Trump annonce une rencontre avec l’opposante vénézuélienne Machado, alors que Caracas libère des prisonniers
Simon Kabbaj - 2026-01-09 10:33
credit : lemorning.ca (image IA)
Une semaine charnière au Venezuela
Bonjour. La situation au Venezuela évolue si vite qu’il est parfois difficile de tout suivre. Après la capture spectaculaire de Nicolas Maduro par les États-Unis le 3 janvier, les événements s’enchaînent, entre gestes de bonne volonté et affirmations de souveraineté. C’est un moment historique, vous voyez, où chaque déclaration pèse lourd.
Jeudi, plusieurs nouvelles importantes sont tombées presque en même temps. D’un côté, le gouvernement vénézuélien, désormais dirigé par Delcy Rodriguez par intérim, a annoncé la libération de prisonniers. De l’autre, Donald Trump, depuis Washington, a fait des annonces fortes concernant le Venezuela et la lutte contre les cartels. Et au milieu de tout ça, une figure clé de l’opposition vénézuélienne, Maria Corina Machado, prix Nobel de la paix, s’apprête à faire le voyage. L’atmosphère est… électrique, pour tout vous dire.
Les gestes de Caracas : Libérations et affirmations de souveraineté
Alors, commençons par ce qui se passe sur place, à Caracas. La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, a tenu à marquer le coup jeudi. Elle a affirmé, et c’est important, que son pays n’était ni « subordonné ni soumis » aux États-Unis. Une façon de répondre à ceux qui pourraient penser que le Venezuela est maintenant sous tutelle américaine, après l’opération militaire du 3 janvier qui a conduit à la capture de Nicolas Maduro. Elle veut montrer qu’elle garde la main, malgré tout.
Et justement, un premier geste concret a été posé : la libération de prisonniers. C’est la première vague depuis qu’elle a pris les rênes du pouvoir. Parmi les premiers libérés, il y a Enrique Marquez, 62 ans. Son histoire est un peu compliquée, mais elle illustre bien les méandres de la politique vénézuélienne. Arrêté en janvier 2025, il s’était inscrit à la présidentielle de juillet 2024. En fait, c’était une sorte de plan B pour l’opposition, au cas où la candidature principale d’Edmundo Gonzalez Urrutia (lui-même remplaçant de Maria Corina Machado, déclarée inéligible) serait rejetée. Finalement, Urrutia a pu se maintenir face à Maduro, et Marquez n’a pas défendu sa candidature. Dans une vidéo, on le voit dire à son épouse : « Tout est fini ». C’est poignant.
Ces libérations sont survenues moins d’une semaine après la capture de Maduro. Le gouvernement espagnol a aussi annoncé la libération de cinq de ses ressortissants, en route pour l’Espagne. Parmi eux, l’avocate et militante Rocio San Miguel, qui a la double nationalité vénézuélienne et espagnole. C’est un signe, peut-être.
Mais cette période de transition ne fait pas oublier le passé récent. Un reportage rappelle le lourd bilan de 12 ans sous Maduro en matière de répression et de violations des droits de la personne. L’attaque du 3 janvier à Caracas, elle, a été très meurtrière : le ministre de l’Intérieur Diosdado Cabello a annoncé 100 morts. Un chiffre qui donne la mesure de la violence de l’événement.
Les déclarations de Washington : Supervision, cartels et rencontre à venir

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De l’autre côté, Donald Trump a été très actif sur plusieurs fronts. D’abord concernant le Venezuela, il a donné une entrevue au New York Times. Et là, il a lâché une phrase qui a fait réagir : il a déclaré que la « supervision » du Venezuela par les États-Unis pourrait durer des années. Ça en dit long sur les intentions américaines, vous ne trouvez pas ? Ce n’est pas une intervention éclair, c’est un engagement de longue haleine qu’il envisage.
Ensuite, il a annoncé un durcissement dans la lutte contre les cartels de la drogue. Après des frappes contre des embarcations dans les Caraïbes et le Pacifique, les États-Unis vont maintenant « commencer des frappes au sol ». Il n’a pas précisé l’endroit exact, mais son message était clair : « Les cartels dirigent le Mexique. C’est très, très triste », a-t-il dit sur Fox News. Une escalade qui pourrait avoir de sérieuses implications régionales.
Et puis, il y a l’annonce qui a donné son titre à l’article. Trump a confirmé que Maria Corina Machado doit venir à Washington « la semaine prochaine ». Il s’est dit « impatient » de la rencontrer, ajoutant : « Je crois comprendre qu’elle vient à un moment ou à un autre la semaine prochaine. Je suis impatient de lui dire bonjour. J’ai entendu qu’elle voulait faire ça. Ce serait un grand honneur ». La rencontre entre le président américain et la lauréate du Nobel de la paix, figure de proue de l’opposition vénézuélienne, sera évidemment scrutée de très près. C’est un symbole énorme.
Enfin, il faut noter la réaction d’un voisin, le Brésil. Il a annoncé qu’il allait envoyer des troupes de la Garde nationale dans l’État de Roraima, au nord, frontalier du Venezuela. Une région connue pour le trafic de drogue et où des groupes armés illégaux sont actifs. Une manière de sécuriser sa frontière, probablement inquiet des possibles débordements.
Conclusion : Un équilibre précaire et des questions pour l’avenir

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Alors, où en est-on ? D’un côté, Caracas libère des prisonniers et affirme haut et fort son indépendance. De l’autre, Washington parle de supervision sur plusieurs années, prépare des frappes au sol contre les cartels et s’apprête à recevoir la principale opposante. C’est un drôle de mélange, vous ne pensez pas ? On a l’impression de voir deux réalités parallèles se construire.
La libération d’Enrique Marquez et d’autres est un signe positif, incontestablement. Mais c’est une première étape dans un pays qui a beaucoup souffert. La rencontre prochaine entre Trump et Machado dessinera peut-être la suite des intentions américaines. Va-t-on vers un soutien affiché à une transition politique ? C’est la grande question.
Et puis il y a cette ombre portée de la violence : les 100 morts du 3 janvier, la menace des frappes américaines, le déploiement brésilien. La région reste une poudrière. La « semaine prochaine » dont parle Trump, avec la visite de Machado, sera cruciale. On verra bien ce qui en sortira. En attendant, l’incursion américaine au Venezuela, comme ils l’appellent, est loin, mais alors très loin, d’être terminée.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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