Le tour de taille, un meilleur indicateur de santé pour les seniors que l’IMC ?

Le tour de taille, un meilleur indicateur de santé pour les seniors que l’IMC ? credit : lemorning.ca (image IA)

Un nouveau repère simple pour une population qui vieillit

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On le sait, avec le vieillissement de la population au Royaume-Uni, l’obésité et les maladies qui y sont liées pèsent de plus en plus lourd sur le système de santé, le NHS. Du coup, la question des outils pour bien évaluer les risques se pose vraiment. Et si le bon vieil Indice de Masse Corporelle (IMC), qu’on utilise depuis des années, n’était pas le plus fiable pour les personnes âgées ?

Une étude récente des universités de Sheffield et de Nottingham, publiée le 6 janvier 2026 dans l’International Journal of Obesity, vient bousculer nos habitudes. Les chercheurs, Laura Gray et Magdalena Opazo-Breton, ont planché sur des données anglaises allant de 2005 à 2021. Leur constat est clair : pour les seniors, le rapport tour de taille / taille (le fameux « waist-to-height ratio » ou WHtR) serait un indicateur de risque d’obésité bien plus précis que l’IMC. C’est pas une petite nouvelle, ça remet en question pas mal de choses.

Pourquoi l’IMC peut tromper, et en quoi le tour de taille est plus parlant

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Alors, pourquoi ce changement ? Le Dr Laura Gray, de l’Université de Sheffield, l’explique simplement : « L’IMC est une mesure vraiment connue et comprise. Cependant, il pourrait induire les gens en erreur, en particulier les personnes âgées et celles qui ont moins de masse musculaire, en leur faisant croire qu’ils ne sont pas à risque d’obésité. » C’est un point crucial. En vieillissant, on perd naturellement du muscle. Du coup, même si on a pris de la graisse abdominale, notre poids global peut sembler « normal » à l’IMC, alors que la répartition de notre graisse, elle, est dangereuse.

C’est là que le WHtR fait la différence. Il donne une bien meilleure représentation de la graisse viscérale, cette graisse qui se stocke profondément dans l’abdomen, autour des organes. Et c’est elle qui a le plus d’impact sur notre santé, en augmentant les risques de problèmes cardiaques, d’AVC ou même de démence. L’autre avantage, et c’est pas rien, c’est que c’est beaucoup plus simple à comprendre et à retenir que les catégories complexes de l’IMC. Comme le dit le Dr Gray : « Les gens peuvent facilement vérifier leur propre risque avec un mètre ruban. Si votre tour de taille est inférieur à la moitié de votre taille, c’est un bon indicateur que vous avez un poids sain. » Essayez, c’est parlant !

Les tendances révélées par l’étude et ce qu’elles signifient

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En analysant les tendances de l’obésité en Angleterre sur 16 ans, les chercheurs ont voulu savoir si ces augmentations étaient dues surtout au vieillissement, à des facteurs environnementaux (comme notre alimentation) ou à des différences entre générations. Leurs résultats sont assez nets. Les hausses de l’obésité ont été largement motivées par des changements environnementaux au fil du temps, et pas seulement par les comportements individuels. Ça veut dire quoi ? Que pour agir, il faut une action systémique plus large, avec des politiques qui s’attaquent à notre environnement alimentaire. On ne peut pas tout rejeter sur la responsabilité personnelle.

Ensuite, l’étude montre que le risque d’obésité augmente avec l’âge. Donc, une population qui vieillit pourrait bien entraîner une prévalence encore plus forte. Sauf que si on sous-diagnostique l’obésité chez les seniors parce qu’on ne se fie qu’à l’IMC, alors on passe à côté de beaucoup de gens à haut risque qui pourraient bénéficier d’interventions de soins. C’est un vrai problème de santé publique.

Et c’est là que le WHtR brille encore : il fournit un indicateur plus clair et plus cohérent de l’augmentation du risque sanitaire avec l’âge. Contrairement à l’IMC, qui a tendance à augmenter jusqu’à la cinquantaine puis à diminuer chez les personnes âgées (à cause de la perte musculaire), le rapport tour de taille / taille, lui, continue d’augmenter régulièrement. Cette courbe reflète donc beaucoup mieux la manière dont les maladies liées à l’obésité (cœur, AVC, démence) progressent chez les aînés.

Conclusion : Un message de santé publique simple et puissant

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Bon, alors, qu’est-ce qu’on retient de tout ça ? D’abord, ces résultats viennent appuyer fortement la recommandation déjà faite par le National Institute for Health and Care Excellence (NICE) au Royaume-Uni : utiliser le rapport tour de taille / taille en complément de l’IMC. C’est une validation scientifique de plus.

Ensuite, et c’est peut-être le plus important, ça renforce un message de santé publique qui est d’une simplicité désarmante : « Gardez votre tour de taille inférieur à la moitié de votre taille. » C’est facile à retenir, à vérifier soi-même, et ça s’applique à tout le monde, des enfants aux seniors. Ça remet aussi en question l’idée assez répandue qu’un peu de poids en plus en vieillissant pourrait être protecteur. L’étude souligne plutôt l’importance de maintenir un tour de taille sain tout au long du vieillissement.

Finalement, cette recherche nous rappelle que nos outils doivent évoluer avec nos connaissances. Pour mieux protéger la santé des personnes âgées, il est peut-être temps de regarder au-delà de la simple balance et de sortir le mètre ruban. Parfois, les solutions les plus efficaces sont aussi les plus simples.

Selon la source : medicalxpress.com

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