Le bronzage artificiel vieillit votre peau de l’intérieur, bien avant l’heure
Simon Kabbaj - 2025-12-29 11:20
credit : lemorning.ca (image IA)
Quand la jeunesse de la peau se joue au niveau des gènes

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On savait déjà que les cabines de bronzage n’étaient pas franchement recommandables. Mais là, une étude récente vient de mettre le doigt sur quelque chose de vraiment inquiétant. Des chercheurs viennent de découvrir que pour les jeunes qui utilisent ces appareils, leur peau, extérieurement lisse et jeune, est en réalité déjà bien plus âgée sur le plan génétique.
Imaginez, le code même de vos cellules cutanées, abîmé, comme si vous aviez des décennies de plus. C’est ce que révèle ce travail, publié le 12 décembre dernier dans la prestigieuse revue Science Advances. L’étude a été menée conjointement par l’Université de Californie à San Francisco (UCSF) et celle de Northwestern.
Bishal Tandukar, chercheur postdoctoral à l’UCSF et co-premier auteur de l’étude, résume le choc des résultats d’une manière très parlante. « Nous avons constaté que les utilisateurs de cabines de bronzage dans la trentaine et la quarantaine présentaient encore plus de mutations que des personnes du grand public âgées de 70 ou 80 ans. » Autrement dit, au niveau de l’ADN, la peau de ces jeunes adeptes du bronzage UV artificiel pourrait bien avoir l’âge de leurs grands-parents.
Des mutations qui ouvrent la porte au pire : le mélanome

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Bon, mais pourquoi est-ce si grave ? Parce que ces mutations génétiques, ce sont les premiers pas, les graines, qui peuvent mener au cancer de la peau. Et le cancer de la peau, c’est le plus fréquent aux États-Unis, comme le rappelle l’American Cancer Society. Parmi ces cancers, il y a le mélanome. Lui, il ne représente qu’environ 1% des cas, mais c’est le plus mortel. Il cause la grande majorité des décès.
Chaque année, environ 11 000 Américains meurent d’un mélanome. Et la cause principale, vous la connaissez : l’exposition aux rayons ultraviolets (UV). Ces rayons, on les trouve dans la lumière naturelle du soleil, mais aussi, et c’est là le cœur du problème, dans les sources artificielles comme les lampes des cabines de bronzage.
Le pire, c’est que les taux de mélanome ont augmenté en même temps que la popularité de ces cabines. Et le phénomène touche de manière disproportionnée les jeunes femmes, qui sont en effet la clientèle principale de cette industrie. C’est un peu le piège parfait : chercher un hâle
Une étude de grande ampleur qui pointe du doigt un risque bien caché

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Pour arriver à ces conclusions, les scientifiques ne se sont pas contentés de théories. Ils ont plongé dans les données. Ils ont examiné les dossiers médicaux de plus de 32 000 patients en dermatologie. Dans ces dossiers, ils ont relevé l’usage des cabines, les antécédents de coups de soleil, et les antécédents familiaux de mélanome.
Mais ils sont allés encore plus loin. Ils ont aussi obtenu des échantillons de peau provenant de 26 donneurs et ont séquencé pas moins de 182 cellules. C’est là que les résultats sont devenus… glaçants. Les jeunes utilisateurs de cabines avaient accumulé plus de mutations cutanées que des personnes deux fois plus âgées qu’eux.
Et le détail qui tue ? Ces mutations étaient particulièrement nombreuses dans le bas du dos. Une zone qui, généralement, ne prend pas beaucoup de soleil dans la vie de tous les jours. Mais qui, lors d’une séance en cabine, est largement exposée aux UV artificiels. La corrélation était donc évidente.
A. Hunter Shain, professeur associé au département de dermatologie de l’UCSF et auteur principal de l’étude, a des mots très forts. Il dit que « la peau des utilisateurs de cabines de bronzage était criblée des graines du cancer — des cellules avec des mutations connues pour conduire au mélanome. » Une image qui donne à réfléchir, n’est-ce pas ?
Conclusion : Une prévention simple mais absolument cruciale

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Alors, que faire face à ça ? Le message des chercheurs est on ne peut plus clair, et il rejoint les avertissements de nombreuses organisations de santé dans le monde. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) classe d’ailleurs les appareils de bronzage UV parmi les cancérogènes du groupe 1, au même titre que la fumée de tabac ou l’amiante. Pourtant, et c’est un paradoxe, ils restent légaux et populaires aux États-Unis, alors que de nombreux pays les ont tout simplement interdits.
Le professeur Shain, dont le laboratoire se consacre à la biologie du cancer de la peau, insiste sur un point crucial : « On ne peut pas inverser une mutation une fois qu’elle s’est produite. Il est donc essentiel de limiter le nombre de mutations qui s’accumulent en premier lieu. »
Et la méthode pour y parvenir est, selon lui, d’une simplicité désarmante : « L’un des moyens les plus simples pour y parvenir est d’éviter l’exposition aux rayons UV artificiels. » Un conseil qui semble basique, mais qui, au vu de ces découvertes, prend un poids considérable. Protéger sa jeunesse génétique, ça commence peut-être par renoncer à ce faux éclat rapide.
L’étude complète, intitulée « Molecular effects of indoor tanning » et dirigée par Pedram Gerami et son équipe, est disponible pour qui souhaite approfondir le sujet. Les preuves scientifiques s’accumulent. Reste à savoir si l’envie d’un teint hâlé toute l’année l’emportera sur la préservation de notre capital santé le plus fondamental.
Selon la source : medicalxpress.com
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.