Une percée majeure à Québec : de l’espoir pour les maladies auto-immunes
Mathieu Gagnon - 2026-01-13 10:06
credit : lemorning.ca (image IA)
Une première mondiale au CHU de Québec

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C’est une nouvelle qui fait du bien, et elle nous vient directement de chez nous. Dans ce qu’on peut qualifier de première mondiale, une équipe de chercheurs du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Québec-Université Laval a mis le doigt sur quelque chose d’assez incroyable : une façon de traiter, et même de prévenir, une maladie auto-immune. Pour l’instant, ça se passe chez les souris, mais les implications sont immenses.
On parle ici spécifiquement de la MOGAD. C’est une maladie découverte chez l’humain il y a tout juste cinq ans environ. Si vous n’en avez jamais entendu parler, c’est normal, c’est assez récent, mais sachez qu’elle ressemble beaucoup à la sclérose en plaques. Elle agit aussi un peu comme le lupus ou le syndrome de la personne raide. Bref, des conditions difficiles.
Le mécanisme est vicieux : les patients développent des anticorps qui se retournent contre eux. Ces anticorps attaquent la gaine protectrice des neurones du système nerveux central. Résultat? Une inflammation, des signaux bloqués ou perturbés, et pour le patient, ce sont des crises et des symptômes sévères, parfois permanents.
La science derrière l’espoir : des « missiles » désarmés

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Alors, qu’ont-ils trouvé exactement? L’équipe, dirigée par Luc Vallières, un spécialiste en neuro-immunologie qui a de la bouteille (ça fait 30 ans qu’il est dans le domaine), a développé un nouveau genre de médicament. C’est du jamais vu. Vallières explique qu’ils ont réussi à insérer une mutation — une mutation d’abord identifiée par la compagnie pharmaceutique Sanofi, il faut le préciser — directement dans les anticorps.
Il utilise une image assez parlante pour expliquer ça : il compare les anticorps à des missiles autodirigés. En gros, les anticorps traités vont agir exactement comme les mauvais anticorps. Ils vont se fixer aux mêmes endroits, sur les protéines de la gaine de myéline. Mais la différence cruciale, c’est qu’ils sont « désarmés ». Ils ne causent pas d’inflammation. Ils prennent la place, bloquent les sites, et empêchent les anticorps dommageables de faire leurs ravages. C’est brillant, non?
Pour arriver à ce résultat, ils n’ont pas lésiné sur les moyens. Luc Vallières a utilisé un microscope d’une valeur de plus de 1,5 million de dollars. Ce n’est pas n’importe quel appareil : il a été développé par un récipiendaire d’un prix Nobel et il est unique au Canada. Françoise Morin, la co-première auteure de l’article de recherche, a d’ailleurs passé du temps à étudier ces anticorps sur des souris atteintes.
Témoignages : Quand la maladie est un coup de dés

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Au-delà des microscopes et des millions, il y a des humains qui souffrent. Prenez Véronique Bérubé. Depuis 2022, elle a subi deux crises de MOGAD. Elle vit avec des séquelles bien réelles : de la raideur dans les jambes, des chevilles et poignets qui manquent de flexibilité, et un bras qui a perdu de sa force. Pour elle, cette découverte est une véritable « lueur d’espoir ». Elle me disait que les médicaments qu’elle prend actuellement n’ont même pas été étudiés spécifiquement pour sa maladie. C’est un peu du tâtonnement.
Véronique décrit sa maladie comme un coup de dés. Elle vit avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête : « Il n’y a rien qui dit que, demain, ou dans six mois ou dans deux ans, je ne vais pas avoir une grosse rechute qui va faire en sorte que je vais me ramasser en chaise roulante », confie-t-elle. Des traitements curatifs? Il n’y en a pas pour l’instant. Alors oui, ce serait génial.
Il y a aussi Isabelle Filteau, une ingénieure de 47 ans. Elle a dû arrêter complètement de travailler. Son diagnostic? Le syndrome de la personne raide, la même maladie que Céline Dion. Elle se déplace avec un déambulateur qu’elle a surnommé affectueusement « Johnny » et doit aller à l’hôpital toutes les deux semaines pour des traitements. Elle a même fondé la Société canadienne des maladies auto-immunes récemment. Ce qu’elle veut, c’est qu’on s’attaque à la source du problème, pas juste aux symptômes.
Conclusion : Et maintenant, on fait quoi?

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C’est bien beau tout ça, mais on n’est pas encore rendu à la pharmacie du coin. La découverte a été publiée dans la prestigieuse revue scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences. C’est une « preuve de concept ». Le traitement fonctionne sur les souris, mais il reste tout le chemin à faire pour le valider chez l’humain.
Luc Vallières est réaliste : les chercheurs n’ont pas le financement pour faire ça tout seuls. Il faut que les compagnies pharmaceutiques « prennent la balle au bond ». Même si la MOGAD est une maladie rare, il est convaincu qu’une entreprise va investir. Pourquoi? Parce que c’est un tremplin. Si ça marche pour la MOGAD, ça pourrait marcher pour l’arthrite et plein d’autres maladies auto-immunes.
Pour Vallières, c’est la percée de sa carrière. Il dit : « Peut-être qu’il ne m’en arrivera jamais d’autres découvertes comme ça. » Espérons que son appel sera entendu, pour Véronique, Isabelle et tant d’autres.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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