l’élan, la dynamique. Et visiblement, au Canada, on a arrêté de pédaler assez fort concernant la couverture vaccinale, et paf, le vélo est tombé.

La rougeole n’est pas une simple éruption cutanée

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Pourquoi tant d’efforts pour atteindre le « zéro cas »? Parce que la rougeole, malgré ce que certains croient, n’est absolument pas une maladie bénigne. C’est beaucoup plus qu’une simple éruption. Ses conséquences peuvent être gravissimes : on parle d’inflammation du cerveau, de pneumonie, de surdité et même de cécité.

La Dre King se souvient elle-même d’avoir eu la rougeole enfant. Elle raconte qu’elle a été très malade, qu’elle a contaminé toute sa famille, et que son petit frère de 18 mois a même eu des convulsions fébriles, tant sa fièvre était intense. C’est le genre de souvenir qui marque à vie, je suppose, et qui nous rappelle la véritable nature de cette maladie que nous avons presque oubliée.

Le bouclier de l’immunité collective

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Il y a une autre raison essentielle de se faire vacciner, et c’est peut-être la plus humaine de toutes : le besoin de protéger ceux qui ne peuvent pas l’être. Certains enfants, pour des raisons médicales réelles, ne peuvent recevoir le vaccin. Ils dépendent entièrement de notre bon vouloir, de notre responsabilité collective.

Ce fameux « coussin immunitaire », ou immunité collective, est leur seule protection. Or, la rougeole est d’une contagion extrême ; elle se transmet par gouttelettes en suspension dans l’air, c’est fou! Pour qu’il y ait un véritable bouclier, il faut atteindre un taux de vaccination de 95 % ou plus. C’est le seuil magique pour empêcher les éclosions.

« Si vous ne maintenez pas cette dynamique, vous vous retrouvez avec des groupes d’individus vulnérables suffisamment importants pour permettre la poursuite de la transmission. Et c’est exactement ce qui s’est passé au Canada », conclut la Dre King. Difficile de lui donner tort.

Le mur de la mésinformation et le besoin d’histoires vécues

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Pourquoi de plus en plus de Canadiens choisissent de ne pas vacciner leurs enfants, malgré les risques? La Dre King pointe du doigt la mésinformation. Elle avoue que le public ne sait plus où donner de la tête avec tout ce qu’on lit en ligne. La réalité, c’est que la plupart des jeunes Canadiens, et même des jeunes médecins, n’ont jamais vu un vrai cas de rougeole. C’est facile d’oublier le danger quand il n’est pas visible.

C’est pour ça qu’il faut raconter des histoires. Elle-même partage son souvenir d’enfance, la gravité de sa maladie, l’inquiétude de sa mère, et son immense joie quand le vaccin est finalement devenu disponible en 1963. Il faut se rappeler que le vaccin est sûr, efficace et bon marché. Les décennies de recherche ont clairement démontré qu’il n’y a aucune corrélation, zéro lien, entre les vaccins et l’autisme. Il faut répéter ce message encore et encore, renforcer la confiance.

Le défi de l’accès aux soins de première ligne

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Un autre défi, et non des moindres, c’est la faiblesse de nos soins primaires. Les gens font généralement confiance à leurs médecins. Mais comment poser des questions et obtenir des réponses fiables sur la vaccination si on n’a tout simplement pas de médecin de famille? C’est une préoccupation majeure pour la Dre King.

Si les citoyens n’ont personne à qui parler, un professionnel de confiance pour aborder leurs hésitations, on court droit au mur. Il faut absolument trouver des manières concrètes, des moyens efficaces de répondre aux craintes et aux préoccupations des gens, surtout dans les communautés où l’hésitation vaccinale est la plus forte.

Le long chemin pour retrouver notre élan

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La route pour regagner ce statut d’éradication de la rougeole sera longue et semée d’embûches. La Dre King le confirme : cela pourrait prendre des années. Elle cite l’exemple du Venezuela et du Brésil, qui ont mis cinq ans pour faire le rattrapage vaccinal nécessaire et pour renforcer leurs systèmes de surveillance.

Pour réussir, trois éléments sont cruciaux et indissociables : 1) La vaccination, en maintenant le seuil à 95 % ; 2) Une surveillance rigoureuse de la maladie ; 3) Un contrôle strict des épidémies. Une stratégie qui a fait ses preuves, et que le Canada pourrait réutiliser, c’est la mise en place de programmes de rattrapage massifs. Ce sont ces journées ou ces semaines de vaccination intensive où l’on dit aux gens : « C’est maintenant ou jamais pour vos doses! » Cela demande une coordination fédérale, provinciale et territoriale exemplaire.

La Dre King espère, comme nous tous, que cette perte de statut sera le déclencheur d’une discussion sérieuse entre nos responsables politiques. Dans l’intérêt de nos enfants, le Canada doit réagir, et vite, à ce défi de santé publique.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.