L’appétit insatiable de Donald Trump pour les golfs publics de Washington
Mathieu Gagnon - 2026-01-24 11:20
credit : lemorning.ca (image IA)
Quand la politique devient une affaire immobilière

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On se souvient tous de cette histoire un peu folle, n’est-ce pas ? Cette fois où Donald Trump, sans rire, avait tenté d’acheter le Groenland. Évidemment, ça ne lui avait pas valu que des amis sur la scène internationale. Eh bien, il semblerait que le président américain ait décidé de récidiver, mais à une échelle un peu plus locale cette fois. Sa nouvelle cible ? La communauté sportive de Washington D.C. Il a tout simplement fait main basse sur trois terrains de golf publics, pourtant situés sur des terres fédérales.
Ce n’est pas vraiment une surprise quand on regarde les chiffres. Le bureau éditorial du New York Times a sorti ses calculatrices récemment, et le constat donne le vertige : on estime à plus de 1,4 milliard de dollars les profits que Trump et sa famille ont réussi à amasser en monétisant littéralement la présidence. Et tenez-vous bien, cette somme colossale — que le journal qualifie d’ailleurs d’estimation « prudente » — aurait été accumulée en une seule année, soit depuis sa réélection en janvier 2025. C’est rapide, très rapide.
À ce trésor de guerre, il faut maintenant ajouter trois joyaux du patrimoine public : les golfs de Langston, East Potomac Golf Links et Rock Creek Park. Trump a visiblement l’ambition de les glisser dans son portefeuille, venant grossir les rangs des 16 autres parcours que ses entreprises possèdent ou gèrent déjà aux quatre coins du globe.
Un prétexte discutable pour évincer un organisme à but non lucratif

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Pour comprendre l’injustice ressentie par les locaux, il faut regarder qui s’occupait de ces terrains. Ces trois parcours étaient gérés par des gens passionnés, un organisme à but non lucratif (OBNL) nommé National Links Trust. Il y a cinq ans, juste à la fin du premier mandat de Trump, ils avaient signé un bail solide de 50 ans avec le département de l’Intérieur. C’est ce ministère qui a l’œil sur les terres fédérales.
Mais voilà, le vent a tourné. Au début de l’année 2026, coup de théâtre : le National Links Trust reçoit un avis brutal. Le gouvernement américain annule le bail. La raison invoquée ? Soi-disant que les investissements promis pour retaper les lieux n’avaient pas été faits. Une affirmation qui a fait bondir les dirigeants de l’OBNL.
Ils n’ont pas tardé à répliquer, chiffres à l’appui. Ils affirment avoir déjà injecté 8,5 millions de dollars dans diverses rénovations. Et les golfeurs du coin, eux, ont bien vu la différence. La preuve ? La fréquentation a explosé. On est passé de 83 000 rondes jouées par an à plus de 174 000 depuis qu’ils ont repris les rênes. Ce n’est pas rien.
Il ne faut pas oublier de quoi on parle ici. Ce sont des terrains centenaires, véritables poumons sportifs de la capitale. Ils permettent à Monsieur et Madame Tout-le-Monde de jouer une ronde de 18 trous pour des sommes modiques, variant entre 21 $ et 48 $. C’est accessible, c’est populaire.
Le projet avait même une aura internationale. Trois architectes de renom, Gil Hanse, Tom Doak et Beau Welling, offraient leur expertise bénévolement — oui, gratuitement — pour planifier la modernisation. Le Washington Post rappelait d’ailleurs la semaine dernière l’importance historique du parcours Langston. Ouvert en 1939 dans le nord-est de la ville, c’était l’un des rares refuges où les Afro-Américains pouvaient golfer à l’époque de la ségrégation. C’est ce patrimoine-là qui est en jeu.
Camions, débris et changement de cap radical

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Les choses ont commencé à sentir le roussi en septembre dernier. Donald Trump a soudainement manifesté son intérêt pour rénover — et rebaptiser, bien sûr — le magnifique parcours de 18 trous du East Potomac Golf Links. C’est un bijou dessiné dans les années 1920 par Walter Travis, où l’on peut admirer les monuments de Washington depuis les allées.
Puis, en octobre, sans prévenir, le balai des camions a commencé. Une noria de poids lourds a déversé des tonnes de terre aux abords d’un des parcours. Des bulldozers se sont mis à remodeler le paysage. Le hic ? L’OBNL n’avait jamais commandé ces travaux. C’était la stupeur totale.
Les journalistes de Washington, curieux, ont vite découvert le pot aux roses. Cette terre, ces débris… ils venaient tout droit du site de démolition de l’aile est de la Maison-Blanche ! Une démolition orchestrée par Trump lui-même pour y construire… une salle de bal. La légalité de cette destruction sans l’accord du Congrès se discute encore devant les tribunaux, mais les gravats, eux, sont bien là, sur le golf.
Le secret a fini par être éventé. Selon Golf Digest, des sources gouvernementales confirment que le président veut transformer East Potomac en un parcours de championnat, capable d’accueillir la Coupe Ryder. Adieu les architectes bénévoles ; Trump compte les virer pour confier le bébé à Tom Fazio, l’homme qui a redessiné plusieurs golfs de l’empire Trump.
Pour l’instant, le sort des deux autres terrains reste flou, mais Trump en a pris le contrôle, c’est certain. En attendant, les dirigeants du National Links Trust, courageux, continuent de gérer les lieux pour ne pas priver la population de son golf quotidien.
Conclusion : La facture risque d’être salée pour le public

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En décembre, Donald Trump a tenté de rassurer tout le monde. Il a promis que les résidents de Washington D.C. auraient droit à un « rabais » pour jouer sur le futur East Potomac, une fois qu’il l’aura refait à son goût et, sans doute, renommé à sa gloire. Mais, entre nous, peut-on vraiment y croire ?
Si l’on regarde les tarifs pratiqués dans ses autres établissements, le citoyen ordinaire n’a aucune chance. Tenez, si vous voulez taper la balle au Trump National Los Angeles ce samedi, préparez votre carte de crédit : c’est 750 $ par personne le matin, 500 $ le midi, et un « petit » 125 $ en après-midi. Vous préférez la Floride ? Au Trump National Doral Club près de Miami, le parcours Red Tiger vous coûtera 235 $ l’après-midi, et le célèbre Blue Monster grimpe à 595 $.
Même avec un rabais, on est loin des 21 dollars actuels. Donald Trump traîne une réputation de tricheur compulsif dans le monde du golf, que ce soit sur sa carte de pointage ou dans sa gestion des affaires. Ce qui arrive aux terrains publics de Washington ressemble tristement à un nouveau chapitre de cette longue histoire.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.