WestJet et la sécurité : quand nos sièges rétrécissent, le danger augmente-t-il ?
Adam David - 2026-01-11 10:11
credit : lemorning.ca (image IA)
On se sent un peu à l’étroit, non ?

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Avez-vous remarqué que l’espace semble se réduire comme peau de chagrin chaque fois que l’on prend l’avion ? C’est un sentiment que beaucoup partagent, et ce n’est pas qu’une impression. Récemment, le transporteur WestJet a fait beaucoup parler de lui, et pas nécessairement pour les bonnes raisons. La compagnie a décidé de réduire l’espace entre les sièges dans certains de ses appareils, ce qui soulève de sérieuses questions. On ne parle pas juste de confort ici — on peut supporter d’être un peu serré pour économiser quelques dollars — mais bien de sécurité et de santé.
Pour vous donner une idée précise, l’espacement standard dans les avions canadiens, c’est-à-dire la distance entre votre dossier et celui de devant, est habituellement de 76 centimètres. Mais voilà, dans 21 des avions réaménagés de WestJet, cet espace a fondu pour atteindre seulement 71 centimètres sur certaines rangées de la classe économique. C’est cinq centimètres en moins, et croyez-moi, quand on est assis là pendant des heures, ça compte. Cette initiative vise 43 de leurs Boeing 737 : l’objectif était d’ajouter une rangée et de segmenter la cabine. Mais face à la grogne des clients et même du personnel de bord, ils ont dû suspendre l’installation des sièges non inclinables à la mi-décembre. C’est dire si la pilule a du mal à passer.
Sécurité : bienvenue au « Far West »

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C’est là que ça devient inquiétant. Ce n’est pas juste une histoire de genoux qui cognent. Le capitaine Jacob Astin, qui préside le Conseil exécutif principal du syndicat des pilotes de WestJet, n’y est pas allé par quatre chemins. Il a confié à CBC News que cette exiguïté pourrait carrément réduire les marges de sécurité. Imaginez une évacuation d’urgence… dans un espace si restreint, chaque seconde compte. Pourtant, et c’est là le paradoxe, Transports Canada affirme que tout est légal. La réglementation fédérale ne précise aucun espacement minimal entre les sièges. C’est un peu le flou artistique.
D’ailleurs, une vidéo est devenue virale début janvier, montrant une famille albertaine coincée dans ces nouveaux sièges. Ça a mis le feu aux poudres. John Gradek, un expert en aviation de l’Université McGill, tire la sonnette d’alarme. Pour les personnes de forte corpulence, s’extirper de là en cas de pépin serait un véritable calvaire. Selon lui, sans réglementation claire sur l’espacement minimal, c’est tout simplement « le far west ». Il faudrait, je suppose, que les autorités se penchent là-dessus avant qu’un drame ne survienne.
Quand l’immobilité vire au cauchemar
Au-delà de l’évacuation, il y a ce qui se passe dans notre corps quand on reste coincé trop longtemps. L’immobilité, c’est l’ennemi. Certains passagers s’inquiètent, à juste titre, des risques de caillots sanguins. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de bouger les jambes fréquemment lors des vols de plus de quatre heures. Mais comment bouger quand on est coincé comme des sardines ?
L’histoire d’Emily Jansson fait froid dans le dos. L’année dernière, lors d’un vol de 10 heures entre Toronto et Dubaï, elle a vécu le pire. Elle était côté hublot, coincée par ses voisins. « Honnêtement, je ne me suis pas levée », confie-t-elle. Résultat ? Un caillot s’est formé dans sa jambe à cause des crampes, a migré vers ses poumons (embolie pulmonaire) et a provoqué un arrêt cardiaque. Elle a survécu, heureusement. Petit détail important : Mme Jansson voyageait avec Air Canada, qui n’a pas modifié son espacement, mais son histoire illustre parfaitement le danger de l’immobilité dans des espaces restreints, peu importe la compagnie.
Ce qu’on ne vous dit pas à la réservation
Ce qui est frustrant pour nous, les voyageurs, c’est le manque de transparence. Au moment où vous sortez votre carte de crédit pour réserver chez WestJet, la compagnie n’est absolument pas tenue de vous dire si vous allez tomber sur un de ces sièges à 71 cm ou sur un siège standard. C’est la loterie. John Gradek souligne que c’est très différent en Europe, où certaines compagnies à bas prix affichent clairement la couleur — 71 cm — dès la réservation. Au moins, on achète en connaissance de cause.
Bref, entre la sécurité potentiellement compromise et les risques pour la santé, il y a de quoi réfléchir à deux fois avant de choisir son siège. Espérons que les protestations des passagers et du personnel continueront de faire bouger les choses… ou du moins, de nous redonner un peu d’espace pour respirer.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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