Transport collectif : la douche froide de 200 millions qui secoue nos régions

Transport collectif : la douche froide de 200 millions qui secoue nos régions credit : lemorning.ca (image IA)

Une coupure budgétaire qui passe mal

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C’est une nouvelle qui a fait l’effet d’une bombe, ou du moins d’une très mauvaise surprise, pour les élus municipaux. Imaginez un peu : on apprend soudainement que le gouvernement du Québec a décidé de réduire de 200 millions de dollars le budget consacré au Programme d’aide au développement du transport collectif (PADTC). Ce n’est pas une petite somme, et le pire, c’est que ça s’est fait sans crier gare.

L’Union des municipalités du Québec (UMQ) est montée aux barricades pour dénoncer cette situation. Pour vous donner une idée de l’ampleur du changement, l’enveloppe budgétaire précédente (celle de 2022-2025) était de 1,2 milliard de dollars. On nous avait promis un renouvellement à hauteur de 1,013 milliard en novembre dernier… ce qui était déjà une baisse, on s’entend. Mais voilà que les organismes de transport ont réalisé, un peu tardivement et sans préavis, que le budget réel a finalement été abaissé à 998 millions de dollars. C’est à n’y rien comprendre.

Pour Guillaume Tremblay, le président de l’UMQ et maire de Mascouche, la pilule ne passe pas. Selon lui, cette coupe inattendue met directement en péril la capacité de nos villes et villages à offrir des services de transport décents. Ce n’est pas juste une question de chiffres sur un papier ; ce sont des services essentiels pour la mobilité des gens, pour aller travailler ou faire ses courses, qui sont menacés. De son côté, le ministère des Transports et de la Mobilité durable tente de justifier la chose en invoquant le « contexte budgétaire actuel » et la nécessité de réduire les dépenses. Un argument classique, me direz-vous, mais qui console peu ceux qui perdent leur autobus.

Sur le terrain : des pertes concrètes et douloureuses

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Quand on quitte les bureaux des ministères pour aller sur le terrain, en région, les conséquences de ces décisions deviennent tout de suite très concrètes. Ce n’est pas de la théorie. Les nouvelles règles du programme créent des manques à gagner qui font mal. Prenons l’exemple de la Gaspésie. La Régie intermunicipale de transport Gaspésie–Îles‐de‐la‐Madeleine (RÉGÎM) s’attend à perdre 300 000 $ par année. Et tenez-vous bien : cette perte est rétroactive pour l’année 2025.

Daniel Côté, le maire de Gaspé, n’a pas mâché ses mots pour illustrer la gravité de la situation. Pour eux, une coupe de 300 000 $, c’est l’équivalent de la totalité des revenus de la billetterie annuelle ! C’est énorme. Comme il le dit si bien : « Ça fait très mal ! ». Le problème, c’est que la population, elle, demande plus de services, pas moins. On se retrouve donc dans une situation absurde où les maires doivent couper alors que les besoins augmentent.

Et la Gaspésie n’est pas la seule à écopper, loin de là. C’est un peu partout pareil. Regardez du côté de la MRC de Pierre-de-Sorel : ils estiment leur perte à 402 000 $ pour 2025. La MRC de Montmagny, elle, évalue le trou dans son budget à 120 000 $. Dans le Bas-Saint-Laurent, c’est encore plus dramatique pour certaines MRC qui pensent voir disparaître jusqu’à 21 % de l’aide qu’elles avaient reçue en 2024. C’est tout un casse-tête pour maintenir les autobus sur la route avec des amputations pareilles.

Retards, inflation et dialogue de sourds

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Ce qui ajoute l’insulte à l’injure, c’est la manière dont tout cela a été géré. Le gouvernement a tout de même retardé le renouvellement du programme d’une année entière. Pendant ce temps-là, les municipalités naviguaient à vue, obligées d’engager des dépenses sans savoir combien d’aide elles allaient recevoir. Plusieurs MRC ont dû piger dans leurs poches pour maintenir les services en attendant, palliant l’absence de financement provincial. C’est un peu comme faire l’épicerie sans savoir combien d’argent on a sur sa carte bancaire, c’est risqué.

L’autre point soulevé par l’UMQ, et c’est un point crucial qu’on oublie souvent, c’est l’inflation. Les montants d’aide n’ont pas été indexés depuis 2019. On sait tous que le coût de la vie a explosé depuis. L’UMQ a fait le calcul : une aide de 100 000 $ reçue en 2019 ne vaut plus que 70 000 $ en 2025 en pouvoir d’achat réel. C’est mathématique. Avec des sommes qui fondent comme neige au soleil, comment voulez-vous développer le transport collectif ?

Face à ces critiques, le ministère des Transports explique que le budget 2022-2025 avait été planifié pour la relance post-pandémie, à une époque où il y avait moins de monde dans les transports. Ils disent que la situation a évolué et que l’enveloppe 2025-2029 permettra quand même de verser des aides à tout le monde… selon les nouvelles modalités. Mais pour Guillaume Tremblay et les municipalités, le compte n’y est pas. Ils demandent au gouvernement de corriger le tir, de remettre l’argent qui a été enlevé et d’annuler ces nouvelles contraintes qui freinent le développement. Reste à voir s’ils seront entendus.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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