Sondages au Québec : ce détail qui pourrait freiner la course du PQ
Adam David - 2026-03-07 12:31
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Une prédiction qui ne semble plus si folle

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Il y a quelques semaines, voire quelques mois, une prédiction audacieuse circulait dans certaines conversations : « Regarde bien ça, Richard, les libéraux vont remporter les prochaines élections provinciales ». À l’époque, une telle affirmation pouvait prêter à sourire, suscitant des réponses comme : « Voyons donc, t’es complètement cinglé ».
Pourtant, le paysage politique récent donne à réfléchir. Les dernières intentions de vote placent le Parti Québécois (PQ) et le Parti Libéral du Québec (PLQ) dans un mouchoir de poche, avec respectivement 31 % et 30 %. Cet écart minime rend soudainement l’hypothèse d’une victoire libérale bien plus vraisemblable, pour ne pas dire réaliste.
Le style Plamondon : force ou faiblesse ?

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Face à ce resserrement dans les sondages, il serait facile d’invoquer des facteurs externes, comme les actions de Trump, ses tarifs douaniers ou la guerre qu’il a déclenchée en Iran. Cependant, l’analyse suggère que les péquistes doivent aussi se tourner vers leurs propres dynamiques pour comprendre cet écart si mince qui les sépare des troupes de Charles Milliard.
La question du style du chef, Paul St-Pierre Plamondon, se pose. Reconnu comme un homme de principes qui ne cède pas sous la pression, un trait de caractère apprécié des Québécois, cette force a aussi son revers. Il peut parfois paraître dogmatique, sentencieux et même « soupe au lait ». Une personnalité qui semble toujours vouloir avoir raison.
Ce tempérament se manifeste notamment lors de ses confrontations régulières avec des militants qualifiés de « wokes » sur les réseaux sociaux. Or, essayer de convaincre ces interlocuteurs, dont la réputation dépasserait à peine les frontières du Plateau-Mont-Royal, est comparé à une perte de temps, comme « essayer d’apprendre à compter à une spatule ». Une question demeure : le chef du PQ n’a-t-il pas de meilleures batailles à mener ?
La leçon de la Révolution américaine

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Un parallèle historique peut être tiré de la série documentaire de Ken Burns, The American Revolution, diffusée sur la plateforme PBS. Contrairement à l’idée répandue, en 1776, tous les Américains n’étaient pas unis derrière le projet d’indépendance de l’Empire britannique. Ce désir était principalement porté par une élite intellectuelle, des figures comme John Adams, Thomas Jefferson ou Benjamin Franklin.
Le reste de la population — les paysans, les commerçants — avait des préoccupations bien plus terre-à-terre. Leur souhait principal était que le régime britannique cesse de les accabler de taxes et d’impôts prohibitifs. Transformer les colonies en un pays indépendant était loin d’être leur priorité. Ils étaient, en quelque sorte, les « caquistes de l’époque ».
Pour rallier le peuple à leur cause, les intellectuels indépendantistes ont dû descendre de leur « montagne » conceptuelle. Ils ont dû prouver aux Américains « ordinaires » comment l’indépendance allait concrètement améliorer leur sort et les enrichir. En somme, ils ont dû « vendre » leur projet en répondant à une question simple : en quoi cela allait-il régler leurs problèmes pratico-pratiques et améliorer leur vie de tous les jours ?
Du ‘Québec’ aux ‘Québécois’ : le virage pragmatique

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Cette leçon historique résonne aujourd’hui. Une formule, attribuée au chroniqueur Marc Boilard lors d’une émission sur QUB radio au 99,5 FM, résume bien le défi actuel : « Il faut que les indépendantistes s’intéressent moins au Québec et plus aux Québécois. » Il s’agit de délaisser l’idée, l’abstraction et le concept pour parler directement aux gens de leurs réalités.
Les sondages sont formels sur les priorités des Québécois. Trois sujets dominent leurs préoccupations : le pouvoir d’achat, la santé et le logement. Les thèmes liés à l’identité, comme la langue, la culture ou la laïcité, se retrouvent bien plus bas dans la liste, au même niveau que l’environnement. On peut le déplorer, mais c’est un fait.
Pour que Paul St-Pierre Plamondon élargisse la base souverainiste, la voie semble donc tracée. Il lui faudrait démontrer clairement, chiffres à l’appui, comment l’indépendance se traduirait par des améliorations tangibles au quotidien. Comment réduirait-elle le temps d’attente dans les urgences ? Comment faciliterait-elle l’accès au logement ? Le combat ne se gagnera ni dans les hautes sphères des débats d’idées, ni sur Twitter ou Facebook. Il se gagnera sur le « plancher des vaches », avec de l’écoute et de l’humilité, bien plus qu’avec la simple certitude d’avoir raison.
Perspectives croisées et questions en suspens

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En marge de la politique québécoise, d’autres débats animent l’actualité. La championne d’échecs iranienne Mitra Hejazipour adresse un message à ceux qui critiquent l’intervention américaine en Iran. Elle déclare : « Depuis près d’un demi-siècle, les Iraniens vivent sous un régime qui emprisonne, torture et tire sur sa propre population. Les Iraniens ont déjà tout risqué. Ils sont descendus dans la rue à de multiples reprises, les mains nues, au prix de leur liberté, de leur vie, parfois de celle de leurs proches. »
Elle poursuit en interrogeant : « Combien de morts faudra-t-il encore pour que certains comprennent qu’il ne s’agit pas d’un régime réformable ? À un moment, soutenir la chute d’un pouvoir pareil, ce n’est pas être belliciste : c’est reconnaître une nécessité historique et humaine. Les Iraniens n’ont pas de leçons à recevoir de gens qui n’ont jamais risqué leur vie face aux mollahs. »
Sur ce même sujet, la position de Mark Carney soulève des interrogations. Dans un premier temps, le premier ministre a appuyé sans réserve l’intervention américaine. Puis, face aux critiques, il a changé de cap pour critiquer Trump sur le non-respect du « droit international ». Enfin, il a annoncé ne pas exclure une participation canadienne à la guerre au Moyen-Orient. Une valse-hésitation décrite comme « deux pas en avant, deux pas en arrière, cha-cha-cha ! ».
Enfin, un retour sur le sondage Léger interpelle les nationalistes québécois. S’ils soulignent que seuls 19 % des francophones voteraient pour le PLQ contre 39 % pour le PQ, y voyant la preuve que le parti de Charles Milliard reste celui des anglophones et des allophones, une autre question se pose. Comment expliquer que 61 % des francophones ne votent pas pour le PQ ? Est-ce que la situation en Iran peut, à elle seule, justifier cette répartition ?
Selon la source : journaldemontreal.com