Changement d’heure : cet astronome alerte sur un impact insoupçonné pour les seniors
Mathieu Gagnon - 2026-03-07 12:21
credit : lemorning.ca (image IA)
Une heure qui avance, une santé qui recule ?

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Le rituel est immuable. Dans la nuit du 7 au 8 mars, toutes les horloges du Québec avanceront d’une heure. Si ce passage à l’heure d’été est une habitude pour la plupart, il ne serait pas sans conséquence, notamment pour la population la plus âgée. C’est l’avertissement lancé par l’astronome Pierre Chastenay, qui souligne un « impact sur leur santé ».
S’exprimant au micro d’Isabelle Maréchal lors d’une entrevue diffusée simultanément sur les ondes de QUB radio et télé, ainsi qu’au 99,5 FM à Montréal ce vendredi, le professeur de didactique des sciences à l’UQAM a mis en lumière les risques physiologiques associés à cette modification du temps légal. Une perturbation qui va bien au-delà de la simple fatigue matinale.
Quand le rythme circadien est mis à l’épreuve

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Selon l’expert, les effets sur l’organisme sont concrets et mesurables. « Ça a un impact sur la santé, entre autres, on a remarqué qu’il y avait plus d’infarctus et de problèmes cardiaques chez les personnes plus âgées », explique Pierre Chastenay. Ce sont les individus dont le cycle circadien, notre horloge biologique interne, est déjà plus fragile qui risquent le plus de subir les contrecoups de ce changement.
Cette perturbation soudaine d’une heure peut ainsi dérégler un équilibre délicat, particulièrement chez les seniors. Le corps peine à s’adapter, ce qui peut engendrer un stress physiologique suffisant pour déclencher des complications, notamment sur le plan cardiovasculaire.
Un danger qui nous guette aussi sur la route

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Les conséquences de ce décalage horaire ne se limitent pas à la sphère médicale. Elles se manifestent également de manière très tangible sur les routes du Québec. Le phénomène est d’ailleurs observable à chaque transition, que ce soit au printemps ou à l’automne.
« On sait aussi qu’il y plus d’accidents de la route durant les jours qui suivent le changement d’heure », affirme M. Chastenay. La fatigue accumulée, la modification des conditions de luminosité aux heures de pointe et la désynchronisation générale des organismes contribueraient à une hausse de la sinistralité routière.
Une mesure héritée d’un autre siècle
Mais d’où vient cette pratique ? Introduit après la Première Guerre mondiale, le changement d’heure a été formellement instauré au Québec en 1940. L’objectif était double : économiser l’énergie et accroître la production industrielle en profitant au maximum de la lumière naturelle. Une logique qui, selon l’astronome, est aujourd’hui complètement dépassée.
« Avec cet ensoleillement ou cette lumière supplémentaire, on économisait sur les coûts de chauffage et les coûts d’éclairage », détaille-t-il. Avant d’ajouter, catégorique : « Un siècle plus tard, ces raisons-là ne tiennent plus du tout. » Nos modes de vie et nos consommations énergétiques ont radicalement changé, rendant les gains d’alors marginaux voire inexistants aujourd’hui.
Le dilemme québécois : comment profiter du soleil ?

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Le débat est vif au sein de la société. Une consultation publique menée à l’automne 2024 a révélé que 91 % des Québécois souhaitent en finir avec le changement d’heure. Mais la question demeure : quelle heure adopter en permanence ? L’hiver, les Québécois ne profitent que de huit heures de soleil par jour. La configuration idéale pour en bénéficier au maximum ne fait pas l’unanimité.
Le scénario de conserver l’heure d’été toute l’année soulève une préoccupation majeure, mise en avant par Pierre Chastenay : la sécurité des enfants. En effet, cela signifierait qu’ils devraient se rendre à l’école dans l’obscurité totale durant une partie de l’hiver. « Alors les enfants qui vont à l’école, qui doivent traverser des intersections, Dieu sait que dans les grandes villes, il y a des enjeux très importants autour de ça. Qu’est-ce qui va arriver avec tout ça ? », s’interroge l’astronome, laissant la question en suspens.
Selon la source : tvanouvelles.ca