Nouvelle formation politique : Le Parti populaire du Québec voit officiellement le jour

Nouvelle formation politique : Le Parti populaire du Québec voit officiellement le jour credit : lemorning.ca (image IA)

Une nouvelle venue sur l’échiquier politique

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Bon, voilà quelque chose qui va sûrement faire jaser dans les chaumières. Une nouvelle formation politique vient d’être officiellement créée au Québec : le Parti populaire du Québec, qu’on va appeler le PPQ pour faire court. L’information, c’est Radio-Canada qui la rapporte, et elle est plutôt fraîche, puisque la création a été autorisée par le directeur général des élections du Québec, le DGEQ, vendredi dernier. L’objectif affiché des fondateurs ? Secouer ce qu’ils appellent une classe politique trop homogène, en ramenant sur la table des questions qu’ils estiment, disons… inconfortables.

Ce qui est frappant, c’est le pedigree des personnes à la tête de ce nouveau parti. Son chef, c’est Sylvain Pariseau, et le directeur général, Daniel Brisson. Ce sont tous les deux d’anciens candidats du Parti populaire du Canada (PPC), le parti fédéral fondé en 2018 par l’ex-député Maxime Bernier. D’ailleurs, M. Bernier a donné sa « bénédiction » à cette initiative provinciale. Les fondateurs du PPQ se définissent eux-mêmes avec des termes très forts : nationalistes, proliberté, anti-wokes, antivaccins, et contre ce qu’ils nomment l’immigration de masse. On sent tout de suite que ça ne va pas être un parti qui fera dans la dentelle.

Le PPC, de son côté, a bien été mis au courant de la création du PPQ, mais son porte-parole, Martin Masse, tient à mettre de l’eau dans son vin. Il affirme qu’il n’y a « aucun lien formel » entre les deux, que ce n’est pas une initiative du parti fédéral et qu’ils n’y ont « consacré aucune ressource ». Par contre, le parti de Bernier encourage tout de même ses partisans à s’impliquer à tous les niveaux. Et ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’une sorte de clone provincial du PPC émerge; en Ontario, le Populist Party of Ontario a été fondé en 2022 par d’anciens candidats de Bernier, même si ses résultats électoraux ont été, pour être gentil, tout à fait négligeables par la suite.

Les idées et les visages du PPQ : « dire les vraies choses »

Sylvain Pariseau, le nouveau chef, a pris la peine de s’expliquer en entrevue. Il dit qu’il ne faut pas voir dans la création du PPQ une critique du leadership de Maxime Bernier. Pour lui, c’est une question de logique : « C’est juste qu’on fait face à une guerre de culture qui a deux fronts : le fédéral et le provincial. » En gros, il faut combattre sur tous les tableaux. Et sur ce front provincial, M. Pariseau se décrit lui-même comme un « libéral classique avec des tendances libertariennes et des valeurs familiales très conservatrices ». Il se dit prêt à affronter « l’activisme du mouvement woke, notamment dans le milieu scolaire », ainsi qu’une « classe politique mondialiste » qui, à ses yeux, défend toujours les mêmes causes.

Il touche ensuite un point particulièrement sensible : les vaccins. Il déplore qu’aucun parti ne veuille parler, selon lui, « des dommages causés par les vaccins ». C’est un sujet qui divise profondément, reconnaît l’article, car même si le consensus scientifique est solide, une partie de la population reste méfiante. La position de Pariseau est claire : « Moi, toutes ces questions-là qui ne sont pas confortables, je les ramène. » C’est un peu sa marque de commerce, on dirait.

Un programme politique complet n’est pas encore publié, mais Daniel Brisson, le DG, assure qu’il est en préparation. Il promet que le PPQ sera « un parti de convictions », nationaliste sans être souverainiste, qui défendra « la liberté sur tous les fronts ». Il lance même une phrase qui résume bien leur état d’esprit : « On n’aura pas peur de dire les vraies choses, sans censure. » C’est un engagement fort, qui vise clairement un électorat en rupture avec le discours politique traditionnel.

Leur position sur l’immigration est sans équivoque. Sylvain Pariseau utilise des mots très directs : « Les Québécois se font envahir », dit-il. « Il y a beaucoup trop de gens qui arrivent. La demande surchauffe, surtout dans l’habitation. » Malgré cette rhétorique dure, il tente de nuancer en se disant « compatissant » envers les immigrants qu’il voit « comme des victimes ». Il affirme ne pas vouloir « déporter personne » et estime que les immigrants arrivés ont « gagné à la loterie ». Mais sa conclusion est ferme : « Il faut que ça arrête. Il faut qu’on arrête de faire rentrer une telle quantité de gens, parce qu’on n’est juste pas capable de les loger. »

Et pourtant, malgré ces prises de position, les deux hommes rejettent catégoriquement l’étiquette de « droite ». Ils affirment que leur parti visera « le centre ». Sylvain Pariseau parle de la nécessité d’un « équilibre », tandis que Daniel Brisson évoque simplement le « gros bon sens ». C’est un positionnement intéressant, presque paradoxal, mais qui montre qu’ils cherchent peut-être à élargir leur appel au-delà d’un noyau dur.

Des parcours électoraux modestes et un casse-tête pour la droite

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Regardons un peu les parcours des deux principaux intéressés. Ça donne une idée du défi qui les attend. Sylvain Pariseau s’est présenté deux fois sous la bannière du PPC fédéral. En 2021, dans Saint-Hyacinthe–Bagot, il a récolté 2,7 % des voix. Puis en 2025, dans la même circonscription rebaptisée Saint-Hyacinthe–Bagot–Acton, son score est tombé à 0,7 %, et l’article précise qu’il n’avait « pas vraiment fait campagne ». Du côté de Daniel Brisson, le bilan est encore plus fourni, mais guère plus couronné de succès. Il a brigué sans succès sept postes électifs depuis 2005, que ce soit au fédéral, au provincial ou au municipal. Il a notamment tenté de devenir maire de Québec en 2017, obtenant 0,67 % des voix. Il s’est aussi présenté contre Éric Duhaime à la chefferie du Parti conservateur du Québec en 2021, sans réussir non plus.

Et justement, parlons d’Éric Duhaime. La naissance du PPQ pourrait bien lui créer de sérieux maux de tête. C’est en tout cas l’analyse d’Éric Montigny, professeur de science politique à l’Université Laval et auteur d’un livre récent sur le populisme au Canada. Il note que le rejet de l’étiquette « droite » par les fondateurs du PPQ n’est pas surprenant. Selon lui, dans le populisme, les clivages traditionnels gauche-droite s’estompent un peu sur certaines questions, comme la dénonciation des élites. Par contre, sur d’autres, comme l’immigration, la différenciation est nette : « À droite, on va davantage blâmer l’immigration. » Il observe aussi que le PPC fédéral s’est « radicalisé » ces dernières années avec un « discours nativiste » très dur envers les nouveaux arrivants.

Le problème pour Duhaime, c’est que le PPQ et son Parti conservateur du Québec vont probablement courtiser le même électorat et les mêmes militants. Ça pourrait diviser le vote, affaiblir les deux formations. Le professeur Montigny avance même une autre hypothèse : et si l’apparition du PPQ était le symptôme d’un schisme, d’une fracture au sein de la droite québécoise, particulièrement au moment où Éric Duhaime tente justement d’élargir sa base vers le centre ? Le fait que Daniel Brisson ait longtemps milité au Parti conservateur du Québec avant de lancer le PPQ donne du poids à cette idée.

Conclusion : Un pari pour 2026, après un long chemin administratif

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Alors, concrètement, où en est ce nouveau parti ? Ayant l’aval du DGEQ, le PPQ devient la 23e formation politique autorisée au Québec. Ça lui donne le droit de participer aux prochaines élections provinciales, qui doivent avoir lieu au plus tard le 5 octobre 2026, et de présenter des candidats. Le nom « Parti populaire du Québec » avait d’ailleurs été réservé par Sylvain Pariseau en juin dernier. À l’époque, ils avaient même pensé accélérer les choses pour participer à l’élection partielle dans Arthabaska, mais le premier ministre Legault a devancé le scrutin à la fin de l’été, les prenant de court. C’est finalement le péquiste Alex Boissonneault qui a remporté cette partielle.

L’article nous apprend un détail intéressant : c’était la cinquième fois depuis 2018 que quelqu’un tentait de réserver ce nom. Les quatre tentatives précédentes n’avaient jamais abouti à la création d’un vrai parti. Pour obtenir l’autorisation, il faut réunir un minimum de 100 membres fondateurs. Le PPQ affirme avoir soumis une liste de 107 noms. Cependant, Radio-Canada précise qu’au moment où ils écrivaient l’article, ils n’avaient pas encore pu consulter cette liste pour la vérifier.

Alors voilà. Le Parti populaire du Québec existe officiellement. Porté par des figures issues de la mouvance Bernier, il arrive avec un discours tranchant sur la liberté, l’immigration et la critique des « élites ». Ses fondateurs rejettent l’étiquette de droite, visent le centre, mais leurs propositions semblent taper très à droite de l’échiquier. Leur parcours électoral passé est très modeste, et leur apparition pourrait compliquer la vie d’Éric Duhaime. Maintenant, ils ont jusqu’en 2026 pour convaincre les Québécois qu’ils sont la nouvelle voix dont la province a besoin. Ce sera un sacré défi, mais en politique, on a déjà vu des surprises. Affaire à suivre, comme on dit.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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