Sondage choc au Québec : ce chiffre qui bouscule tout l’échiquier politique
Simon Kabbaj - 2026-03-05 12:47
credit : Side-by-side fusion: "Charles Milliard Août 2024 (cropped).jpg" by TVA Nouvelles licensed under CC BY 3.0 via Wikimedia Commons + "Paul St-Pierre Plamondon.jpg" by Alexis G. licensed under CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons
Un désir de changement massif et durable
Le message des électeurs québécois semble clair : l’heure du changement a sonné. Sauf revirement de situation d’ici le scrutin du 5 octobre prochain, une vague de fond traverse la province. Un sentiment qui n’est pas nouveau, puisqu’il s’est installé depuis plus de deux ans dans le paysage politique.
Un récent sondage mené par la firme Léger pour Le Journal et TVA vient le confirmer avec force. Une écrasante majorité de 72 % des personnes interrogées exprime le souhait de voir un nouveau gouvernement prendre les rênes. Ce chiffre témoigne d’un désamour profond et durable envers la Coalition Avenir Québec, et ce, indépendamment de la personne qui pourrait la diriger.
Le Parti Québécois en tête, malgré une légère érosion
Dans ce contexte, le Parti Québécois (PQ) de Paul St-Pierre Plamondon maintient sa position de tête. Bien qu’il ait récemment perdu quelques plumes dans les intentions de vote, il conserve une avance notable, recueillant 39 % des appuis au sein de l’électorat francophone. Cette position lui confère un avantage certain à l’approche de la campagne.
Cependant, ce désir de changer de gouvernement ne se traduit pas par une volonté de changer de pays. Si un référendum sur la souveraineté avait lieu aujourd’hui, le Non l’emporterait avec 71 % des voix. Plusieurs facteurs expliquent cette prudence : l’incertitude liée à la politique américaine avec la figure de Trump, les risques de guerre commerciale, l’instabilité générale sur la scène internationale, la popularité de Mark Carney, mais aussi des préoccupations plus locales comme l’inflation et la crise du logement.
Conscient de ce climat, le chef péquiste a d’ailleurs récemment exprimé qu’il comprenait les inquiétudes « légitimes » des Québécois face à cette période de forte turbulence politique et économique. Une reconnaissance jugée nécessaire pour rassurer un électorat en quête de stabilité.
Le Parti Libéral reprend des couleurs, les Conservateurs surprennent
Le paysage politique n’est pas figé pour autant. Sous l’impulsion de son nouveau chef, Charles Milliard, le Parti libéral du Québec (PLQ) semble reprendre du tonus. La formation recueille désormais 30 % des intentions de vote à l’échelle de la province, un score qui descend à 19 % chez les électeurs francophones, mais qui marque une progression notable.
Plus surprenant encore, le Parti conservateur d’Éric Duhaime, avec 15 % des appuis, se positionne désormais devant la Coalition Avenir Québec. Ce résultat, particulièrement significatif chez les électeurs les plus à droite de l’échiquier politique, confirme lui aussi cette aspiration générale à tourner la page du gouvernement actuel.
La CAQ face au défi de la continuité
Pour la Coalition Avenir Québec (CAQ), la situation est délicate. Le parti au pouvoir est la cible directe de cette volonté de renouvellement. La dynamique politique apparaît mouvante pour toutes les formations, sauf, semble-t-il, pour la CAQ, qui peine à inverser la tendance.
Dans ce contexte, la candidature de Christine Fréchette à la chefferie du parti est scrutée de près. Ministre vedette du gouvernement de François Legault, elle répète qu’elle « incarne le renouveau ». Pourtant, pour une part importante de l’électorat, elle représente avant tout une forme de continuité dont les Québécois ne semblent plus vouloir à l’heure actuelle.
Vers une campagne électorale sous haute tension
L’équation est donc complexe pour les principaux partis. Le double mouvement – un désir de changement de gouvernement couplé à un refus de changer de pays – constitue une donnée majeure qui structurera les mois à venir. C’est un paramètre fondamental que le Parti Québécois et le Parti libéral devront intégrer à leur stratégie.
Le chemin vers les élections s’annonce donc particulièrement corsé. La dynamique politique reste fluide et imprévisible, promettant une campagne où chaque camp devra jouer ses cartes avec la plus grande habileté. L’auteur de l’article original prévoyait d’ailleurs de revenir plus en détail sur ces enjeux le vendredi suivant.
Selon la source : journaldemontreal.com