Le sort des autruches d’Edgewood est scellé : la Cour suprême refuse d’intervenir
Adam David - 2025-11-06 06:11
credit : lemorning.ca (image IA)
La fin d’une longue bataille judiciaire

C’est une nouvelle qui tombe comme un couperet pour les propriétaires de la ferme Universal Ostrich et tous ceux qui les soutenaient. La Cour suprême du Canada a décidé de ne même pas entendre leur appel. En clair, ça veut dire que le sursis est terminé. Le long combat pour sauver près de 300 autruches d’un abattage ordonné à cause de la grippe aviaire semble bel et bien arrivé à son terme.
La décision, ou plutôt la non-décision, du plus haut tribunal du pays laisse le champ libre à l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) pour exécuter l’ordre d’abattage émis initialement le 31 décembre 2024. Une saga qui aura duré des mois et mobilisé beaucoup de monde.
Le verdict est tombé : pas d’appel possible

Ce matin, la Cour suprême a été très claire. Elle a rejeté deux demandes cruciales de la ferme d’Edgewood. D’abord, la demande d’appel de la décision de la Cour d’appel fédérale, qui donnait déjà raison à l’agence gouvernementale. Et ensuite, la demande de suspendre l’ordre d’abattage en attendant. C’est donc une double porte qui se ferme.
Il faut bien comprendre ce que ça signifie. La Cour ne s’est pas prononcée sur le fond de l’affaire, elle a simplement jugé que le cas ne méritait pas d’être entendu à ce niveau. Pour la ferme, c’est la fin de la voie judiciaire classique. Les tribunaux inférieurs, la Cour fédérale et la Cour d’appel fédérale, avaient déjà conclu que l’ACIA avait agi de manière raisonnable. La messe est dite, du moins sur ce front.
L’ACIA se prépare à agir

Du côté de l’Agence canadienne d’inspection des aliments, la réaction ne s’est pas fait attendre. Dans un communiqué, l’ACIA a confirmé qu’elle allait maintenant de l’avant. Les prochaines étapes sont claires : l’abattage des oiseaux et l’élimination des carcasses, comme le prévoient la loi et leurs protocoles en cas de grippe aviaire hautement pathogène.
L’agence rappelle que sa politique vise à protéger la santé humaine, celle des autres animaux, mais aussi nos marchés internationaux. C’est un argument de poids. Elle en profite pour lancer un appel au calme, espérant que les propriétaires et leurs partisans respecteront la décision de la justice. On se souvient que la situation était devenue très tendue, avec des employés de l’ACIA qui ont subi de l’intimidation et même des menaces de mort. C’est dire à quel point ce dossier a soulevé les passions.
Un soutien populaire qui n’a pas suffi

Cette histoire n’est pas juste une affaire de ferme contre le gouvernement. C’est devenu un véritable phénomène social. Depuis des mois, des militants s’étaient rassemblés près de la ferme, installant un campement pour montrer leur soutien. Une mobilisation assez impressionnante, qui rappelle, à une autre échelle, certains mouvements de contestation vus durant la pandémie.
Le soutien n’était pas que sur le terrain. Il est monté jusqu’à Ottawa. Pas plus tard qu’hier, le député conservateur Scott Anderson a déposé une pétition avec plus de 40 000 signatures à la Chambre des communes. L’objectif ? Demander à la ministre de la Santé d’intervenir pour empêcher l’abattage. Malheureusement pour eux, cet élan de solidarité n’aura pas pesé assez lourd dans la balance judiciaire.
Pourquoi tant de remous ? La grippe aviaire et les questions qu’elle soulève

Mais pourquoi un tel drame pour une question sanitaire ? La grippe aviaire, ou virus H5N1, est une maladie sérieuse qui touche de nombreuses espèces d’oiseaux et peut, dans de très rares cas, se transmettre à l’homme. C’est une menace que les autorités prennent très au sérieux. D’où la politique d’abattage sanitaire.
Cependant, de plus en plus de gens s’interrogent sur ces méthodes radicales. Caroline Kilsdonk, médecin vétérinaire et bioéthicienne, rappelle que ce genre de résistance n’est pas unique au Canada. On a vu des choses similaires au Danemark avec les visons ou en France avec des bovins. Elle insiste sur une chose : l’importance d’une communication transparente de la part des autorités. Il faut que les gens comprennent pourquoi on en arrive à des mesures aussi extrêmes, et qu’ils aient confiance que tout a été fait pour les éviter. Un dialogue respectueux entre toutes les parties, c’est peut-être ça, la clé.
Conclusion : Une lueur d’espoir ou la fin du chemin ?

Alors, tout est vraiment terminé ? Juridiquement, la route semble bloquée. L’abattage peut commencer. Pourtant, un professeur de droit de l’Université d’Ottawa, Paul Daly, a soulevé un point intéressant. Il resterait peut-être une toute petite porte entrouverte : une demande de reconsidération auprès du gouvernement fédéral, si la ferme peut présenter de nouvelles preuves.
Est-ce que cela pourrait pousser l’ACIA à attendre encore un peu ? Personne ne le sait. Ce qui est sûr, c’est que même si la bataille devant les tribunaux est perdue, le débat dans la société, lui, est loin d’être clos. L’histoire de ces 300 autruches de Colombie-Britannique aura au moins eu le mérite de nous faire réfléchir à notre rapport aux animaux et aux crises sanitaires.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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