Trump retire la Garde nationale de Chicago, Portland et Los Angeles
Mathieu Gagnon - 2026-01-01 10:02
credit : lemorning.ca (image IA)
Un retrait sous pression judiciaire
Alors que vous surfiez peut-être sur le site de Radio-Canada, une nouvelle est tombée, marquante dans le paysage politique américain. Donald Trump a annoncé, ce mercredi, le retrait de la Garde nationale des villes de Chicago, Portland et Los Angeles.
Ce n’est pas un geste anodin. Il intervient après une série de revers devant les tribunaux qui ont sérieusement mis en doute la légalité même de la présence de ces militaires dans les rues de ces grandes métropoles. Sur son réseau social Truth Social, le président a pourtant tenté de peindre ce repli en victoire. Il affirme que la criminalité a été « considérablement réduite » grâce à cette présence. Mais son ton laissait transparaître autre chose… une forme d’avertissement.
« Nous reviendrons, peut-être sous une forme différente et plus forte, lorsque la criminalité recommencera à augmenter – ce n’est qu’une question de temps ! » a-t-il lancé. Une phrase qui sonne comme une promesse, ou une menace, selon le point de vue.
Un déploiement controversé qui a fini devant les juges
Il faut comprendre le contexte. Depuis plusieurs mois, Trump avait ordonné d’envoyer des membres de la Garde nationale, cette unité de réserve de l’armée, dans ces villes – toutes dirigées par des Démocrates – ainsi qu’à Memphis. L’objectif annoncé ? Lutter contre la criminalité et appuyer les services de l’immigration (ICE). Mais ces soldats, habituellement déployés pour les catastrophes naturelles ou les conflits à l’étranger, en uniforme dans les rues américaines, ça a immédiatement fait grincer des dents.
Les opposants, et surtout les Démocrates, ont crié à la manœuvre autoritaire. Ils dénonçaient une volonté de dépasser les limites du pouvoir présidentiel. Car, nuance cruciale, la Garde nationale de chaque État est sous la double tutelle du président… et du gouverneur local. Envoyer ces troupes sans l’accord plein et entier des gouverneurs, c’était franchir une ligne rouge pour beaucoup.
Les manifestations n’ont pas tardé. On se souvient de ces pancartes brandies à Chicago en septembre 2025 : « La Garde nationale et ICE hors de Chicago ». Le bras de fer s’est donc naturellement déplacé dans les prétoires. Et les dernières semaines ont été difficiles pour l’administration Trump. La Cour suprême a bloqué le déploiement à Chicago. Des juges fédéraux ont fait de même à Los Angeles et Portland. Leur argument s’appuie sur une vieille loi, le Posse Comitatus Act de 1878, qui interdit tout simplement d’utiliser l’armée pour faire du maintien de l’ordre sur le sol national, sauf dans des circonstances vraiment exceptionnelles.
Le 23 décembre, le coup est peut-être le plus rude. La Cour suprême a jugé que le gouvernement n’avait pas fourni de base légale pour justifier la présence à Chicago. Sans cette justification solide, le déploiement devenait illégal. Point final.
La retraite s’organise, les gouverneurs reprennent la main

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Face à cette pression judiciaire croissante, l’administration a commencé à plier. Déjà à la mi-décembre, elle avait annoncé le retrait d’une partie des soldats. Mais elle gardait une présence symbolique, résiduelle, et continuait de se battre en justice pour garder le contrôle. En Californie par exemple, un juge avait ordonné mi-décembre de rendre le contrôle de la Garde nationale au gouverneur démocrate, Gavin Newsom. L’administration Trump avait fait appel… mais les chances de gagner s’amenuisaient.
Ce mercredi matin, quelques heures seulement avant le message de Trump, le gouvernement a esquissé une première reculade majeure : il a renoncé à sa demande de conserver le contrôle pendant la procédure d’appel. C’était lâcher du lest. Puis est venue l’annonce du retrait complet.
Pour Gavin Newsom, opposant virulent de Trump et possible candidat en 2028, c’est une victoire claire. Il n’a pas mâché ses mots : « Cette admission de Trump et des membres occultes de son Cabinet signifie que cette tactique d’intimidation illégale va enfin prendre fin. » Son accusation est sévère. Il affirme que « pendant six mois, les troupes de la Garde nationale de Californie ont été utilisées comme des pions politiques par un président qui veut devenir roi. »
Newsom a aussi rappelé un principe fondateur des États-Unis : « Il y a une raison pour laquelle nos fondateurs ont décidé que les affaires militaires et civiles devaient être séparées; une raison pour laquelle notre armée est, par conception, apolitique. » Malgré le soulagement, il reste vigilant : « Bien que notre état de droit reste menacé, nos institutions démocratiques tiennent bon. »
Conclusion : Une parenthèse qui se referme… pour l’instant

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Alors voilà, cette histoire, c’est un peu le résumé de l’Amérique de Trump : une action forte, controversée, qui se heurte de plein fouet aux contre-pouvoirs judiciaires et politiques, et qui finit par être contrainte de reculer. Le retrait est acté, les soldats quittent Chicago, Portland et Los Angeles.
Mais comme souvent avec l’ancien et actuel président, rien n’est jamais tout à fait terminé. Sa promesse de revenir « sous une forme différente et plus forte » si la criminalité repart montre que le sujet est loin d’être clos. C’est un combat politique, idéologique, sur le rôle de l’armée dans la société civile et sur les limites du pouvoir exécutif. Une bataille qui a occupé les tribunaux pendant des mois et qui, à en croire les déclarations de part et d’autre, pourrait bien resurgir à la première occasion.
Pour l’instant, les maires et gouverneurs démocrates de ces villes respirent. Leurs rues retrouvent une normalité moins militarisée. Mais dans le climat politique actuel, cette normalité semble toujours un peu précaire. L’épisode aura au moins rappelé, comme l’a souligné Newsom, la robustesse – et la nécessité – des institutions face aux velléités de pouvoir.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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