Santé au Québec : que se passe-t-il quand le système ne répond plus ?

Santé au Québec : que se passe-t-il quand le système ne répond plus ? credit : lemorning.ca (image IA)

Le cas qui soulève la question du « gratuit »

L’histoire est celle d’une citoyenne québécoise. Souffrant de douleurs au cou au point de devenir invalide, elle se tourne vers le système de santé public. Face à une impasse, elle n’a d’autre choix que de se tourner vers le privé. Pour retrouver sa santé, elle contracte une dette de 40 000 dollars afin de financer son opération.

Fort heureusement, cette démarche lui a permis de retrouver une vie normale. Mais son cas personnel ouvre une porte sur une question bien plus large et inquiétante. Combien d’autres personnes n’ont pas eu cette « chance » de pouvoir financer leurs propres soins ? Combien de Québécois sont décédés faute d’un accès rapide aux services de santé, ou parce qu’un cancer a été diagnostiqué trop tardivement ?

Le contrat social, un pacte à sens unique ?

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Au cœur de la relation entre une population et son gouvernement se trouve un principe fondamental : le contrat social. Les citoyens consentent à payer des impôts et des taxes. En échange, l’État s’engage à leur fournir des services essentiels, parmi lesquels les soins de santé figurent en première ligne.

Année après année, paie après paie, les Québécois honorent leur part de cet accord. Ils supportent d’ailleurs un fardeau fiscal qui se classe parmi les plus élevés en Amérique du Nord. L’engagement financier de la population envers l’État est constant et indiscutable, reposant sur la confiance que les services promis seront au rendez-vous.

Quand le service public devient un « service fantôme »

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Face à l’engagement des citoyens, la performance de l’État est remise en question. La situation est décrite comme une véritable rupture de contrat. Les signes de cette défaillance sont multiples : un accès de plus en plus réduit à un médecin de famille, des listes d’attente qui atteignent des records historiques et des chirurgies régulièrement annulées ou reportées.

Le résultat est un paradoxe douloureux. Les Québécois payent pour un service qui, au moment où ils en ont besoin, s’avère inaccessible, un « service fantôme ». Ils sont alors contraints de payer une seconde fois : de leur poche pour se soigner au privé, de leur qualité de vie face à la douleur et à l’incertitude, et parfois, de leur vie même.

L’impunité de l’État, une légitimité à réévaluer

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Dans n’importe quel autre contexte contractuel, une partie qui manque à ses engagements doit répondre de ses manquements. On parlerait alors de recours légaux, de pénalités financières, de dommages et intérêts, voire de sanctions pénales. Pourtant, l’État québécois semble jouir d’une impunité totale dans ce dossier.

Cette situation soulève des interrogations fondamentales. Que faire lorsque l’entité garante de l’ordre public devient elle-même le premier des délinquants contractuels ? Comment réagir quand le monopole d’État sur les soins de santé ne garantit plus l’accès à ces mêmes soins ? La conclusion avancée est radicale : si l’État n’est plus capable d’honorer ses engagements, il perd sa légitimité à exiger des impôts d’une population qu’il abandonne dans les moments critiques.

Remboursement et responsabilité pénale : les pistes sur la table

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Face à ce constat de rupture, des solutions concrètes sont proposées. Au minimum, l’État devrait être tenu de rembourser intégralement les sommes que les citoyens dépensent dans le système privé lorsque le réseau public est incapable de remplir sa mission.

Une seconde idée, bien plus percutante, est également avancée. Pourquoi ne pas intégrer au Code pénal une nouvelle accusation : l’« Homicide par abandon étatique » ? Cette disposition viserait les cas où la non-assistance systémique du système de santé public est la cause directe d’un décès. Le message est clair : le contrat est rompu, et l’heure est venue pour l’État de rendre des comptes.

Selon la source : journaldemontreal.com