Affichage commercial : six mois plus tard, l’OQLF garde ses crocs dans sa poche… pour l’instant

Affichage commercial : six mois plus tard, l’OQLF garde ses crocs dans sa poche… pour l’instant credit : lemorning.ca (image IA)

Un sursis inattendu pour les enseignes anglophones

credit : lemorning.ca (image IA)

Si vous vous baladez dans les zones commerciales ces temps-ci, vous avez peut-être remarqué quelque chose… ou plutôt, l’absence de changement drastique. Six mois, c’est le temps qui s’est écoulé depuis l’entrée en vigueur, le 1er juin 2025, du règlement obligeant l’affichage commercial à être « nettement prédominant » en français. Pourtant, force est de constater que le paysage n’a pas été bouleversé du jour au lendemain.

Les géants comme Best Buy, Home Depot ou Winners, dont le nom n’est pas en français, sont toujours là, avec leurs enseignes familières. Théoriquement, ces entreprises devraient avoir modifié leurs noms ou ajouté des descriptifs en français pour respecter la loi adoptée en 2022. Mais voilà, surprise : l’Office québécois de la langue française (OQLF) n’a, pour le moment, serré la vis à personne. Aucune amende, aucun rappel à l’ordre brutal. C’est le silence radio du côté des sanctions, même si l’anglais domine encore fièrement bien des façades.

L’approche diplomatique : accompagner plutôt que punir

credit : lemorning.ca (image IA)

On pourrait croire à du laxisme, mais il semble que ce soit une stratégie délibérée. Nicolas Trudel, le porte-parole de l’Office, a été assez clair là-dessus en confirmant qu’aucun préavis ni ordonnance n’a été envoyé. L’idée, c’est visiblement de favoriser la correction des manquements sans traîner tout le monde devant les tribunaux. Une approche « main de fer dans un gant de velours » ? Peut-être bien. Nicolas Trudel assure d’ailleurs que bon nombre d’entreprises non conformes ont déjà entamé des démarches. C’est du moins ce qu’ils disent.

Du côté des commerçants, on pousse un grand soupir de soulagement. Damien Silès, le PDG du Conseil québécois du commerce de détail, ne cache pas sa satisfaction. Pour lui, l’OQLF est en « mode solution » plutôt qu’en mode punitif. Il le dit franchement : « On sent qu’il y a un accompagnement ». Et c’est tant mieux, parce que le contexte économique actuel est déjà assez anxiogène comme ça, pas besoin d’en rajouter une couche, non ?

Cela dit, il ne faut pas s’y tromper : les commerçants ne sont pas contre la loi. M. Silès rappelle qu’on est dans une province francophone et qu’il faut préserver cette langue. C’est juste que, disons, un peu de souplesse, ça aide à faire passer la pilule.

Coûts astronomiques et bureaucratie : la réalité du terrain

credit : lemorning.ca (image IA)

Mais attention, la patience a ses limites. Le cabinet du ministre de la Langue française, Jean-François Roberge, a tenu à rappeler que tout le monde devra finir par se conformer. Pas d’exception. L’objectif est que les retardataires soient « pleinement engagés » dans le processus. Parce que, ne nous mentons pas, changer une enseigne, ce n’est pas juste décoller un autocollant. Pour les grandes chaînes, on parle de modifications qui peuvent grimper à plusieurs millions de dollars. Et pour les petites PME ? C’est une dépense lourde, très lourde, pour des ressources souvent limitées.

Il y a aussi toute la paperasse… Michel Rochette, du Conseil canadien du commerce de détail, soulève un point intéressant : le va-et-vient infernal avec les services d’urbanisme des villes. C’est long, c’est complexe. Il trouve donc « normal » que tout ne soit pas réglé six mois après. On leur donne du temps, c’est logique.

Cependant, l’épée de Damoclès est bien là. L’OQLF prévient qu’il n’hésitera pas à sévir si la collaboration cesse. Et là, ça peut faire mal. Le dossier peut filer au Directeur des poursuites criminelles et pénales. Les amendes ? Tenez-vous bien : de 3 000 $ à 30 000 $ par jour pour une première infraction. De quoi faire réfléchir n’importe quel gestionnaire, j’imagine.

Politique, boutons « On/Off » et cordes de guitare : le casse-tête

credit : lemorning.ca (image IA)

Michel Rochette reste prudent, et avec raison. On est en politique, après tout. Avec une année électorale qui se profile, la pression sur les enjeux identitaires pourrait monter en flèche du jour au lendemain. Le gouvernement comprend qu’il faut du lest, mais jusqu’à quand ?

Au-delà des enseignes, il y a des problèmes techniques qui frôlent l’absurde. Prenez les centres commerciaux : si vous louez un local, bonne chance pour modifier la façade si le propriétaire ou la structure ne le permet pas. Le gouvernement n’a toujours pas donné de solution miracle pour ça.

Et puis, il y a les produits eux-mêmes. La loi touche aussi ce qu’il y a dans le magasin. Imaginez le casse-tête pour l’électronique : il faut remplacer les inscriptions « On » et « Off » par du français. Ou encore les boutiques de musique… Au moment de l’entrée en vigueur, elles s’arrachaient les cheveux car elles ne pouvaient plus s’approvisionner en cordes de guitare, les emballages n’étant pas conformes. Pour un petit marché comme le Québec, demander à des géants internationaux de changer leurs chaînes de production, ce n’est pas une mince affaire. Comme le résume bien M. Rochette : parfois, ce n’est pas un manque de volonté, c’est juste… infaisable.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.