Plus d’argent, même bilan : le casse-tête éducatif de la CAQ
Simon Kabbaj - 2026-01-15 11:14
credit : lemorning.ca (image IA)
Une avalanche de milliards pour quel résultat ?

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C’est un peu le constat qui fait mal au café ce matin. On apprend, via un rapport assez costaud de l’Institut du Québec, que le gouvernement caquiste a littéralement ouvert les vannes financières pour l’éducation. On parle d’investissements massifs, c’est indéniable. Depuis leur arrivée, les dépenses en éducation ont bondi de 57 %. C’est énorme. Aujourd’hui, l’État québécois met d’ailleurs plus d’argent sur la table par élève que la moyenne canadienne. On pourrait se dire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, non ?
Eh bien, pas tout à fait. L’étude, qui porte le titre évocateur « Dépenses en éducation, le gouvernement a-t-il réussi son pari? », lance un avertissement assez clair. Alors que le plan de retour à l’équilibre budgétaire pointe le bout de son nez avec un gel des dépenses prévu, ça risque de coincer. Emna Braham, la PDG de l’Institut, l’explique franchement en entrevue avec Radio-Canada : « Ça semble difficile de réussir à faire ces compressions budgétaires là sans toucher aux services aux élèves ». Selon elle, il y a « peu de gras administratif à couper ». C’est inquiétant quand on y pense.
Il faut se rappeler qu’en 2018, la CAQ avait fait de l’éducation sa priorité absolue, promettant de renflouer un réseau qu’on disait en sous-investissement chronique. Huit ans plus tard, le constat est paradoxal : ils ont dépensé sans compter, oui, mais la fin de ce deuxième mandat rime désormais avec compressions. Et le pire, c’est que les contrecoups de ces futures coupes ne se font même pas encore sentir.
Diplomation : Une stagnation déconcertante

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C’est là que le bât blesse, je trouve. Malgré cette injection massive de fonds et un niveau de dépenses par élève qui ferait rougir d’autres provinces, on cherche encore les résultats concrets sur le bulletin. Le rapport est assez dur là-dessus : il est difficile d’établir une corrélation claire entre l’argent versé et une amélioration mesurable. On dirait que l’aiguille refuse de bouger significativement.
Regardons les chiffres, parce qu’ils parlent d’eux-mêmes. Le taux de diplomation des garçons au secondaire public ? Il a progressé, certes, passant de 56 % à 59 %. C’est mieux que rien, je suppose, mais ça reste bien maigre. Surtout quand on compare avec les filles, dont le taux est resté parfaitement stable à 72 %. L’écart est encore immense.
Si on regarde la situation globale en 2024, c’est à peine croyable : 65 % des élèves du secteur public ont obtenu leur diplôme d’études secondaires en cinq ans. Vous savez quelle est la progression par rapport à 2018 ? Une modeste hausse de 1 %. Un seul petit pourcent. Comme le conclut Emna Braham avec un certain réalisme : « Même si on a dépensé de manière importante en éducation, les résultats, le succès scolaire de nos élèves, eh bien, ils tardent à se faire sentir ».
Enseignants : Plus nombreux, mais à quel prix ?

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Il y a aussi toute cette question des profs qui est assez complexe. Sur le papier, le gouvernement a embauché à tour de bras. Entre 2018 et 2024, ce sont 27 000 enseignants qui se sont ajoutés au réseau. Dit comme ça, c’est impressionnant. Mais le rapport met un bémol important : cette augmentation s’est faite au prix de compromis sur la qualification. En gros, on a plus de monde, mais beaucoup de profs non qualifiés.
Et puis, il y a la rétention. C’est bien beau d’embaucher, encore faut-il les garder. Le roulement de personnel s’est accéléré de façon inquiétante. Tenez-vous bien : le nombre d’employés ayant démissionné d’un centre de services scolaire a bondi de 67 % entre 2019 et 2024. Il s’agit d’enseignants qui quittent le réseau ou qui changent de centre, mais ça montre une instabilité chronique. D’ailleurs, près de la moitié des enseignants québécois occupent un emploi précaire — suppléants, temps partiel, contrats courts. Difficile de bâtir une équipe solide dans ces conditions.
Conclusion : Le paradoxe de l’excellence

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Pour finir sur une note un peu plus surprenante — et c’est là toute l’ironie de la chose — le Québec performe étonnamment bien à l’international. Malgré la perception souvent négative qu’on a de notre propre réseau (et les problèmes qu’on vient de citer), les élèves sont loin d’être des cancres.
Les auteurs du rapport soulignent nos bonnes performances au programme PISA (le Programme international pour le suivi des acquis des élèves). En 2022, pour les élèves de troisième secondaire, le Québec se classe tout de même au cinquième rang mondial en littératie et en mathématiques. On est juste derrière des géants comme Singapour, le Japon, Taïwan et l’Estonie. C’est quand même pas rien, non ? C’est un drôle de contraste : un système qui craque de partout, des diplômes qui stagnent, mais une élite scolaire qui tient la route au niveau mondial.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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