Christine Fréchette : sa stratégie pour écarter un référendum au Québec

Christine Fréchette : sa stratégie pour écarter un référendum au Québec credit : TVA Nouvelles, CC0, via Wikimedia Commons

Un « non » catégorique à un nouveau référendum

C’est une position tranchée qu’a affichée Christine Fréchette, candidate à la direction de la Coalition Avenir Québec. Invitée dimanche soir sur le plateau de l’émission « Tout le monde en parle », elle a été sans équivoque sur la question de la souveraineté. L’aspirante première ministre l’a martelé : elle fera tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher la tenue d’un troisième référendum sur l’avenir du Québec.

Son argument principal repose sur le contexte actuel, qu’elle juge particulièrement défavorable. « C’est la pire période des 50 dernières années pour lancer une démarche référendaire, avec toute l’incertitude qu’il y a », a-t-elle déclaré face à l’animateur Guy A. Lepage. Pour elle, ajouter une consultation populaire à un climat déjà tendu serait une erreur.

Cette posture prend une résonance particulière au regard de son parcours. Christine Fréchette a en effet été directrice adjointe du cabinet de Jean-François Lisée, une figure de proue du Parti Québécois. Malgré ce passé, elle s’engage aujourd’hui à mettre « tout » en œuvre pour qu’un tel scénario ne se produise pas.

L’économie, un enjeu au cœur de son opposition

Pour justifier sa position, Christine Fréchette met en avant les turbulences économiques. L’incertitude est déjà bien assez présente, selon elle. « On a déjà énormément d’incertitude qui plane sur l’économie avec la guerre tarifaire qu’on se tape, avec notre voisin au Sud. Il ne faut pas en rajouter une autre couche », a-t-elle expliqué. Une démarche référendaire ne ferait qu’aggraver une situation qu’elle estime fragile.

Sa stratégie se distingue de celle de ses adversaires. Le chef de son ancienne formation politique, Paul St-Pierre Plamondon, promet quant à lui de déclencher un référendum dès un premier mandat s’il est élu. À l’inverse, le chef libéral Charles Milliard se positionne clairement pour mener le camp du « non ». Christine Fréchette, elle, refuse cette étiquette. Elle « n’aspire pas nécessairement » à conduire le bus des fédéralistes, préférant une approche différente : « Je dis qu’il faut empêcher la tenue d’une démarche référendaire au Québec. »

Immigration : sa proposition pour le Programme de l’expérience québécoise

Interrogée sur le dossier sensible de l’immigration, Christine Fréchette a dû clarifier sa position sur le Programme de l’expérience québécoise (PEQ). Le gouvernement a mis fin à ce programme en novembre, plongeant de nombreux immigrants dans l’incertitude quant à l’obtention de leur résidence permanente, même s’ils parlent français et sont déjà intégrés. La candidate a promis de réactiver le PEQ pour une durée de deux ans si elle est élue. S’agit-il d’un désaveu de son collègue, le ministre de l’Immigration Jean-François Roberge ? « Non. On arrive au même objectif, mais avec des méthodes différentes », a-t-elle répondu.

La fin du PEQ a soulevé de nombreuses critiques, notamment en raison de son impact sur le marché du travail. Selon des chiffres rapportés par Radio-Canada, au moins 1000 employés d’écoles et 444 employés de garderies sont menacés de devoir quitter la province. De nombreuses voix se sont ainsi élevées pour demander au ministre Roberge de revoir sa décision.

Pour Christine Fréchette, la clé est la prévisibilité. « Moi, j’ai une plus grande période d’adaptation et de transition », a-t-elle détaillé. « Le gouvernement peut décider d’agir s’il le souhaite », a-t-elle ajouté, soulignant l’importance de la stabilité pour les personnes concernées. « Quand on prend des décisions de cette nature-là, on a un impact sur le parcours de vie des gens et c’est important qu’on donne de la prévisibilité. »

Laïcité : une ligne ferme et sans compromis

La question de la laïcité a également été abordée. En plus des travailleurs affectés par la fin du PEQ, près de 500 autres employés de garderies risquent de perdre leur emploi s’ils n’acceptent pas de retirer leur signe religieux, conformément à la nouvelle loi. Cette mesure concerne principalement les femmes portant le hijab.

Sur ce point, Christine Fréchette s’est montrée solidaire de la ligne gouvernementale. « C’est important de respecter la loi », a-t-elle affirmé sans détour. Selon elle, la responsabilité incombe en partie aux employeurs. Elle estime que les « employeurs n’ont pas tenu compte de la nouvelle règle » en procédant à l’embauche de personnes qui portaient des signes religieux.

Face aux conséquences de cette application de la loi, notamment le risque de pénurie de personnel, sa réponse est directe. La solution, selon elle, sera de trouver de nouvelles recrues. « On va devoir recruter d’autres personnes », a-t-elle déclaré.

Le 12 avril : un duel pour la tête de la CAQ et du Québec

Ces différentes prises de position dessinent le profil de la candidate à quelques semaines d’une échéance cruciale pour son parti et pour le Québec. Les membres de la Coalition Avenir Québec sont en effet appelés à se prononcer pour choisir leur nouveau leader.

Le vote aura lieu le 12 avril prochain. Il opposera Christine Fréchette à Bernard Drainville. Le vainqueur de cette course interne ne deviendra pas seulement le chef de la CAQ, mais héritera également du poste de premier ministre du Québec, marquant ainsi une nouvelle étape pour la province.

Selon la source : ici.radio-canada.ca