L’Ontario prête à dire adieu au dégriffage et aux chirurgies esthétiques sur nos animaux
Simon Kabbaj - 2026-01-12 10:27
credit : lemorning.ca (image IA)
Un retard enfin comblé par la province ?

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Il semble que l’Ontario se décide enfin à bouger. Mieux vaut tard que jamais, diront certains. La province semble prête à aller de l’avant avec une interdiction formelle du dégriffage des chats, mais aussi de la taille des oreilles et de la dévocalisation des chiens. C’est un pas important, surtout quand on réalise que l’Ontario serait la toute dernière province canadienne à légiférer dans ce sens. On traînait un peu de la patte, si je peux me permettre l’expression.
Pour l’instant, le gouvernement mène des consultations. C’est affiché dans le Registre de la réglementation et vous avez jusqu’au début du mois de février, le 5 pour être précis, pour donner votre avis. L’idée n’est pas tout à fait nouvelle : elle avait été présentée une première fois l’automne dernier, noyée dans un projet de loi omnibus. Concrètement, si ça passe, ce sont les inspecteurs du bien-être animal de la province qui devront faire appliquer cette interdiction sur le terrain.
De quoi parle-t-on exactement ? Les détails qui font mal

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Il faut bien comprendre de quoi il s’agit, car les termes techniques cachent parfois une réalité assez brutale. Le gouvernement l’indique d’ailleurs lui-même dans son registre : ces procédures modifient l’apparence ou le comportement des animaux et peuvent causer de la douleur, sans parler des troubles de santé durables.
Prenons le dégriffage d’un chat, par exemple. Ce n’est pas juste une manucure. C’est littéralement l’amputation chirurgicale de tout ou partie des os des orteils, incluant les griffes qui y sont attachées. Ça fait froid dans le dos. Pour les chiens, la taille des oreilles sert uniquement à modeler l’oreille pour qu’elle reste droite, et la dévocalisation… eh bien, c’est couper une partie des cordes vocales pour adoucir l’aboiement. Des pratiques qui soulèvent depuis longtemps le cœur des associations de défense des animaux.
Saddam Khussain, le porte-parole du solliciteur général de l’Ontario, a été assez clair dans sa déclaration : ces pratiques causent des souffrances inutiles et des dommages à long terme sans aucun bénéfice médical. C’est dit. Cependant, il y a une petite nuance à noter. L’Ontario précise que les vétérinaires agréés pourraient toujours pratiquer ces interventions s’ils les jugent nécessaires pour la sécurité, la santé ou le bien-être de l’animal. De son côté, le Collège des vétérinaires de l’Ontario, qui ne soutient plus ces chirurgies inutiles depuis 2016, s’inquiète un peu. Ils craignent que sans modifier la loi sur le bien-être animal de façon cohérente, des restrictions trop rigides puissent avoir des conséquences imprévues sur la sécurité des soins. C’est compliqué, n’est-ce pas ?
Les défenseurs des animaux en veulent plus

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Du côté des experts du terrain, on sent un soulagement, mais aussi une pointe d’impatience. La Dre Linda Jacobson, de la Toronto Humane Society, pense que ce règlement va enfin apporter de la clarté. Elle explique que les vétérinaires se retrouvent souvent dans une position délicate quand un client exige ces opérations. « Cela éliminerait toute ambiguïté », soutient-elle. Même si beaucoup de vétérinaires refusent déjà de le faire et que le nombre d’actes a diminué, une loi permettrait de lever cette incertitude une bonne fois pour toutes.
Mais pour la Dre Jacobson, ce n’est pas suffisant. Elle voudrait que la province aille beaucoup plus loin en promulguant une interdiction générale de toutes les interventions esthétiques. Elle pense notamment aux chirurgies sur les chevaux ou à la pratique de couper la queue de certains chiens. Elle martèle que ces chirurgies ne sont « en aucun cas justifiées sur le plan éthique ». Et c’est vrai, pourquoi en interdire certaines et en autoriser d’autres ?
Même son de cloche chez Camille Labchuk, directrice générale d’Animal Justice. Elle exhorte le gouvernement à foncer. Elle rappelle qu’à l’heure actuelle, l’Ontario est la seule province canadienne où ces pratiques ne sont toujours pas illégales. « L’Ontario a pris beaucoup de retard », dit-elle. Comme la Dre Jacobson, Mme Labchuk insiste sur la coupe de la queue des chiens. Elle souligne qu’il est crucial de ne pas laisser les chiots subir cela simplement pour satisfaire les préférences esthétiques de certaines personnes.
Conclusion : Un enjeu politique qui traîne en longueur

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Évidemment, tout cela prend une tournure politique. Kristyn Wong-Tam, porte-parole du NPD en matière de justice, ne mâche pas ses mots envers le gouvernement Ford. Elle critique le fait d’avoir attendu des années. Elle rappelle qu’il y a six ans, le NPD avait déjà proposé un projet de loi pour interdire le dégriffage, mais il n’a jamais été adopté. « Le problème, c’est que ce gouvernement a eu huit ans pour agir », déclare-t-elle, ajoutant qu’ils n’ont pas fait grand-chose contre la cruauté envers les animaux.
Quoi qu’il en soit, le processus est en cours. Le gouvernement continuera à recueillir les commentaires sur cette proposition jusqu’au 5 février. C’est le moment ou jamais de s’exprimer pour ceux que ça intéresse.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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