Un sentiment de déjà-vu

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On se souvient tous de la Commission Viens et de ses promesses de changement. C’était en 2019. Aujourd’hui, on a l’impression de revenir un peu à la case départ. Le Protecteur du citoyen, Marc-André Dowd, a sorti un nouveau rapport, et disons que le portrait qu’il dresse n’est pas très rose. Deux ans après un premier suivi, il constate que des « lacunes préoccupantes » existent toujours. On parle quand même d’améliorer les relations entre les Autochtones et nos services publics. Ce n’est pas rien.
Des promesses qui tardent à se concrétiser

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Le rapport de la commission, à l’époque, c’était 142 appels à l’action. Une feuille de route claire, pourrait-on dire. Pourtant, même le commissaire Jacques Viens lui-même disait plus tôt cette année que les progrès sont terriblement lents. Le nouveau rapport du Protecteur du citoyen met le doigt sur le bobo en se concentrant sur quatre grands thèmes : la sécurité culturelle, le droit de parler sa langue, l’autodétermination et, finalement, la vision d’ensemble du gouvernement. C’est un peu comme un bulletin de notes, et disons que le Québec ne passe pas avec des couleurs flamboyantes.
La sécurité culturelle : une bonne loi, mais pas de budget

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C’est une chose d’adopter une loi, comme celle sur l’approche de sécurisation culturelle dans le réseau de la santé. C’en est une autre de lui donner les moyens d’exister. Selon M. Dowd, cette loi, toute neuve de 2024, demande une véritable révolution dans les mentalités et les pratiques. Le hic ? Aucun financement n’a été prévu pour ça. Et Santé Québec n’a pas vraiment mis de l’ordre pour que tous les hôpitaux et CLSC travaillent de la même façon.
Pire, on a du mal à embaucher des professionnels de la santé autochtones. Un exemple concret qui fait mal : des sages-femmes anglophones des Premières Nations, qui connaissent la culture de leur communauté, n’ont pas le droit de suivre leurs patientes quand elles sont transférées à l’hôpital. C’est un non-sens.
Parler sa langue, un droit encore bafoué

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Et puis, il y a cette histoire qui donne froid dans le dos. On apprend que de jeunes autochtones, placés en centre de réadaptation, se feraient encore interdire de parler leur langue maternelle entre eux. Ça vous rappelle quelque chose ? Oui, ça sonne tristement comme les histoires des pensionnats autochtones. C’est difficile à croire qu’en 2024, on en soit encore là. Le Protecteur du citoyen est clair : le Québec ne respecte pas assez le droit des Autochtones de parler leur langue.
L’autodétermination : la grande oubliée

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Le rapport insiste sur un mot-clé : l’autodétermination. C’est, selon M. Dowd, « la pierre angulaire » pour corriger les inégalités que vivent les Premières Nations et les Inuit. En gros, leur donner le pouvoir de prendre leurs propres décisions. Sur papier, tout le monde est d’accord. Mais dans les faits, il y a une « réticence à changer les pratiques en profondeur ». On sent bien que ça bloque quelque part, que les vieilles habitudes ont la vie dure.
Un manque de vision globale du gouvernement

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Le problème, au fond, c’est peut-être un manque de leadership. Le rapport critique l’approche du gouvernement Legault, qui préfère des « initiatives ponctuelles et localisées ». On règle un petit problème ici, un autre là, mais sans plan d’ensemble. Ça ne suffit pas pour garantir une reconnaissance solide et durable des droits des peuples autochtones.
Le symbole de tout ça, c’est le refus du Québec d’adopter la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA). Le gouvernement fédéral l’a fait en 2021. Mais ici, François Legault a fermé la porte, craignant que cela donne un « droit de veto » aux Autochtones sur les projets économiques. Une décision qui en dit long.
Conclusion : Le chemin est encore long

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Alors, que retenir de tout ça ? Le rapport du Protecteur du citoyen n’est pas juste un constat d’échec, c’est aussi un appel à l’action. Il demande au gouvernement de se doter d’une vraie stratégie, d’assurer un financement stable pour les initiatives de sécurité culturelle et de trouver un moyen de concilier la Charte de la langue française avec les réalités des Autochtones. Bref, le travail est immense. Les bonnes intentions ne suffisent plus, il faut maintenant des gestes concrets et, surtout, une volonté politique qui ne fléchit pas. On ne peut pas se permettre de reculer, surtout avec les restrictions budgétaires qui planent.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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