Ces étiquettes qui nous font croire au ‘sain’ cachent souvent du sucre en abondance

Ces étiquettes qui nous font croire au ‘sain’ cachent souvent du sucre en abondance credit : lemorning.ca (image IA)

L’illusion du choix santé

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On se sent souvent plutôt fier, au supermarché, de résister à la pâtisserie glacée et de se tourner vers le paquet de granola ‘100% naturel’ enrichi en protéines. C’est le même réflexe avec les yaourts allégés ‘à base de vrais fruits’, les laits végétaux ‘bio’ ou les smoothies en bouteille estampillés ‘superaliments’. Une satisfaction qui peut être de courte durée, malheureusement.

Parce qu’il faut se méfier : ces mots-clés accrocheurs et rassurants servent bien souvent à masquer une réalité moins glorieuse : une quantité parfois phénoménale de sucre ajouté. On a l’impression de faire un choix vertueux, alors qu’on se fait avoir en pleine lumière, explique Nicole Avena, professeure en neurosciences et psychiatrie. Elle a consacré des études au sujet et pointe du doigt le marketing astucieux de nombreuses entreprises, conçu pour détourner l’attention du consommateur.

Le constat est sans appel. Alors que certaines marques orientées santé commencent à prendre en compte la méfiance grandissante envers les sucres ajoutés, ‘beaucoup des grandes marques ne s’inquiètent pas tant que ça de la santé des gens’, assène-t-elle. Voici comment déjouer le piège du sucre caché.

Le sucre, partout, même où on ne l’attend pas

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Consommer trop de sucre, au même titre que l’excès de graisses saturées ou de sel, est lié à un risque accru de maladies cardiaques, d’obésité, de diabète et d’autres problèmes de santé. Les chiffres donnent le tournis : l’Américain moyen avale 17 grammes de sucre ajouté par jour, ce qui représente pas moins de 57 livres (26 kilos) par an, d’après l’American Heart Association. La moitié provient des boissons, c’est connu.

Mais le reste ? Il se faufile partout : dans les céréales du petit-déjeuner, la salsa, les sandwiches préparés, les produits laitiers, les sauces en bouteille et les pâtisseries… y compris dans de nombreuses marques de pain complet, pourtant perçu comme un basique sain. La première étape pour reprendre le contrôle est de scruter l’étiquette nutritionnelle. Depuis 2021, les fabricants sont obligés d’y faire apparaître la quantité de sucres ajoutés, distincte du sucre total.

Une bonne intention qui a, selon Nicole Avena, produit l’effet inverse. Les entreprises ont bien réduit les sucres classiques comme le sucre de betterave raffiné ou le sirop de maïs à haute teneur en fructose. Mais elles les ont remplacés par des alternatives comme le fruit du moine ou l’érythritol (un alcool de sucre), qui, selon la réglementation de la FDA, ne sont pas comptabilisés comme ‘sucres ajoutés’. Résultat paradoxal : ‘Aujourd’hui, nos aliments sont encore plus sucrés qu’en 2020’, regrette la chercheuse.

Les recommandations, trop flexibles ? Comment agir au quotidien

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Collin Popp, diététicien et professeur au NYU Langone Health, rappelle la recommandation actuelle de la FDA : ne pas dépasser 10% des apports caloriques quotidiens en sucres ajoutés. Pour un régime de 2000 calories, ça représente environ 50 grammes par jour, soit un peu plus que le contenu d’une canette de soda standard. Mais pour Popp, cette marge est peut-être encore trop large. ‘J’aimerais personnellement que ce soit inférieur à 5%, et proche de zéro pour certaines personnes, notamment en cas de diabète ou de prédiabète’, confie-t-il.

Le secret, c’est la vigilance, même face à un produit qui paraît sain ou arbore un label ‘bio’. Les noix grillées, les laits végétaux ou même les pois wasabi peuvent receler des quantités surprenantes de sucre ajouté. C’est aussi le cas des muffins anglais et du yaourt grec, pourtant plébiscités. Un pot de yaourt Chobani à la cerise noire, par exemple, affiche 0 gramme de matière grasse mais 9 grammes de sucre ajouté, soit plus de deux cuillères à café. Une tasse de lait d’amande Silk en contient 7 grammes.

La solution selon Popp ? Reprendre la main sur ce que l’on met dans son assiette. Cela peut passer par l’achat d’un yaourt nature auquel on ajoute soi-même un peu de miel ou des fruits frais. Ou encore, demander au barista de vous laisser verser votre propre lait d’avoine dans votre café. De petits gestes qui font regagner du contrôle.

Les édulcorants : une fausse bonne idée ? Et la conclusion à retenir

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Les édulcorants artificiels comme la stévia ou les alcools de sucre présentent-ils une alternative valable ? Ils réduisent certes les calories, mais Nicole Avena met en garde : ils ne sont peut-rent pas meilleurs pour autant, car ils poussent souvent à manger davantage. Ses recherches indiquent que c’est la saveur sucrée en elle-même qui active le centre de la récompense dans le cerveau, et non la présence de sucre. Le corps, trompé par le goût, pourrait alors réclamer plus de calories.

Cela ne veut pas dire qu’il faut jeter tous les substituts du sucre aux orties. L’allulose, par exemple, peut être intéressant pour les personnes atteintes de diabète de type 1 car il n’affecte pas la glycémie. Mais pour le grand public, le message est clair : réduire sa dépendance globale au goût sucré est la clé pour améliorer sa santé.

La conclusion de Nicole Avena est un mantra à garder en tête lors de nos prochaines courses : ‘Ne laissez pas les entreprises agroalimentaires décider de la quantité de sucre que vous mangez’. Face à des étiquettes toujours plus inventives, notre meilleure arme reste notre curiosité et notre volonté de lire, vraiment, ce qui se cache dans notre assiette.

Selon la source : medicalxpress.com

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