Trump affirme de nouveau vouloir le Groenland, le Danemark répond

Trump affirme de nouveau vouloir le Groenland, le Danemark répond credit : lemorning.ca (image IA)

Une vieille idée qui refait surface

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Vous savez, certaines idées, même quand on croit qu’elles sont enterrées, elles finissent toujours par revenir. C’est un peu ce qui se passe avec le Groenland. Dimanche soir, Donald Trump est remonté dans son avion présidentiel, Air Force One, et il a sorti le grand jeu devant les journalistes. Il a carrément réaffirmé son souhait, un vieux rêve en fait, de voir le Groenland passer sous le contrôle américain. Et il ne l’a pas fait avec des pincettes. « Nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale, et le Danemark ne sera pas en mesure de s’en occuper », a-t-il lancé. Comme si c’était une évidence. Il a même ajouté, un peu mystérieusement : « Nous nous occuperons du Groenland dans environ deux mois… parlons du Groenland dans 20 jours ». Des propos qui, avouons-le, laissent perplexe.

Tout ça, c’était une réponse, ou plutôt une continuation, après que la première ministre danoise, Mette Frederiksen, a vigoureusement tancé les États-Unis plus tôt dans le week-end. Elle a exhorté Washington à « cesser ses menaces » d’annexer le territoire. On sent que l’atmosphère est particulièrement tendue entre ces deux alliés de l’OTAN. Et le contexte n’arrange rien : l’intervention militaire américaine au Venezuela, qui a mis en lumière l’appétit de Trump pour les ressources pétrolières, a réveillé toutes les craintes pour le Groenland. Un territoire que le président américain convoite depuis longtemps pour ses importantes ressources minières et sa position stratégique en Arctique. Alors, simple bras de fer diplomatique ou prélude à quelque chose de plus sérieux ? C’est ce qu’on va essayer de comprendre.

Les déclarations enflammées et la réponse du Danemark

En réalité, l’étincelle est partie un peu plus tôt. Donald Trump a accordé un entretien téléphonique au magazine The Atlantic. Interrogé sur ce que l’opération au Venezuela pouvait signifier pour le Groenland, il a répondu de manière assez évasive, mais claire sur l’essentiel. « Ils vont devoir se faire leur propre opinion. Je ne sais vraiment pas », a-t-il d’abord dit, avant d’ajouter le cœur du sujet : « Mais nous avons absolument besoin du Groenland. Nous en avons besoin pour notre défense. » Des mots qui ont immédiatement fait réagir Copenhague.

La première ministre Mette Frederiksen n’a pas tardé à riposter, et fermement. Dans un communiqué publié dimanche soir, elle a écrit : « Je demande instamment aux États-Unis de mettre fin à leurs menaces contre un allié historique et contre un territoire et un peuple qui ont clairement fait savoir qu’ils n’étaient pas à vendre. » Elle a été encore plus directe dans une déclaration séparée : « Je dois le dire très clairement aux États-Unis : il est tout à fait absurde de dire que les États-Unis devraient prendre le contrôle du Groenland. » Le ton est donné, et il n’y a pas d’ambiguïté.

Pour appuyer sa position, Mme Frederiksen a rappelé un point fondamental : le royaume du Danemark, qui inclut donc le Groenland et les îles Féroé, fait partie de l’OTAN. Il bénéficie à ce titre de la garantie de sécurité de l’alliance. Elle a aussi souligné que le Danemark est un allié historique et traditionnel des États-Unis, qui se fournit d’ailleurs largement en armement auprès de Washington. C’était une façon de rappeler les liens étroits, tout en mettant un frein aux velléités expansionnistes.

Des provocations, des sondages et des antécédents troublants

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L’affaire ne s’arrête pas aux déclarations officielles. Une petite provocation sur les réseaux sociaux a jeté de l’huile sur le feu. Samedi, Katie Miller, l’épouse de Stephen Miller (l’ancien directeur de cabinet adjoint de la Maison-Blanche de Trump), a publié sur son compte X une carte du Groenland aux couleurs américaines avec la légende « SOON » (bientôt). Une publication jugée très irrespectueuse par les autorités groenlandoises. Katie Miller, il faut le savoir, a été conseillère et porte-parole du département de l’efficacité gouvernementale (DOGE) sous Elon Musk, avant de travailler pour le milliardaire dans le privé. Ce n’est pas la première fois que des proches de l’ancien président alimentent le feu.

Le premier ministre du Groenland, Jens-Frederik Nielsen, a réagi sur Facebook. Il a estimé que ce message était « irrespectueux » et a rappelé un principe de base : « Les relations entre les pays et les peuples sont fondées sur le respect et le droit international, et non sur des symboles qui ignorent notre statut et nos droits. » Malgré tout, il a tenté de calmer le jeu en ajoutant qu’il n’y avait « aucune raison de paniquer ou de s’inquiéter ». L’ambassadeur du Danemark aux États-Unis, Jesper Møller Sørensen, a lui aussi répondu à Katie Miller, en exigeant « le respect total de l’intégrité territoriale du royaume du Danemark ».

Mais au-delà de ces tweets et déclarations, il y a une réalité démographique et politique. Le Groenland, cette immense île arctique, ne compte que 57 000 habitants. Et ils sont très clairs sur leur avenir. Un sondage publié en janvier 2025 dans le journal groenlandais Sermitsiaq était sans appel : 85 % des Groenlandais s’opposaient à une future appartenance aux États-Unis. Seulement 6 % y étaient favorables. La population locale répète qu’elle « n’est pas à vendre » et veut décider seule de son destin.

Cette tension n’est pas nouvelle. Fin mars 2025, le vice-président américain J.D. Vance avait déjà provoqué un tollé en annonçant son intention de se rendre au Groenland… sans y avoir été invité ! Il avait finalement dû renoncer et s’était contenté de visiter la seule base militaire américaine sur place, la base de Thulé. Puis, fin décembre 2025, Trump avait nommé un envoyé spécial pour le Groenland, ce qui avait déjà provoqué un vif émoi. Et pour couronner le tout, fin août 2025, la télévision danoise avait révélé qu’au moins trois Américains liés à Donald Trump avaient mené des opérations d’influence sur ce territoire polaire. Tout cela dessine une stratégie de pression continue.

Conclusion : Une crise diplomatique qui couve depuis des années

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Au final, on a l’impression d’un scénario qui se répète. Les déclarations fracassantes de Donald Trump sur le Groenland ne datent pas d’hier. Mais dans le contexte actuel, marqué par l’intervention au Venezuela, elles prennent une résonance particulière et inquiétante pour le Danemark et les Groenlandais. D’un côté, un président américain qui semble considérer l’acquisition de territoires comme une simple question de sécurité et de ressources. De l’autre, un allié de l’OTAN qui rappelle les règles du droit international et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Le Groenland, avec ses richesses minières et sa position géostratégique en Arctique, reste un objet de convoitise. Mais ses habitants ont parlé : ils ne veulent pas devenir américains. Les sondages le prouvent, et leurs représentants le crient haut et fort. La balle est désormais dans le camp de Washington. Va-t-on assister à une escalade verbale, ou bien ces menaces récurrentes finiront-elles par s’estomper, comme un ballon de baudruche ? Une chose est sûre, l’annonce de Trump de « s’occuper du Groenland dans deux mois » laisse planer un doute qui ne contribue pas à apaiser les relations transatlantiques. L’histoire nous dira si c’était du bluff ou l’annonce d’une nouvelle crise majeure.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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