L’augmentation de la consommation d’additifs alimentaires est liée à un plus grand risque de diabète de type 2, selon une étude française
Mathieu Gagnon - 2026-01-07 11:21
credit : lemorning.ca (image IA)
Un constat qui nous pousse à regarder nos placards autrement

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Ce que l’on met dans notre assiette, c’est une histoire de goût, mais c’est aussi, de plus en plus, une question de santé. Et il faut dire que les résultats de cette nouvelle étude, parue début 2026, donnent sérieusement à réfléchir. Vous vous souvenez, peut-être, de ces petites lettres et de ces chiffres sur les emballages, les fameux « E » suivis de trois numéros ? On les a souvent vus sans vraiment y prêter attention, considérant qu’ils devaient être inoffensifs, sinon ils ne seraient pas autorisés… Eh bien, il semblerait que les choses ne soient pas si simples.
Des chercheurs français viennent en effet de publier des travaux qui établissent un lien troublant entre une consommation élevée de certains additifs conservateurs et un risque accru de développer un diabète de type 2. Le diabète de type 2, vous le savez, c’est cette maladie qui touche de plus en plus de monde et qui est souvent liée à notre mode de vie et notre alimentation. Alors quand une étude de cette envergure, basée sur les données de plus de 100 000 adultes français suivis pendant des années, pointe du doigt des substances que l’on trouve dans une quantité phénoménale de produits, il est normal de se poser des questions. C’est du sérieux, cette recherche a été vérifiée par des pairs et publiée dans la prestigieuse revue Nature Communications. Ça ne veut pas dire qu’il faut paniquer, mais plutôt qu’il est temps d’y regarder de plus près.
Le vaste monde invisible des conservateurs dans notre nourriture

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Pour bien comprendre, il faut d’abord savoir de quoi on parle. Les conservateurs, ce sont ces substances ajoutées par l’industrie agroalimentaire partout dans le monde pour une raison simple et pratique : allonger la durée de vie des produits. Sans eux, nos yaourts, nos sauces, nos biscuits, nos boissons se gâteraient bien plus vite. Ils empêchent les microbes de se développer ou ralentissent les réactions chimiques qui font pourrir ou rancir la nourriture.
Les chercheurs de l’Inserm, de l’INRAE et des universités partenaires ont classé ces additifs en deux grandes familles. D’un côté, les conservateurs « non antioxydants » (qui luttent surtout contre les microbes), et de l’autre, les additifs « antioxydants » (qui limitent l’oxydation, le fait que les aliments brunissent ou changent de goût à l’air). Sur les paquets, ils se cachent derrière les codes européens allant de E200 à E299 pour les premiers, et de E300 à E399 pour les seconds.
Et ils sont partout, vraiment. Les scientifiques se sont appuyés sur la base de données mondiale Open Food Facts, qui recensait en 2024 pas moins de trois millions et demi de produits alimentaires et boissons. Parmi cette montagne d’articles, plus de 700 000 contenaient au moins un de ces conservateurs. Ça laisse songeur, non ? On en mange probablement tous les jours, souvent sans le savoir, en croyant juste acheter un produit pratique.
Une enquête monumentale : comment les chercheurs ont fait pour aboutir à ces chiffres ?

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Alors, comment est-on passé d’une simple suspicion à des chiffres concrets ? C’est là que le travail d’équipe et la patience entrent en jeu. L’étude s’appuie sur la cohorte NutriNet-Santé, un gigantesque projet de recherche français qui suit des volontaires depuis 2009. Imaginez : plus de 100 000 personnes qui, régulièrement, ont envoyé aux scientifiques des carnets détaillés de tout ce qu’ils mangeaient et buvaient sur 24 heures, en précisant même les marques des produits industriels. Ils ont aussi fourni des informations sur leur santé, leur mode de vie, leur activité physique… Un travail de fourmi.
L’équipe dirigée par Mathilde Touvier, directrice de recherche à l’Inserm, a croisé toutes ces informations avec des bases de données sur la composition des aliments (comme Open Food Facts ou celle de l’Autorité européenne de sécurité des aliments, l’EFSA). Cela leur a permis de calculer, avec une précision rare, l’exposition de chaque participant à pas moins de 58 conservateurs différents au fil des années. Parmi eux, ils ont surtout étudié les 17 substances consommées par au moins 10% des volontaires, pour avoir des résultats solides.
Et ils ont tout fait pour être sûrs que le lien qu’ils observaient était bien réel. Ils ont tenu compte de l’âge, du tabac, de l’alcool, de la qualité globale de l’alimentation (les calories, le sucre, le sel…), bref, de tout ce qui aurait pu fausser les résultats. C’est ce qui donne du poids à leurs conclusions.
Les résultats qui font froid dans le dos et les conservateurs pointés du doigt

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Alors, qu’ont-ils trouvé ? Entre 2009 et 2023, 1 131 cas de diabète de type 2 ont été identifiés parmi les 108 723 participants. En comparant les plus gros consommateurs de ces additifs aux plus petits consommateurs, les augmentations de risque sont significatives, voire franchement inquiétantes.
Les personnes qui consommaient le plus de conservateurs au total avaient un risque accru de 47%. Pour les conservateurs non antioxydants seuls, le risque montait à 49%. Et pour les antioxydants seuls, il était augmenté de 40%. Ce ne sont pas des pourcentages anodins.
Mais le diable est dans les détails, comme on dit. En regardant substance par substance, les chercheurs ont identifié douze conservateurs spécifiquement liés à un risque plus élevé. Je vais vous les lister, parce que c’est instructif de savoir ce que l’on avale :
- Conservateurs non antioxydants : Le sorbate de potassium (E202), le métabisulfite de potassium (E224), le nitrite de sodium (E250 – qu’on trouve souvent dans les charcuteries), l’acide acétique (E260), les acétates de sodium (E262) et le propionate de calcium (E282).
- Additifs antioxydants : L’ascorbate de sodium (E301), l’alpha-tocophérol (E307), l’érythorbate de sodium (E316), l’acide citrique (E330 – très courant), l’acide phosphorique (E338) et les extraits de romarin (E392).
Vous voyez ? Des noms qui peuvent sembler techniques, mais qui se cachent dans des produits de consommation courante. L’acide citrique, par exemple, on le trouve partout.
Conclusion : Que faut-il en retenir et que faire au quotidien ?

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Alors, est-ce la preuve définitive ? Les chercheurs eux-mêmes sont prudents. Mathilde Touvier le dit clairement : « C’est la première étude mondiale » sur ce lien précis, et donc ses résultats doivent être confirmés par d’autres travaux. Mais ils « sont cohérents » avec des données expérimentales qui suggéraient déjà des effets néfastes de certains de ces composés. En gros, ça ne sort pas de nulle part.
Anaïs Hasenböhler, la doctorante qui a mené ces analyses, ajoute un point crucial : ces données s’ajoutent à d’autres et plaident en faveur d’une réévaluation des réglementations qui encadrent l’utilisation des additifs par l’industrie. Il y a peut-être là un besoin de mieux protéger les consommateurs, vous et moi.
En attendant que la science avance et que les règles évoluent peut-être, que pouvons-nous faire ? Le message des chercheurs rejoint finalement des conseils de bon sens que l’on entend souvent, mais qui prennent ici un relief particulier. Mathilde Touvier conclut en rappelant les recommandations du Programme National Nutrition Santé (PNNS) : privilégier les aliments frais, peu transformés, et limiter au maximum les additifs inutiles.
Ça veut dire regarder les étiquettes, oui, mais surtout, peut-être, cuisiner un peu plus simplement quand on le peut. Se faire une vinaigrette maison plutôt que d’acheter une bouteille pleine de E, choisir des fruits frais plutôt qu’une compote ultra-transformée… Ce n’est pas toujours facile, je le sais bien, avec le rythme de la vie moderne. Mais cette étude nous rappelle que chaque petit choix compte pour notre santé sur le long terme. C’est une invitation à reprendre un peu le contrôle sur ce qu’il y a dans notre assiette, pour notre bien et celui de nos proches.
Selon la source : medicalxpress.com
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.