Le 3e lien face au mur du patrimoine : Québec aura son mot à dire

Le 3e lien face au mur du patrimoine : Québec aura son mot à dire credit : lemorning.ca (image IA)

Un obstacle patrimonial de taille

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On pensait avoir tout entendu sur le troisième lien, mais voilà qu’une nouvelle embûche se dresse sur la route du gouvernement Legault. Ce n’est pas seulement une question d’argent ou de béton, c’est une affaire de patrimoine. Pour faire avancer sa nouvelle mouture du projet, la CAQ devra obligatoirement obtenir l’aval de la Commission d’urbanisme et de conservation de Québec (CUCQ). Pourquoi ? Parce que l’instance a le mandat très précis de protéger le caractère historique du secteur de Sillery, là où le gouvernement espère faire atterrir son pont-tunnel.

C’est une situation qui découle directement de la modification de la Loi sur le patrimoine culturel (LPC). Cette loi permet désormais à la Ville de Québec d’exercer certains pouvoirs, autrefois réservés aux ministres, dans les zones de protection et les sites patrimoniaux classés. Ce n’est pas moi qui le dis, mais bien un document de travail confidentiel du ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD), obtenu par Radio-Canada. Les fonctionnaires sont formels : les demandes d’autorisation devront passer par la CUCQ.

Détails techniques et résistance interne

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Penchons-nous un instant sur ce que contient cette analyse interne, datée de décembre 2024. Les auteurs du rapport soulignent que la version du troisième lien préconisée par la Coalition avenir Québec prévoit la construction d’une entrée de tunnel qui se situerait, tenez-vous bien, à l’intérieur même des limites du Plan particulier d’urbanisme (PPU) du site patrimonial de Sillery. Ce plan avait pourtant été adopté en 2017 pour protéger les lieux. Pour rappel, l’idée du gouvernement est de relier le secteur de Saint-Romuald, sur la Rive-Sud à Lévis, directement à Sillery sur la rive nord. Le plan ? Un pont pour traverser le fleuve, suivi d’un tunnel creusé à même le promontoire du cap Diamant pour aller rejoindre l’autoroute Robert-Bourassa ou le boulevard Pierre-Bertrand.

Mais voilà, le document est assez sévère. Les fonctionnaires du MTMD estiment que le tracé proposé n’est tout simplement pas cohérent avec les objectifs de conservation. Ils parlent d’une « résistance très élevée » du secteur de Sillery à l’insertion d’une telle infrastructure. Ils évoquent des composantes remarquables qu’on ne peut pas ignorer, comme la topographie unique du site et ses qualités visuelles historiques. Bref, ça coince.

Incompatibilité avec la Promenade et colère citoyenne

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Le conflit ne se limite pas à des cartes. Sur le terrain, la proximité de la marina de Sillery pose un sérieux problème de compatibilité avec ce projet autoroutier. Pire encore, les auteurs du rapport notent qu’un nouveau pont devrait enjamber la promenade Samuel-De Champlain. Vous savez, cette promenade qui a été prolongée en 2023 pour y inclure une plage et une piscine, des installations devenues très populaires ? Eh bien, implanter une infrastructure ici compromettrait la préservation du littoral et s’opposerait directement à sa vocation récréative.

Devant ce constat, Jean-Louis Vallée, le président de la Société d’histoire de Sillery, ne décolère pas. Pour lui, c’est incompréhensible. « C’est carrément rire du monde », s’emporte-t-il, qualifiant le projet de ridicule et d’insensé. Il estime que le tracé central est incompatible à 100 % avec le patrimoine et les aménagements récréotouristiques. Il demande donc fermement au maire Marchand et à la CUCQ de faire barrage, prédisant une levée de boucliers importante si le projet persiste : « Ils n’ont pas le choix de refuser le projet ».

Conclusion : Silence radio et attente

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Et du côté politique, qu’est-ce qu’on en dit ? Pas grand-chose, je dois dire. Le cabinet du ministre des Transports, Jonatan Julien, a refusé de commenter ce reportage, se contentant de rappeler qu’une porte-parole a indiqué que les détails seront communiqués cet hiver. On nage un peu dans le flou : impossible de savoir si les avertissements des fonctionnaires, qui datent de plus d’un an, ont réellement influencé les décisions récentes du gouvernement.

Quant au cabinet du maire Marchand, on confirme que le MTMD n’a pas encore interpellé la Commission d’urbanisme. Ils jugent qu’en l’absence d’une proposition détaillée du lien interrives caquiste, il est trop tôt pour présumer du rôle exact de la CUCQ. Le cabinet précise toutefois qu’il leur apparaît « peu probable » que ce soit une simple décision administrative qui détermine, au final, si le projet ira de l’avant ou non. C’est donc une histoire à suivre, avec beaucoup d’incertitudes.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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