Tempête de verglas au Québec : pourquoi la province retient son souffle
Adam David - 2026-03-11 12:12
credit : lemorning.ca (image IA)
Le Québec sur le qui-vive

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Un vent d’inquiétude souffle sur une grande partie du Québec. Face à l’annonce d’une importante tempête de verglas, la province s’est mise en état d’alerte, poussant la population et les autorités à envisager les pires scénarios. Les mesures n’ont pas tardé : écoles fermées, télétravail fortement encouragé et routes placées sous haute surveillance.
Avant même les premières précipitations mardi, la réponse a été rapide et coordonnée. De l’Outaouais jusqu’au Bas-Saint-Laurent, la plupart des centres de services scolaires ont pris la décision de fermer leurs établissements pour la journée. Dans le même temps, de nombreux employeurs ont emboîté le pas, invitant leurs salariés à travailler depuis leur domicile pour limiter les risques.
Le spectre de la crise de 1998

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Cette nervosité ambiante n’est pas sans raison. Elle puise sa source dans un traumatisme collectif encore bien présent dans les esprits : la crise du verglas de 1998. Gilles Brien, météorologue à la retraite et auteur du livre Les baromètres humains : comment la météo nous influence, met des mots sur ce sentiment. « Ça provoque de l’inquiétude parce que la tempête de verglas de 1998 a vraiment laissé des marques chez les Québécois. On a eu des millions de Québécois plongés dans le noir pendant une semaine », explique-t-il.
C’est dans ce contexte que l’avertissement de pluie verglaçante émis par Environnement Canada ravive de douloureux souvenirs. L’alerte, de couleur orange, concerne plusieurs régions du Québec pour les journées de mercredi et jeudi. Une simple annonce météorologique qui, par la force de l’histoire, prend une tout autre dimension.
Une mobilisation d’envergure

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Face à la menace, les acteurs publics et privés ont déployé d’importants moyens préventifs. Une longue liste d’entreprises et d’organisations, incluant le gouvernement provincial, iA Groupe financier, Beneva, Desjardins, Loto-Québec, la Société de transport de Montréal et Ubisoft, ont encouragé le télétravail. L’objectif : réduire la circulation et assurer la sécurité des employés.
Sur le plan opérationnel, Hydro-Québec a assuré suivre la situation de très près, mobilisant quelque 550 équipes, soit 1100 monteurs et monteuses de lignes prêts à intervenir. De son côté, le ministre provincial de la Sécurité publique, Ian Lafrenière, a confirmé le déploiement de centaines de personnes pour suivre l’évolution des événements et maintenir une vigie constante. La Ville de Montréal n’est pas en reste, annonçant que près de 1000 employés seraient affectés à l’épandage, au dégagement des puisards et à des opérations d’élagage préventif.
La prévention, mot d’ordre des experts

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Cette stratégie proactive est unanimement saluée par les spécialistes. « On est vraiment en mode prévention. On prévient le pire. Tant mieux si finalement on a plus de grésil ou plus de pluie, mais c’est impossible à prévoir en ce moment », analyse André Monette, chef du service météorologique chez MétéoMedia. Il tient cependant à rassurer en rappelant que le verglas attendu mercredi n’a rien de comparable avec la crise historique de 1998.
Pour Gilles Brien, cette approche est tout simplement essentielle pour minimiser les conséquences, particulièrement sur le réseau routier. « Les gens vont peut-être penser que la tempête n’a pas été si pire, mais c’est parce qu’on a pris des mesures pour limiter l’impact », souligne-t-il. Un avis partagé par Frédérique Marie, chroniqueuse à la circulation : « C’est beaucoup de la prévention. On avertit les gens d’essayer d’éviter de se déplacer le plus possible ».
Quand la météo pèse sur le moral

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Au-delà des considérations logistiques et sécuritaires, l’impact de cet épisode météorologique est aussi psychologique. Selon Gilles Brien, le fait que la tempête survienne en milieu de semaine est un facteur aggravant, car le mercredi est « la journée la plus achalandée sur les routes ». Cette perturbation du quotidien s’ajoute à un autre facteur de stress.
Le contraste thermique brutal entre la douceur de lundi et mardi et le retour soudain du froid prévu pour mercredi pourrait également affecter le moral des troupes. « Ce sont les variations qui sont les plus difficiles à supporter au Québec », précise le météorologue. Il insiste sur une réalité plus large : la météo n’influence pas seulement notre environnement direct, mais aussi l’économie, la culture, nos modes de vie et, inévitablement, nos humeurs.
Selon la source : journaldemontreal.com