L’espoir au bout de la route : quand Uashat trouve refuge à Montréal pour guérir

L’espoir au bout de la route : quand Uashat trouve refuge à Montréal pour guérir credit : lemorning.ca (image IA)

Une main tendue à 1000 kilomètres de distance

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C’est une histoire de distance, mais surtout de rapprochement. Imaginez devoir parcourir près de 1000 kilomètres pour tenter de sauver sa peau, pour essayer de se sortir de l’enfer de la dépendance. C’est le trajet que font désormais de plus en plus de résidents de la communauté innue de Uashat mak Mani-utenam pour rejoindre Montréal. Loin du tumulte et des crises qui secouent parfois la Côte-Nord, c’est à la Maison Jean Lapointe que ces victimes cherchent un peu de paix. Tout ça s’est fait assez discrètement, sans tambours ni trompettes.

Au départ, c’était presque un hasard, une rencontre banale, comme le raconte Anne-Élizabeth Lapointe, la directrice générale. Un lien s’est simplement créé entre leur agent de liaison et un Innu de là-bas. Et cet agent, c’est Patrick Allaire. Un homme qui a pourtant des décennies de métier dans la lutte aux dépendances, mais pour qui cette connexion a eu l’effet d’une révélation, ou d’une épiphanie, si on veut utiliser les grands mots. Il s’est retrouvé face à la réalité des traumatismes intergénérationnels et des pensionnats. Il s’est même demandé, avec une franchise désarmante : « Je vis au Québec depuis 52 ans. Comment ça se fait que je ne sois pas au courant de tout ça? ». C’est fou quand on y pense, non? Qu’on puisse vivre côte à côte sans vraiment connaître la douleur de l’autre.

Un pont culturel et une adaptation nécessaire face à la demande

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Les choses ont rapidement évolué. On est passé d’une poignée de résidents à un chiffre impressionnant : 175 personnes en 2025. Et selon Patrick Allaire, qui a désormais un poste créé sur mesure pour faire le pont avec les communautés innues, on s’attend à un achalandage pas mal équivalent pour cette année. Face à cette vague, la Maison Jean Lapointe n’a pas eu le choix de s’adapter, de voyager et de se remettre en question. Anne-Élizabeth Lapointe l’avoue sans détour, au début, les intervenants étaient un peu « frileux ». C’est humain, je suppose, d’avoir peur de ce qu’on ne connaît pas bien.

Mais ils ne sont pas restés les bras croisés. Des aînés sont venus leur rendre visite, des formations ont été organisées, et petit à petit, les murs de l’institution montréalaise ont changé. Il y a maintenant une salle réservée aux membres de la communauté, on y trouve des éléments culturels et même des rituels qui ont pris leur place au quotidien. Le plus beau là-dedans, c’est que même les Allochtones finissent par y participer. La directrice générale estime que ça a un impact « excessivement positif ». C’est une belle preuve d’ouverture, vous ne trouvez pas?

Malheureusement, si la demande est si forte, c’est aussi parce que la situation sur le terrain s’est dégradée avec l’arrivée d’un fléau bien précis : le crack. Patrick Allaire a vu le vent tourner quand les premiers consommateurs de cette drogue sont arrivés au centre. Il s’est dit : « Oh là là, c’est pas vrai ». Ce n’est pas juste une question de consommation; depuis deux ou trois ans, l’usage du crack a gagné du terrain et entraîne avec lui son lot de misère : problèmes de santé mentale, prostitution, criminalité… L’agent de liaison est catégorique, on ne peut pas toucher à ça sans que les conséquences ne se répercutent partout dans la communauté.

La violence des gangs et la réponse locale

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Les conséquences, parlons-en, car elles sont bien réelles et font parfois froid dans le dos. L’infiltration des gangs de rue sur la Côte-Nord ne s’est pas faite en douceur. La région a subi des incendies criminels à répétition, des coups de feu ont retenti dans des quartiers résidentiels tranquilles, et les policiers ont dû multiplier les perquisitions et les arrestations. C’est dans ce climat de tension que le conseil de bande de Uashat mak Mani-utenam tente de tenir le fort, luttant sur deux fronts : la force pour contrer le crime, et la guérison pour aider les victimes.

Cependant, il faut comprendre que la Maison Jean-Lapointe reste un centre de thérapie privé, même si c’est un OBNL. Joséphine Pinette, la conseillère responsable des services communautaires là-bas, tient à faire la distinction. Pour elle, et c’est bien normal, la priorité du gouvernement innu reste de mettre de l’avant ses propres ressources. Il y a une question de coûts qui entre en ligne de compte, et ce n’est pas anodin. Une thérapie de 21 jours à la Maison Jean Lapointe coûte la coquette somme de 5700 $.

Conclusion : Entre coûts et guérison durable

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Pour régler cette facture de 5700 $, Santé Canada en couvre la moitié. Le reste? C’est généralement la Fondation Jean Lapointe et le conseil de bande qui épongent l’addition. Même si le patient autochtone ne débourse rien de sa poche, ça représente des charges importantes pour le conseil, surtout si on ajoute le transport et l’hébergement avant et après le séjour. C’est là toute la différence avec les traitements offerts directement par la communauté, qui eux, sont entièrement couverts par Santé Canada.

Mme Pinette souligne d’ailleurs que leurs services communautaires ont plusieurs offres : thérapies, ressourcement, retraites spirituelles… Cette diversité permet de mieux orienter les gens. Mais bon, malgré tout, le conseil de bande reste ouvert à l’aide extérieure comme celle de la Maison Jean Lapointe. Et du côté de Montréal, on ne compte pas lâcher l’affaire. Anne-Élizabeth Lapointe l’affirme, ils veulent s’engager à long terme pour avoir un impact durable. Comme elle le dit si bien : « Le travail commence vraiment quand on revient dans la communauté ».

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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