Sabotage sur la glace ? Le scandale qui secoue l’équipe canadienne de skeleton avant Milan-Cortina

Sabotage sur la glace ? Le scandale qui secoue l’équipe canadienne de skeleton avant Milan-Cortina credit : lemorning.ca (image IA)

Une accusation qui jette un froid

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C’est le genre d’histoire qui laisse un goût amer, vous ne trouvez pas ? L’équipe canadienne de skeleton se retrouve en pleine tourmente, obligée de nier en bloc des accusations assez lourdes de « sabotage ». Tout ça se passe juste avant les Jeux olympiques de Milan-Cortina, prévus du 12 au 15 février prochain. C’est la double championne du monde américaine, Katie Uhlaender, qui a lancé le pavé dans la mare après une course à Lake Placid, ce dimanche.

L’enjeu ? Une qualification olympique, rien que ça. La compétition en question faisait partie de la North American Cup — un échelon en dessous de la Coupe du monde, certes, mais crucial pour grappiller des points. L’accusation est précise : le Canada aurait volontairement retiré ses athlètes pour manipuler le système de points. Une manœuvre qui, si elle est avérée, serait franchement moche pour l’esprit sportif.

La mécanique des points : Calculs, stratégies et note interne

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Bon, accrochez-vous, parce qu’il faut plonger dans les maths pour comprendre la colère d’Uhlaender. Le système est fait de telle sorte que les points distribués dépendent du nombre de participants. Plus il y a de monde, plus il y a de points à gagner. Le 7 janvier dernier, lors d’une victoire d’Uhlaender, il y avait 22 athlètes, dont six Canadiennes. Résultat ? Elle a empoché 120 points. Jusque-là, tout va bien.

Mais voilà que quatre jours plus tard, dimanche donc, le scénario change radicalement. Quatre Canadiennes manquent à l’appel. Le peloton tombe à 19 participantes. La conséquence est immédiate et mathématique : le maximum de points possible chute à 90. C’est là que le bât blesse. Pour Uhlaender, c’était sa dernière chance de valider son ticket pour les Jeux. Elle pointe directement du doigt l’entraîneur canadien, Joe Cecchini, l’accusant d’avoir protégé la qualification de sa compatriote Jane Channell.

C’est un peu… gros, non ? Pourtant, CNN a rapporté mardi avoir vu une note interne indiquant que les athlètes canadiens avaient été informés qu’un « calcul mathématique » motivait ce retrait. Actuellement, Channell est 25e mondiale (2e Canadienne), tandis qu’Uhlaender est 20e, mais 3e Américaine. Or, les quotas par nation (1 à 3 athlètes) dépendent de ce classement final.

Dominick Gauthier, ancien skieur et analyste, apporte un éclairage intéressant, un peu plus cynique peut-être, mais réaliste. Il rappelle que l’argent est le nerf de la guerre. Avec le programme We Own The Podium (À nous le podium), une place dans le top 8 aux JO garantit plus de financement. « Tu doubles tes chances » en envoyant deux athlètes, dit-il, notant que Channell peut viser ce top 8. Même s’il doute d’un acte malveillant prémédité — il parle plutôt d’une « tempête parfaite » et comprend la frustration d’Uhlaender privée de ses 6es Jeux — il admet que les zones grises et les « jeux de bluff » sont monnaie courante dans le sport de haut niveau. Il cite même un exemple en vélo de montagne où un Français blessé avait fait semblant de prendre le départ juste pour gêner un rival.

Une « manipulation déguisée » : La communauté internationale s’insurge

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La réaction ne s’est pas fait attendre et elle est violente. L’association Global Athlete est montée au créneau. Son directeur général, Rob Koehler, n’y va pas avec le dos de la cuillère : il parle de « manipulation sportive déguisée » et d’une « violation totale de l’esprit sportif ». Il ose même le parallèle avec le scandale des drones qui avait éclaboussé le soccer canadien. Selon lui, cette décision place la victoire au-dessus de la santé et prive potentiellement trois à cinq athlètes internationaux de leur rêve olympique.

Et ce n’est pas juste l’avis d’une personne. C’est une levée de boucliers internationale : les États-Unis, le Danemark, Israël et même Malte ont porté plainte auprès de la Commission des athlètes du CIO. Koehler fustige l’inaction de la Fédération internationale et estime que Bobsleigh Canada a « perdu le sens de la réalité ».

Du côté de Bobsleigh Canada Skeleton (BCS), la défense semble… comment dire… un peu scolaire ? Ils invoquent la santé et le développement. L’argumentaire repose sur le fait qu’il y avait trois courses cette semaine-là (plus que d’habitude) et que les jeunes Canadiennes retirées avaient eu des descentes difficiles. Ils insistent sur le fait que le circuit de développement n’est pas la voie royale pour les JO, contrairement à la Coupe du monde.

Conclusion : Excuses bidons ou faille systémique ?

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Mais cet argumentaire peine à convaincre les anciens du circuit. Jean Riendeau, olympien de 1992, balaie l’excuse des mauvaises descentes d’un revers de main. Pour lui, quand on rate une descente, on veut y retourner pour corriger le tir, surtout une année olympique ! Il juge la manœuvre « complètement antisportive » si elle est avérée. Il a vu des choses similaires à son époque, notamment quand il entraînait les juniors français en 2002, rappelant qu’aucun système de points n’est parfait.

Au final, c’est tout le système qui est remis en question. Dominick Gauthier espère des changements, tout en rappelant qu’on ne peut pas forcer quelqu’un à se jeter dans une piste de bobsleigh s’il ne le sent pas. L’unité d’intégrité de la Fédération internationale (IBSF) a ouvert une enquête pour déterminer s’il y a eu violation des règles. En attendant, Rob Koehler demande une réparation simple : réinstaurer les 120 points initiaux pour la course de dimanche. Une solution qui semblerait juste, non ?

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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