Controverse à York : un député conservateur voit sa liberté d’expression menacée

Controverse à York : un député conservateur voit sa liberté d’expression menacée credit : lemorning.ca (image IA)

Une annulation qui met le feu aux poudres

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Ça commence souvent comme ça, une publication sur les réseaux sociaux, et puis les choses s’emballent. Garnett Genuis, député conservateur de l’Alberta, a lancé une accusation assez sérieuse mercredi soir. Il a affirmé que son événement prévu sur le campus de l’Université York, à Toronto, avait été carrément annulé.

Dans son message, il pointait du doigt l’association étudiante, en disant que c’était leur décision de ne pas l’autoriser. Et le pire, selon lui ? Il n’a donné aucune raison précise, mais a tout de suite parlé d’une « nouvelle atteinte à la liberté d’expression ». C’est un terme fort, qui fait toujours réagir.

Le hic, c’est que dès le lendemain matin, jeudi, la présidente de la York Federation of Students, Somar Abuaziza, est revenue là-dessus. Elle a dit que son association n’avait tout simplement pas le pouvoir de réserver ou d’annuler des événements sur le campus. En plus, elle a assuré ne même pas avoir été au courant de cet événement avant que les médias ne l’appellent.

Après avoir discuté avec La Presse Canadienne, Genuis a d’ailleurs nuancé son propos. Il a expliqué que le refus venait en réalité du Centre étudiant de l’Université York, et qu’on lui aurait dit que c’était une question de format. Une nuance importante, mais le débat, lui, était déjà lancé.

Le cœur du désaccord : une table en public contre une salle fermée

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Il faut comprendre ce que fait Genuis en ce moment. Il est en pleine tournée des campus universitaires. Son idée ? Engager la conversation avec les jeunes sur des sujets qui les touchent de près : le chômage et l’accessibilité financière. Officiellement, c’est pour recueillir des infos qu’il pourra utiliser au Parlement, vu qu’il est porte-parole de son parti pour l’emploi.

« Recueillir des informations sur les problèmes et les défis auxquels les jeunes sont confrontés est un objectif essentiel de cette démarche », a-t-il expliqué. Il voulait aussi présenter des éléments du plan conservateur pour l’emploi des jeunes.

Sur les vidéos qu’il poste, on le voit généralement assis à une simple table dans un espace public, avec une bannière qui pose une question assez directe : les étudiants vivent-ils mieux ou moins bien que la génération de leurs parents ? Ses événements sont organisés avec des groupes conservateurs locaux sur les campus.

Et c’est là que le bât blesse à York. D’après Genuis, le centre étudiant lui a refusé ce format si simple. « Ils ont dit que, si vous vouliez parler aux étudiants, vous deviez réserver un espace fermé pour que cette conversation puisse avoir lieu », a-t-il rapporté. Pour lui, c’est incompréhensible. « Je trouve donc que ce n’est pas raisonnable et que cela ne permet pas l’échange libre d’idées sur des questions comme ce fut le cas dans de nombreux autres campus. »

Il insiste : York serait la seule université à lui avoir fait cette demande sur toute sa tournée. « Les acteurs qui contrôlent ces espaces dans les institutions publiques ont la responsabilité de permettre ces conversations », a-t-il martelé. On sent une certaine frustration, vous ne trouvez pas ?

Les explications officielles et la tempête en ligne

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Face à ces accusations, le Centre étudiant a donné sa version. Son directeur général, Jason Goulart, a été très clair dans un courriel. Selon lui, l’événement n’a pas été approuvé « en raison des politiques de réservation » et la décision « n’était en aucun cas motivée par des considérations politiques ».

Il a développé : « Les organisateurs de cet événement particulier n’ont tout simplement pas fourni suffisamment de détails pour nous permettre d’évaluer correctement le type de programmation, les canaux appropriés et le lieu requis. » Et il a laissé une porte ouverte : les organisateurs peuvent soumettre une nouvelle demande à tout moment.

Quand on lui a demandé s’il avait des preuves d’un blocage politique, Genuis a eu une réponse en demi-teinte : « Je pense qu’il serait intéressant de voir si un politicien ayant un point de vue différent serait traité de la même manière ou non, mais ce que je peux dire, c’est que je pense que tout le monde devrait pouvoir faire cela. » Une façon de laisser planer un doute, sans l’affirmer catégoriquement.

Pendant ce temps, sur X (l’ancien Twitter), son message initial a pris des proportions énormes. Jeudi après-midi, il avait été vu des centaines de milliers de fois et avait recueilli près de 600 commentaires. L’écho a été immédiat, et plutôt virulent dans certains cas.

Certains internautes ont carrément appelé le député à poursuivre l’université en justice pour avoir, selon eux, interdit les conférenciers conservateurs. Une autre députée conservatrice, Michelle Rempel Garner, est même allée plus loin. Elle a publié un message pour demander que l’Université York soit privée de financement. On est loin d’une simple querelle de procédure, là.

Conclusion : L’université se défend et cherche l’apaisement

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De son côté, l’Université York a tenu à se positionner clairement, peut-être pour calmer le jeu. Par la voix de son porte-parole Yanni Dagonas, elle a précisé qu’elle n’était pas au courant de l’événement avant la publication sur les réseaux sociaux. Surtout, elle a rappelé qu’elle ne parlait pas au nom du centre étudiant, qui gère ses propres locaux.

Mais le message principal, c’était un rappel des valeurs de l’institution. « L’Université York est attachée aux principes de la liberté d’expression légale. Nous encourageons le dialogue respectueux et avons accueilli sur nos campus des députés de tous horizons politiques », peut-on lire dans la déclaration envoyée par courriel.

Une façon, sans doute, de dire que le problème n’est pas politique, mais bien procédural. Garnett Genuis, lui, a conclu en disant qu’il souhaitait malgré tout trouver un moyen de dialoguer avec les étudiants de York à l’avenir.

Alors, où est la vérité dans tout ça ? Est-ce un simple malentendu administratif, comme le dit le Centre étudiant ? Ou bien une tentative, même subtile, de limiter une parole politique sur le campus, comme le craint le député ? L’affaire a en tout cas le mérite de remettre sur la table cette question éternellement délicate de la liberté d’expression dans nos universités. Et ça, c’est un débat qui, lui, mérite sûrement d’avoir lieu, dans une salle ou en plein air.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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