Tensions extrêmes à l’urgence de Rimouski : les infirmières disent « c’est assez »
Simon Kabbaj - 2026-01-29 12:27
credit : lemorning.ca (image IA)
Une nuit de protestation sous haute tension

credit : lemorning.ca (image IA)
C’est une scène qu’on ne voit pas souvent, et qui témoigne d’un véritable ras-le-bol. Imaginez un peu l’ambiance : il est minuit, la nuit dernière à l’hôpital de Rimouski, et au lieu de prendre leur poste comme d’habitude, des infirmières ont tout simplement refusé d’enfiler leur uniforme. Elles ont dit non. Pourquoi? Parce qu’elles ont peur, tout simplement. Elles craignent pour leur propre sécurité, et on peut difficilement les blâmer quand on sait ce qui s’est passé en début de semaine.
Le déclencheur de ce coup d’éclat, c’est le retrait soudain d’un gardien de sécurité. Ce dernier avait été affecté à l’urgence juste après une violente agression survenue lundi dernier, un incident grave qui a quand même fait quatre blessés. Mais voilà, les employés de nuit ont appris en soirée que ce gardien ne reviendrait pas pour une troisième nuit. Pour elles, c’était la goutte de trop. Sachant pertinemment que ce refus de travailler pourrait leur attirer de sérieux ennuis avec leurs patrons, elles ont tout de même tenu bon. Pour éviter que le service ne s’effondre totalement et qu’il n’y ait plus personne pour soigner les gens, c’est le personnel infirmier de jour qui a dû prolonger ses heures de travail, évitant ainsi de justesse une rupture de service.
Des témoignages qui font froid dans le dos

credit : lemorning.ca (image IA)
Il faut écouter ce que ces travailleuses ont à dire pour comprendre leur angoisse. Prenez Maude Canuel, par exemple. Elle devait normalement commencer son quart de travail de minuit à 8h ce matin-là. Inquiète comme pas une, elle a préféré transgresser l’interdit plutôt que de risquer sa peau sans protection adéquate. Elle ne mâche pas ses mots : « On va rester solidaire et on va continuer à refuser de rentrer tant qu’il n’y aura pas un agent de sécurité », a-t-elle lancé. Ce n’est pas un caprice, c’est un cri du cœur.
Ce qu’elle raconte sur le quotidien à l’hôpital est assez perturbant. Elle constate, presque tous les jours, des cas d’errance inquiétants dans les corridors et à l’urgence. D’ailleurs, des employés nous ont confié – à micro fermé, bien sûr, par peur des représailles – qu’une personne cherchant visiblement un endroit pour dormir a été découverte récemment couchée dans un lit… tout près du département de pédiatrie! Vous imaginez? Ce genre de situation ne serait même pas exceptionnel, selon les témoignages. Le problème, c’est qu’il n’y aurait que deux agents de sécurité pour patrouiller l’ensemble de l’hôpital la nuit, ne faisant que de brèves escales à l’urgence. Jeudi, un peu après minuit, le pupitre de l’agent de sécurité était désespérément vide.
Pire encore, les infirmières ont souligné une défaillance technique aberrante : le bouton panique, censé permettre de joindre la centrale d’urgence sans délai pour alerter les policiers discrètement, ne fonctionne pas. Maude Canuel a même avoué : « Moi je n’étais même pas au courant qu’un bouton existait, donc déjà là, ça part mal ». C’est peu dire.
Une solidarité inattendue face à la violence

credit : lemorning.ca (image IA)
Heureusement, elles ne sont pas seules dans ce combat. De nombreux collègues sont venus les soutenir pendant une bonne partie de la nuit. Il y avait des médecins, mais aussi beaucoup d’ambulanciers paramédicaux. Et leur présence n’est pas anodine : ce sont eux, les paramédics, qui avaient dû maîtriser l’homme en crise lors du « code blanc » déclenché très tôt lundi matin. Pour rappel, cette intervention a laissé des traces : deux infirmières, un préposé aux bénéficiaires et une résidente en médecine ont été blessés. L’homme responsable de ce chaos fait d’ailleurs face à quatre accusations de voies de fait.
Jérémie Corneau-Landry, qui est paramédic et vice-président exécutif à la Fédération du préhospitalier du Québec, était sur place pour appuyer le personnel. Il a eu cette phrase qui résonne fort, peut-être une erreur de date sous le coup de l’émotion ou une projection futuriste sombre, mais il a dit : « Ce n’est pas normal qu’en 2026 ce soient les paramédics qui soient obligés d’intervenir et qu’on soit pas capable de mettre les ressources pour assurer la sécurité des gens ». Ça a le mérite d’être clair.
Même son de cloche du côté de Nancy Deschênes, infirmière à l’urgence depuis 10 ans. Elle travaille de jour, mais elle tenait mordicus à montrer sa solidarité envers ses collègues de nuit. Elle confirme que la violence envers le personnel est en croissance constante. « Ce n’est pas rassurant, on surveille nos arrières », dit-elle. Elle s’inquiète aussi pour les patients vulnérables, les personnes âgées, les enfants… car eux aussi sont à risque si la sécurité n’est pas assurée.
Conclusion : Le bras de fer continue

credit : lemorning.ca (image IA)
Alors, que va-t-il se passer maintenant? La direction ne semble pas vouloir laisser passer ça. De son côté, le CISSS pourrait carrément déposer une injonction pour forcer ses employés à cesser ce moyen de pression et retourner au travail. L’ambiance doit être lourde, c’est le moins qu’on puisse dire.
Célina Caron, la vice-présidente aux relations de travail au SPSICR-BSL (un syndicat affilié à la FIQ), était aussi présente sur les lieux. Elle a mentionné avoir parlé à des représentants du CISSS peu après minuit. Aux dernières nouvelles, le CISSS est au courant de la situation et la CNESST doit se rendre sur place demain pour évaluer tout ça. On espère juste qu’il ne faudra pas attendre un autre drame pour que les choses bougent vraiment.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
Créé par des humains, assisté par IA.