Réseaux sociaux et jeux vidéo : une étude pointe un nouveau risque pour l’attention des ados

Réseaux sociaux et jeux vidéo : une étude pointe un nouveau risque pour l’attention des ados credit : lemorning.ca (image IA)

Une vaste expérience non planifiée sur nos enfants

credit : lemorning.ca (image IA)

On en parle souvent, mais cette fois, une étude apporte des données solides. La révolution numérique, c’est un peu devenu une immense expérience grandeur nature, sans vraiment qu’on l’ait décidée. Et les cobayes les plus exposés, ce sont nos enfants et nos ados. Partout dans le monde, les diagnostics de TDAH – le Trouble Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité – sont en hausse. Alors, forcément, une question cruciale se pose : est-ce que cette omniprésence des écrans dans leurs vies pourrait y être pour quelque chose ?

Pour tenter de répondre, des chercheurs ont suivi plus de 8 000 enfants, en gros de l’âge de 10 ans jusqu’à leurs 14 ans. C’est une sacrée cohorte. Ils leur ont posé des questions sur leurs habitudes numériques et ont classé ces activités en trois grandes catégories : les jeux vidéo (le gaming), la télé et les vidéos (sur YouTube par exemple), et enfin, les réseaux sociaux.

Le cœur de l’étude : un lien unique avec les réseaux sociaux

credit : lemorning.ca (image IA)

Quand on parle de réseaux sociaux dans cette étude, on parle des applis comme TikTok, Instagram, Snapchat, X (anciennement Twitter), Messenger et Facebook. L’objectif était d’analyser si l’usage de ces plateformes était associé à des changements à long terme sur les deux symptômes centraux du TDAH : l’inattention et l’hyperactivité. Et le résultat principal est assez clair, et peut-être un peu surprenant.

L’utilisation des réseaux sociaux était associée à une augmentation graduelle des symptômes d’inattention. En revanche, jouer aux jeux vidéo ou regarder des vidéos, non. Ces schémas sont restés identiques même après avoir pris en compte des facteurs importants comme le risque génétique de l’enfant de développer un TDAH, ou le revenu de sa famille. C’est un point crucial, car ça écarte l’idée que ce serait juste les enfants prédisposés ou ceux de milieux défavorisés qui seraient touchés.

Les chercheurs ont même testé l’hypothèse inverse : et si c’était l’inattention qui poussait les enfants à utiliser davantage les réseaux sociaux ? Les données ont montré que non. La causalité va dans un seul sens : c’est l’usage des réseaux sociaux qui prédit une inattention future, et pas l’inverse. C’est une distinction majeure.

Pourquoi les réseaux sociaux seraient-ils si particuliers ?

credit : lemorning.ca (image IA)

Bon, le comment ça marche, le mécanisme exact, on ne le connaît pas encore avec certitude. Mais le fait que les autres activités sur écran n’aient pas cet effet négatif permet déjà d’écarter quelques idées reçues. On peut dire adieu à l’idée d’un effet négatif général des écrans, ou à la théorie populaire comme quoi tout média numérique provoquerait des « shots de dopamine » qui détraqueraient l’attention des jeunes. C’est plus subtil que ça.

Les chercheurs, qui sont des neuroscientifiques spécialistes de la cognition, avancent une hypothèse éclairée. Les réseaux sociaux introduisent des distractions constantes, qui empêchent de maintenir son attention sur une tâche de manière soutenue. Et ce n’est pas seulement les notifications qui arrivent ; parfois, c’est juste la pensée qu’un message *pourrait* arriver qui sert de distraction mentale. Ces micro-interruptions nuisent à la concentration sur le moment, et quand elles se répètent jour après jour, pendant des mois ou des années, elles pourraient bien avoir des effets à long terme.

Le jeu vidéo, lui, c’est différent. Ça se passe généralement pendant des sessions limitées dans le temps, pas en continu toute la journée. Et surtout, ça demande une concentration constante sur une seule tâche à la fois. C’est presque l’inverse du mode de fonctionnement des réseaux sociaux.

Un effet individuel faible, mais des conséquences massives à l’échelle d’une génération

credit : lemorning.ca (image IA)

Il faut être honnête, l’effet mesuré des réseaux sociaux sur l’inattention, si on le regarde avec des mesures statistiques, n’est pas colossal au niveau d’un individu. Ce n’est pas suffisant pour faire basculer une personne avec une attention normale dans le territoire du TDAH diagnostiqué. Mais voilà le problème : si l’ensemble d’une population devient un tout petit peu plus inattentif, beaucoup plus de personnes finiront par franchir la frontière du diagnostic.

Les chercheurs donnent un exemple théorique qui fait réfléchir : une augmentation d’une heure d’utilisation des réseaux sociaux dans l’ensemble de la population pourrait augmenter le nombre de diagnostics d’environ 30%. Bien sûr, c’est une simplification – poser un diagnostic dépend de plein d’autres facteurs – mais ça illustre parfaitement comment un effet qui semble minime pour une personne peut avoir un impact énorme quand il s’applique à des millions d’individus.

Et justement, les données montrent qu’on a bien eu cette augmentation d’au moins une heure par jour au cours des dix ou vingt dernières années. Il y a vingt ans, les réseaux sociaux n’existaient pratiquement pas. Aujourd’hui, les ados sont en ligne environ cinq heures par jour, essentiellement sur les réseaux sociaux. Le pourcentage d’adolescents qui disent être « constamment en ligne » a carrément doublé, passant de 24% en 2015 à 46% en 2023. Vu que l’usage est passé de quasiment zéro à cinq heures quotidiennes, cela pourrait expliquer une part substantielle de l’augmentation des diagnostics de TDAH ces 15 dernières années.

Conclusion : Un déficit d’attention collectif et des pistes pour agir

credit : lemorning.ca (image IA)

Certains diront que cette hausse des diagnostics reflète simplement une meilleure sensibilisation et moins de stigmatisation. C’est peut-être une partie de l’explication, mais ça n’exclut pas une augmentation réelle des difficultés d’attention. D’autant que certaines études qui affirment que les symptômes n’ont pas augmenté ont souvent porté sur des enfants trop jeunes pour avoir un smartphone, ou sur des périodes qui précèdent l’avalanche du « scrolling » infini.

Le constat est là : les réseaux sociaux augmentent probablement l’inattention, et leur usage a explosé. Alors, on fait quoi ? Aux États-Unis, il faut avoir au moins 13 ans pour créer un compte sur la plupart des plateformes, mais ces restrictions sont faciles à contourner. L’Australie, elle, va actuellement plus loin. À partir du 10 décembre 2025, les entreprises de médias devront s’assurer que leurs utilisateurs ont 16 ans ou plus, avec de lourdes pénalités pour celles qui ne respectent pas la loi. Il faudra voir l’effet de cette législation. Peut-être que le reste du monde devrait prendre exemple sur les Australiens. En attendant, cette étude nous invite tous, parents, éducateurs et société, à regarder d’un œil nouveau le temps que nos jeunes passent à scroller.

Selon la source : medicalxpress.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.