Ryan Wedding : De la planche à neige au banc des accusés, l’ex-olympien plaide non coupable

Ryan Wedding : De la planche à neige au banc des accusés, l’ex-olympien plaide non coupable credit : lemorning.ca (image IA)

Une comparution sous haute tension

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C’est une image qui contraste violemment avec les souvenirs que nous avions peut-être de lui sur les pistes de surf des neiges. Ryan Wedding, cet ancien athlète olympique canadien que certains ont vu dévaler les pentes, s’est présenté ce lundi devant le tribunal fédéral de Santa Ana, juste au sud de Los Angeles. Et croyez-moi, l’ambiance n’avait rien de sportif.

Sur les croquis d’audience — vous savez, ces dessins un peu froids qu’on voit souvent dans les affaires américaines —, on aperçoit Wedding vêtu de cette fameuse tenue orange, typique des prisonniers aux États-Unis. Il se tenait là, à gauche, flanqué de son avocat, Anthony Colombo, qui lui, portait un complet impeccable, le tout sous le regard du juge fédéral John D. Early, assis derrière son bureau.

La nouvelle est tombée comme un couperet : Wedding a plaidé non coupable. Il fait face à une montagne d’accusations, allant du meurtre au trafic de drogues. On essaie encore de digérer comment un garçon de chez nous a pu en arriver là.

Une cavale internationale et des millions sur la table

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Il faut dire que l’homme de 44 ans, né à Thunder Bay en Ontario, ne s’est pas laissé attraper facilement. Cela fait près de 10 ans qu’il jouait au chat et à la souris avec les autorités. Et pas n’importe lesquelles! Il a réussi à échapper aux polices américaine, canadienne, mexicaine, colombienne et même dominicaine. C’est finalement au Mexique, la semaine dernière, que sa course s’est arrêtée.

Pour vous donner une idée de l’ampleur de l’affaire, il figurait sur la fameuse liste des 10 personnes les plus recherchées par le FBI. Le gouvernement américain ne lésinait pas sur les moyens : ils offraient une récompense faramineuse de 15 millions de dollars américains — ça fait environ 20,4 millions de nos dollars canadiens — pour toute info menant à son arrestation.

La liste des charges contre lui est… comment dire… étourdissante. Il fait face à pas moins de 17 chefs d’accusation aux États-Unis. On parle ici de complot pour exporter de la cocaïne, d’entreprise criminelle continue, mais aussi de choses beaucoup plus sombres comme des meurtres liés à ces activités et des représailles sanglantes contre des témoins ou des informateurs. Comme les crimes auraient été commis dans plusieurs pays, cela a forcé toutes ces polices internationales à collaborer, ce qui, vous l’imaginez, a posé pas mal de questions sur « qui » avait le droit de le juger.

Le casse-tête juridique : Peine de mort et implication canadienne

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C’est ici que les choses se compliquent sérieusement pour Wedding, mais aussi pour la diplomatie. S’il est reconnu coupable des accusations de meurtre et de trafic, il risque la prison à perpétuité, et c’est automatique. Son avocat, Me Colombo, a même évoqué la possibilité de la peine de mort, bien qu’il ne pense pas que les procureurs iront jusque-là. Une peine de vie sans libération conditionnelle reste toutefois une option très probable.

Et c’est là que le bât blesse pour la coopération avec le Canada. J’ai lu l’analyse de Robert Currie, un professeur de droit à l’Université Dalhousie en Nouvelle-Écosse, et il explique très bien le dilemme. Si la peine de mort est sur la table, la police canadienne doit arrêter de collaborer. C’est simple : nous n’appliquons pas la peine capitale, donc notre loi nous empêche d’aider à envoyer quelqu’un à la mort, que ce soit par l’envoi de preuves ou d’agents.

M. Currie précise même que si les Américains demandent la prison à vie sans possibilité de libération, la police canadienne pourrait aussi devoir faire marche arrière, car cela a été jugé inconstitutionnel chez nous. Il y a des rumeurs, des bruits de couloir, disant que Wedding pourrait essayer de passer un accord, peut-être en dénonçant des complices pour avoir une peine moins lourde. Selon le professeur Currie, c’est un scénario plausible : « Ça laisserait la place pour une négociation de plaidoyer », dit-il. Reste à voir si c’est la voie que Wedding choisira.

Calendrier judiciaire et refus de libération

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Alors, quelle est la suite? Ryan Wedding doit revenir au tribunal le 11 février pour une audience préliminaire. La date du procès a été provisoirement fixée au 24 mars, mais honnêtement, personne n’y croit vraiment. Son avocat a été assez clair avec CBC News : le mois de mars, c’est beaucoup trop tôt. Il parle de repousser tout ça d’au moins six mois.

Il faut comprendre la complexité du dossier : le volume de preuves à examiner est gigantesque et il y a beaucoup de personnes inculpées. Pour l’instant, Wedding reste derrière les barreaux en Californie. Le juge a catégoriquement refusé sa libération sous caution lundi. Il a estimé qu’aucune condition ne pouvait garantir la sécurité du public ou assurer qu’il ne prendrait pas la poudre d’escampette à nouveau. C’était prévisible.

Et le Canada dans tout ça? N’oublions pas que Wedding est toujours poursuivi ici pour un complot d’importation de cocaïne découvert par la GRC en 2015, à l’époque où il vivait à Montréal. Selon un acte d’accusation de 2024, son groupe était carrément le plus gros fournisseur de cocaïne au pays. Mais selon le professeur Currie, ne vous attendez pas à le revoir ici de sitôt. Le Canada pourrait demander son extradition, c’est légal, mais c’est très improbable vu que la priorité semble avoir été donnée aux Américains. « Il me semble que la décision a été prise », conclut M. Currie.

Conclusion

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C’est une chute vertigineuse pour celui qui a porté les couleurs du Canada. De l’élite sportive mondiale aux geôles californiennes, le parcours de Ryan Wedding laisse un goût amer. Il faudra suivre les audiences de février pour voir si cette stratégie de défense tient la route, ou si l’ancien planchiste a fait sa dernière descente.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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