Le deuil animal : Une douleur profonde et encore trop souvent ignorée
Adam David - 2026-01-07 10:39
credit : lemorning.ca (image IA)
Quand dire adieu à son animal est un déchirement

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Vous savez, on parle beaucoup de la présence des animaux de compagnie dans nos vies, surtout ces dernières années. Mais on parle beaucoup moins de ce qui se passe après… quand il faut leur dire au revoir. Et c’est un sujet qui touche bien plus profondément qu’on ne l’imagine. Une étude internationale, publiée le 7 janvier 2026 dans la revue Death Studies, vient justement mettre des mots sur cette peine, une peine qui, il faut le dire, est souvent lourde à porter et pas toujours comprise par l’entourage.
Cette recherche, co-écrite par le Professeur Damien Riggs de l’Université Flinders en Australie et dirigée par le Professeur Elizabeth Peel de l’Université de Loughborough au Royaume-Uni, a un mérite immense : elle questionne une idée reçue tenace. Vous l’avez peut-être déjà ressenti, ou entendu : le chagrin après la perte d’un animal serait moins légitime, moins valide, que celui causé par la perte d’un être humain. Comme si l’amour avait des catégories. L’étude, elle, montre clairement que non.
Elle s’est penchée sur une période particulièrement difficile pour beaucoup d’entre nous : la pandémie de COVID-19. Les confinements, les restrictions, tout cela a bouleversé nos vies et, de façon très concrète, la manière dont on a pu accompagner nos compagnons à quatre pattes dans leurs derniers instants. Et ça, c’est un détail qui a laissé des traces profondes.
Une étude qui révèle la profondeur du lien et de la douleur

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Pour comprendre cette réalité, les chercheurs ont analysé les réponses à des questionnaires et des entretiens menés auprès de 667 propriétaires d’animaux au Royaume-Uni. Et les résultats, même s’ils viennent de là-bas, parlent à tous les amoureux des animaux, en Australie et partout ailleurs. Le constat est frappant : la mort d’un animal, en particulier celle d’un chien, est très fréquemment décrite comme « déchirante », « dévastatrice ». Pire, pour certains, elle est même plus douloureuse que la perte d’un membre de la famille humaine.
Le Pr Riggs le dit avec des mots simples, mais qui résonnent fort : « Beaucoup de gens parlaient de leurs animaux comme de leur meilleur ami, de leur âme sœur, ou d’un membre de la famille. Leur chagrin était accablant et durable, pourtant souvent caché ou rejeté. » C’est ça, le cœur du problème. On vit un deuil immense, mais on a parfois l’impression de devoir le taire, de le minimiser, parce que « ce n’était qu’un animal ». Quelle erreur.
Et puis, il y a eu la pandémie, qui a tout compliqué. Les confinements ont rendu les adieux encore plus traumatisants. L’étude rapporte des témoignages qui donnent froid dans le dos. Une femme se souvient avoir dû confier son chien à un vétérinaire sur un parking, sans pouvoir être avec lui à la fin. Une autre raconte le regard de son chien qui se retourna une dernière fois avant d’être emmené pour l’euthanasie, un moment qu’elle décrit comme l’un des plus douloureux de sa vie. Ce sont des scènes d’une violence silencieuse, où la distance imposée par les règles sanitaires a volé aux gens un droit fondamental : celui de réconforter et d’être réconforté.
Le poids de l’anticipation et l’appel à une reconnaissance

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L’étude ne s’est pas arrêtée au deuil après la perte. Elle a aussi exploré quelque chose de très subtil et douloureux : le « deuil anticipé ». C’est cette angoisse qui monte, petit à petit, quand on sait que notre animal vieillit ou est atteint d’une maladie chronique. On commence à faire son deuil avant même que l’événement ne se produise. Un participant décrivait se réveiller la nuit, le cœur serré par l’anxiété de perdre son chien. Une autre avouait avoir eu l’impression de « devenir folle » à la mort du sien. Ces mots sont forts, mais ils sont vrais.
Le Pr Peel explique que la pandémie a créé un contexte unique où le lien humain-animal est devenu encore plus central. « Pour beaucoup, les animaux étaient leur principale source de réconfort et de lien pendant les confinements. Perdre ce lien, surtout dans des circonstances aussi difficiles, a eu un impact émotionnel profond. » C’est logique, finalement. Quand le monde extérieur se rétrécit, celui qu’on partage avec son animal prend une place immense.
Alors, que proposent les chercheurs ? D’abord, de changer les mots. Ils suggèrent d’utiliser des termes comme « deuil centré sur l’animal » pour mieux décrire la réalité émotionnelle vécue. Ensuite, et c’est peut-être le plus important, ils appellent à une reconnaissance sociale de cette douleur. Il est temps, disent-ils, de repenser l’idée que le deuil ne devrait concerner que la perte humaine. Il faut reconnaître la profondeur des liens que tant de gens tissent avec leurs animaux.
Le Pr Riggs ajoute une pensée qui m’a particulièrement touché : « Il n’y a souvent pas de véritable sentiment de conclusion. » Contrairement à un deuil humain, où des rituels sociaux existent (les funérailles, le soutien de la communauté), le deuil d’un animal reste souvent solitaire, sans point final officiel. C’est une douleur qui peut flotter, indéfiniment.
Conclusion : Vers plus de compassion et de soutien

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Alors voilà, que retenir de tout cela ? Que la tristesse de perdre un animal n’est pas un caprice, ni un signe de faiblesse. C’est la preuve d’un amour profond et vrai. Alors que de plus en plus de personnes, surtout en période de crise, se tournent vers les animaux pour la compagnie et le soutien émotionnel, cette étude est un appel clair.
Un appel à une plus grande sensibilisation, plus de compassion, et un soutien accru pour ceux qui traversent ce deuil particulier. Il y a un besoin évident de services de soutien au deuil plus inclusifs, qui ne fassent pas de distinction entre les cœurs brisés. Et il y a besoin, tout simplement, que le poids émotionnel porté par ceux qui pleurent un animal soit reconnu, en Australie et ailleurs.
L’article scientifique à l’origine de ces réflexions s’intitule « Beyond disenfranchized grief: Survey and interview accounts of animal loss through and beyond COVID-19 in the United Kingdom » et il est disponible avec le DOI : 10.1080/07481187.2025.2557716. Il nous rappelle, en somme, que l’amour, sous toutes ses formes, mérite d’être pleuré dignement. Et que personne ne devrait avoir à cacher sa peine parce qu’elle concerne une patte de velours ou un museau fidèle.
Selon la source : medicalxpress.com
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.