Miracle ou gestion serrée? La Côte-Nord affiche un bilan chirurgical surprenant
Adam David - 2026-01-13 10:14
credit : lemorning.ca (image IA)
Une exception provinciale

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On a tellement l’habitude d’entendre parler des urgences qui débordent que ça fait presque bizarre de lire une bonne nouvelle, non? Et pourtant. Si vous cherchez un endroit au Québec où l’attente pour passer sous le bistouris est gérée de main de maître, il faut regarder vers le CISSS de la Côte-Nord. C’est assez frappant : selon les derniers chiffres du ministère de la Santé et des Services sociaux, c’est le seul centre intégré de toute la province à n’avoir aucun patient sur une liste d’attente depuis plus d’un an.
Pour mettre les choses en perspective, la région se classe troisième parmi les meilleurs élèves, juste derrière la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et le Nord-du-Québec. Concrètement, ça donne quoi? Eh bien, on parle de 1120 patients qui attendent leur tour depuis moins de six mois. Il y en a tout de même 72 qui patientent depuis un peu plus de six mois, mais la liste des attentes interminables est vide. C’est le néant. Zéro.
Dans le détail, il faut noter que plus du tiers de ces gens attendent pour une chirurgie en ophtalmologie (les yeux, c’est toujours long…), le reste se divisant entre la chirurgie générale, l’orthopédie et d’autres spécialités diverses.
La recette du succès selon le Dr Mailloux

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Comment ont-ils fait? Ce n’est pas de la magie, c’est de la gestion pure et dure. Olivier Mailloux, qui est le chef du département de chirurgie là-bas, ne cache pas sa fierté. Pour lui, c’est le résultat d’un « amalgame de solutions et d’opportunités » mis en place au cours des cinq dernières années. Il y a eu du recrutement, certes, notamment du personnel pour les blocs opératoires, mais c’est surtout le ménage dans les listes qui a payé.
En gros, ils ont sorti les dossiers des patients qui avaient déjà été opérés ailleurs (ça parait évident, mais faut le faire) et ils ont mis la priorité absolue sur ceux qui attendaient depuis des lustres. Et puis, il y a l’efficacité au quotidien. Le Dr Mailloux décrit une optimisation assez intense du temps opératoire : le personnel essaie de minimiser les arrêts pour le dîner ou les pauses, favorise les remplacements à la volée… bref, tout pour passer le plus de cas possible. L’objectif est clair : garder le cap et avoir le moins de monde possible qui attend plus de six mois.
Un équilibre fragile maintenu à bout de bras

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Cela dit, tout n’est pas rose et il ne faut pas croire que la région nage dans l’abondance de ressources. C’est même un peu paradoxal. Le service est stable, oui, mais il repose sur un système fragile. Saviez-vous que 50 % des postes en chirurgie générale sont vacants sur la Côte-Nord? C’est énorme. Pour combler les trous et offrir une gamme de soins complète, le CISSS doit s’appuyer sur des spécialistes qui viennent de l’extérieur.
Olivier Mailloux explique qu’ils font venir des urologues de Québec et de la Rive-Sud. Même combat pour les plasticiens, dont l’offre de service a été stabilisée et augmentée grâce à ces renforts externes. C’est un ballet logistique constant pour s’assurer que les citoyens aient accès aux soins.
Conclusion : Les défis de demain

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Si la demande actuelle est stable, l’avenir immédiat reste incertain à cause de facteurs de santé publique qu’on ne peut ignorer. Le Dr Mailloux pointe du doigt la chirurgie bariatrique : l’obésité sur la Côte-Nord est très importante, voire supérieure à la moyenne québécoise. Ajoutez à cela le vieillissement de la population nord-côtière qui fait exploser les besoins en oncologie et en orthopédie, et vous avez un cocktail complexe à gérer.
Le chirurgien reste prudemment optimiste : « Dans le prochain mois, si on reste avec le même mode de fonctionnement actuel et qu’on ne perd pas de joueurs, je crois qu’on va être en mesure de maintenir et peut-être même rattraper certains patients ». Mais il conclut avec une note de réalisme qui fait réfléchir : ces petites équipes ne sont jamais à l’abri d’un départ soudain ou d’une rupture de service. Ça tient, mais pour combien de temps?
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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