Vols de véhicules à Montréal : une baisse globale mais des agressions en hausse

Vols de véhicules à Montréal : une baisse globale mais des agressions en hausse credit : Une voiture de luxe laissée seule avec le moteur en marche et de la fumée d'échappement visible dans credit : lemorning.ca (image IA)

Alors que le nombre total de voitures volées a chuté de manière significative à Montréal au cours de la dernière année, les autorités policières s’inquiètent d’une recrudescence des vols qualifiés. Ces crimes, souvent commis avec violence, sont principalement liés à des opportunités laissées par des automobilistes imprudents.

Un phénomène distinct de la crise ontarienne

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) dresse un portrait nuancé de la situation. Si la métropole québécoise n’atteint pas les niveaux de violence observés à Toronto, une tendance inquiétante se dessine. Le commandant Pierre-Marc Houle, responsable des enquêtes sur les vols de véhicules (Projet Sud), souligne une différence majeure dans le modus operandi des criminels locaux.

Contrairement à l’Ontario, où les « carjackings » sont souvent des opérations planifiées par le crime organisé impliquant des armes et des menaces directes contre des conducteurs ciblés, la majorité des incidents montréalais relèvent du crime d’opportunité. Les voleurs profitent de véhicules laissés sans surveillance, moteur en marche, souvent lorsque le propriétaire s’absente pour une course rapide.

Vue aérienne ou globale de conteneurs maritimes au Port de Montréal, symbolisant l'exportation des v

credit : lemorning.ca (image IA)

Les chiffres : une chute globale, mais plus de violence

Les statistiques révèlent une efficacité accrue des forces de l’ordre sur le volume global, mais une augmentation des risques pour les citoyens :

  • Baisse générale : Le nombre total de véhicules volés a diminué de 30 % depuis 2023. En 2025, 6 679 vols ont été rapportés, contre 11 756 deux ans plus tôt.
  • Hausse de la violence : À l’inverse, les vols qualifiés (impliquant intimidation ou violence) ont bondi de 60 %. On dénombre désormais environ un incident de ce type par semaine sur l’île.

Le danger de l’interposition

L’augmentation des blessés lors de ces événements n’est pas nécessairement due à une volonté initiale d’agression de la part des voleurs, mais plutôt à la réaction des propriétaires. « Souvent, le propriétaire du véhicule va tenter de s’interposer et c’est là qu’on va avoir des gens blessés », explique le commandant Houle.

Les conséquences peuvent être dramatiques. À l’été 2024, un incident marquant a impliqué une mère de famille devant une garderie. Un criminel a tenté de dérober son véhicule alors que son bébé de sept mois se trouvait encore à bord, illustrant le caractère improvisé et dangereux de ces délits.

Gros plan sur un système de verrouillage de voiture ou des clés sur le contact, illustrant la vulnér

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Le Port de Montréal sous haute surveillance

Malgré l’évolution des méthodes de vol, la filière d’exportation demeure constante. Le port de Montréal reste la porte de sortie privilégiée pour les réseaux criminels. Toutefois, la présence policière accrue porte ses fruits : en 2025, plus de 1 000 véhicules y ont été interceptés avant de quitter le pays.

« Ce ne sont pas des crimes planifiés… on parle vraiment de circonstances qui rendent le crime possible à ce moment-là, et c’est facilement évitable. » — Commandant Pierre-Marc Houle, SPVM

Nouvelles stratégies des réseaux criminels

Face au renforcement de la sécurité, les voleurs adaptent leurs techniques. Outre le vol opportuniste, les enquêteurs notent une sophistication des fraudes :

  • Le maquillage (Re-VIN) : Modification des numéros de série et peinture pour revendre le véhicule localement ou brouiller les pistes.
  • Fraudes au financement : Achat de véhicules neufs sous de fausses identités pour les exporter avant même qu’ils ne soient déclarés volés.
  • Arnaques interconcessionnaires : Usurpation d’identité de vendeurs pour transférer des véhicules entre provinces.

Le SPVM rappelle que la vigilance citoyenne, combinée à l’installation de systèmes de géolocalisation, demeure le meilleur rempart contre ces réseaux.

Selon la source : https://www.journaldemontreal.com

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