Guerre de territoires sur la Côte-Nord : quand la North Savage Gang supplante la BFM

Guerre de territoires sur la Côte-Nord : quand la North Savage Gang supplante la BFM credit : lemorning.ca (image IA)

Un changement de garde sous haute tension

credit : lemorning.ca (image IA)

On pensait avoir tout vu avec la guerre ouverte contre les Hells Angels, mais voilà que la situation évolue encore, et pas forcément pour le mieux. La fameuse Blood Family Mafia (BFM), qui avait fait couler tant d’encre — et malheureusement pas que de l’encre — semble perdre du terrain. C’est du moins ce qu’on observe sur la Côte-Nord.

Dans cette région, qui a été le théâtre d’actions violentes répétées ces dernières années, un nouveau joueur entre en scène. On l’appelle la North Savage Gang. Un nom qui, disons-le, n’inspire pas exactement la quiétude. Ce groupe est en train de se tailler une place au soleil, si l’on peut dire, en profitant de l’affaiblissement de la BFM.

Ce n’est pas juste une rumeur de rue. C’est une réalité tangible qui inquiète les autorités et change la dynamique criminelle locale. On assiste, en quelque sorte, à une mutation du crime organisé dans le secteur.

Scission interne : de la prison à la rue

credit : lemorning.ca (image IA)

Mais d’où sortent-ils, au juste ? Eh bien, c’est là que ça devient intéressant… ou inquiétant, c’est selon. Selon la criminologue Maria Mourani, cette nouvelle organisation n’est pas née de nulle part. Elle a été créée par des membres dissidents de la Blood Family Mafia elle-même, et tenez-vous bien : tout ça se serait orchestré à l’intérieur d’un centre de détention de Québec. Une sorte de coup d’État interne, si je peux m’exprimer ainsi.

Le ministre de la Sécurité publique, Ian Lafrenière, confirme d’ailleurs cette théorie. Pour lui, tout part d’une scission, une cassure nette au sein du groupe entre deux figures centrales : Dave Pic Turmel et All Boivin. « Ça bouge, c’est vrai, c’est pour ça qu’il faut agir rapidement », a-t-il lancé. On sent l’urgence dans ses propos. D’ailleurs, cette division entre la BFM et la North Savage Gang a déjà fait des étincelles ; il y a eu des altercations entre leurs membres, notamment dans un centre de détention de Québec vers la mi-décembre.

Cependant, du côté de la Sûreté du Québec (SQ), on nuance un peu. Pour eux, l’arrivée de la North Savage Gang sur la Côte-Nord se fait sous le signe de la continuité. Le porte-parole Hugues Beaulieu a été assez clair là-dessus : « C’est la même gang, ce sont les mêmes protagonistes ». En gros, on change l’étiquette sur le bocal, mais la confiture reste la même… enfin, une confiture plutôt amère. M. Beaulieu, fidèle à son habitude, est resté économe de commentaires, précisant avec un certain flegme qu’il n’est pas « leur porte-parole ». Mais il assure que peu importe le nom qu’ils se donnent, ses équipes continuent le combat.

Maria Mourani souligne aussi que la North Savage Gang réunirait des alliés d’All Boivin. Ce n’est pas n’importe qui : c’est le deuxième suspect le plus recherché au Canada pour ses actions présumées au sein de son ancien groupe, la BFM. Quant au chef présumé de la BFM, Dave Turmel, son parcours s’est, disons, compliqué : il a été arrêté en Italie en mars dernier après une cavale d’un an et demi. Une histoire digne d’un film, n’est-ce pas ?

Violence sur le terrain et riposte policière

credit : lemorning.ca (image IA)

Sur le terrain, malheureusement, les conséquences sont bien réelles. Depuis plus d’un an, la Côte-Nord subit des incendies criminels à répétition et des perquisitions majeures. Même les communautés les plus reculées ne sont pas épargnées. La guerre de territoire entre la BFM et les Hells Angels y est pour beaucoup, c’est indéniable. Les communautés innues, en particulier, ont été frappées de plein fouet par cette vague de violence. On se souvient, avec un frisson, de cette nuit incendiaire à Uashat mak Mani-utenam.

Face à cela, ça bouge aussi au niveau politique et policier. Une rencontre importante a eu lieu en novembre dernier entre tous les chefs innus et Ian Lafrenière. Le ministre a pris des engagements, c’est certain. Mais au-delà des mots, il y a des actions concrètes. La création d’une escouade policière mixte à Sept-Îles a changé la donne. Imaginez un peu l’effort conjoint : la SQ, la GRC et la Sécurité publique de Uashat mak Mani-utenam travaillant main dans la main.

Et ça porte fruit ! Cette escouade a mené à plusieurs succès, dont l’arrestation d’un acteur clé : David Bouchard-Michel. Vous le connaissez peut-être sous son nom de rappeur, Mizery. C’est un gros morceau qui tombe. Mais Ian Lafrenière ne compte pas s’arrêter là. Après avoir déposé son projet de loi anti-patch en décembre dernier, il prévoit une nouvelle annonce pour renforcer l’approche coercitive. Sa stratégie ? Il l’explique simplement : « Notre stratégie ne sera pas de frapper un groupe plus qu’un autre […] Ce sera de frapper ceux qui commettent les crimes ».

Conclusion : Vers une « prison gang » ?

credit : lemorning.ca (image IA)

Alors, que nous réserve l’avenir avec cette North Savage Gang ? Si elle réussit à s’implanter durablement, elle pourrait devenir un phénomène inédit au Québec. Selon Maria Mourani, elle pourrait être le premier groupe criminel de la province créé directement à l’intérieur d’un centre de détention. Une première dont on se passerait bien.

Cela dit, la criminologue reste prudente — et nous devrions l’être aussi. Elle précise qu’on ne peut pas encore parler officiellement de « prison gang » avant de savoir si l’organisation a des membres actifs à l’extérieur pendant au moins un an. « Le terrain est très très mouvant », dit-elle. Il faudra donc observer la situation, peut-être jusqu’en 2026, pour voir qui prendra réellement le pouvoir. Ce genre de division est courant quand les groupes s’affaiblissent, que ce soit par des chicanes ou des arrestations.

Finalement, le mot de la fin — et peut-être le plus rassurant — revient à François Doré, policier de la SQ à la retraite. Lui, il ne s’affole pas outre mesure. « J’ai l’impression qu’il n’y aura pas plus de chaos », estime-t-il avec sagesse. Pour lui, le chaos est déjà connu. Il change simplement de tête, mais le travail policier, lui, restera le même. Espérons qu’il ait raison.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.