Geneviève Guilbault tire sa révérence : quand la chaleur de la politique devient insupportable

Geneviève Guilbault tire sa révérence : quand la chaleur de la politique devient insupportable credit : lemorning.ca (image IA)

Un départ sous le signe de la famille et des braises encore chaudes

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C’est fini. La ministre Geneviève Guilbault a tranché : elle ne sollicitera pas de nouveau mandat. L’annonce a été faite le 18 janvier 2026, pas n’importe où, mais à Saint-Augustin-de-Desmaures, entourée de ses deux enfants, Christophe et Capucine. Une image forte, c’est sûr.

Mais bon, on ne va pas se mentir, ça sentait le roussi depuis un moment. Comme me le disait une élue caquiste la semaine dernière avec son franc-parler habituel : « Il y a quelques années, elle nous aurait fait une tabarouette de bonne candidate… mais avec SAAQclic, oublie ça! ». Ça a le mérite d’être clair, non? Cette petite phrase résume assez bien l’ambiance au caucus concernant une éventuelle succession à François Legault. C’est dommage, mais c’est ça, la politique.

Il faut avoir les reins solides pour supporter la chaleur de l’arène politique. Et pour avoir eu chaud, Geneviève Guilbault a eu chaud. On se souvient tous de ce moment pénible où le premier ministre l’a envoyée, seule au front, pour annoncer l’abandon du troisième lien. Un cadeau empoisonné, si vous voulez mon avis. Et imaginez sa tête quand il a décidé de réanimer le projet plus tard… Elle a dû bouillir intérieurement. Mais au final, c’est le fiasco SAAQclic qui l’a vraiment brûlée, qu’elle soit entièrement responsable ou pas. Elle a eu beau essayer d’éteindre l’incendie, en virant deux PDG ou en brassant le conseil d’administration, le mal était fait.

Complots, fuites et l’ombre de la commission Gallant

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Les braises fument encore, croyez-moi. Et tout indique que la commission Gallant s’apprête à souffler dessus. Ça jase beaucoup dans les corridors : des préavis de mauvaise conduite circuleraient à son cabinet. Le rapport final doit sortir dans un mois et, apparemment, il ne serait pas tendre avec elle. Disons que ça tombait mal pour une course à la chefferie.

D’ailleurs, parlons-en de cette course. Des gens de son entourage sont persuadés — et je pèse mes mots — que l’information a été coulée volontairement. Le but? Décourager sa candidature, tout simplement. C’est assez brutal. On peut se demander si la « grande famille caquiste » est aussi unie que François Legault aime le prétendre. C’est un panier de crabes, parfois.

Dans ce contexte un peu toxique, l’argument familial devient sa meilleure porte de sortie. Ses enfants, âgés de six et huit ans, n’ont connu que ça, la politique. Rappelez-vous, en 2017, elle faisait campagne enceinte de son aînée. Ça avait marqué les esprits. Elle a su toucher le cœur de bien des femmes, surtout quand elle a parlé de sa séparation. Être mère monoparentale en politique, c’est du sport extrême. Sa mère l’aidait, mais quand même… gérer une crise nationale tout en lançant une brassée de lavage à 21 h, combien de Québécoises s’y reconnaissent? C’est du gros travail, une conciliation travail-famille qui donne le vertige.

Sans cette histoire de SAAQclic, elle aurait eu un appui féminin massif, c’est certain. C’est une communicatrice hors pair, capable de vulgariser n’importe quoi en deux secondes. Mais voilà, ses qualités sont devenues ses défauts à la longue.

Une carapace d’acier et des frictions mémorables

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Être une femme en politique, c’est souvent avoir l’impression de devoir en faire deux fois plus pour être prise au sérieux. Geneviève Guilbault n’y a pas échappé. On scrute, on critique… Alors, elle s’est forgé une carapace. Solide. Peut-être trop? Elle était souvent sur la défensive.

À l’Assemblée nationale, il ne fallait pas l’attaquer. Elle répliquait avec des claques verbales assez spectaculaires. Même quand elle avait tort, elle réussissait à vous faire paraître mal. Une vraie guerrière, mais ça ne plaît pas à tout le monde. Prenez Régis Labeaume, l’ancien maire de Québec. Lui aussi avait du caractère, remarquez. Entre ces deux-là, c’était électrique, ça s’entrechoquait tout le temps. Ils se sont braqués dès le début.

Et ça n’a pas été mieux avec Bruno Marchand quand il a pris la relève à la Ville. La ministre ne voulait personne dans ses jambes, surtout pas pour le dossier du troisième lien. C’est drôle, par contre, elle s’entendait super bien avec Valérie Plante, la mairesse de Montréal. Une sorte de solidarité féminine, je suppose? Allez savoir.

Autour d’elle, ça bougeait beaucoup. Trop, peut-être. Le roulement de personnel à son cabinet a fini par attirer l’attention. Des gens partaient, usés, ou se faisaient remercier parce que ça ne « cliquait » pas. Il faut dire que ses ministères — Sécurité publique, Transports — c’est l’enfer à gérer. Crise par-dessus crise. Son bilan est lourd :

  • Contrôle des armes à feu.
  • Introduction des bracelets antirapprochement (un gros dossier, ça).
  • Création de l’Agence des Transports.
  • Financement du transport en commun.

Chacun de ses dossiers faisait la manchette. Les élus aiment ça, la visibilité, c’est leur carburant. Mais à force d’être sous les projecteurs, on voit aussi les défauts.

La chute d’une étoile et l’héritage incertain de la CAQ

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Avec plus de 56 000 abonnés sur Instagram, elle dominait ses collègues sur les réseaux sociaux. Elle a soigneusement cultivé cette image de femme forte. Mais la popularité, c’est un couteau à double tranchant. Plus on vous regarde, plus on voit les craques. Ses bons coups, ses erreurs, ses frictions, les rumeurs sur sa vie privée… tout sortait.

Elle a aidé la CAQ à monter, c’est indéniable. Mais certains disent qu’elle a aussi contribué à sa chute dans les sondages récemment. Quand la joueuse étoile brille moins, toute l’équipe écope. Est-ce la faute des décisions de François Legault? Probablement un peu. Est-elle responsable aussi? Sûrement. On ne peut pas tout mettre sur le dos du patron.

Ce départ change tout pour la suite. Elle et Simon Jolin-Barrette étaient les dauphins naturels, la première génération de jeunes loups de la CAQ. En quittant le navire, elle laisse le champ libre à Jolin-Barrette. Il risque de récupérer les militants qui cherchaient une continuité de l’ère Legault.

Mais au fond, est-ce que les caquistes voudront vraiment de cet héritage? Ou est-ce qu’ils vont chercher quelque chose de complètement neuf pour raviver la flamme? Geneviève Guilbault, elle, regardera tout ça de loin, bien à l’abri, sans risquer de se brûler une autre fois. Et franchement, on ne peut pas lui en vouloir.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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