Le Canada tourne le dos aux agences de santé américaines, selon Ottawa

Le Canada tourne le dos aux agences de santé américaines, selon Ottawa credit : lemorning.ca (image IA)

Une rupture de confiance historique

C’est un virage important, et il vient de la bouche même de la ministre fédérale de la Santé. Vous savez, pendant des années, le Canada avait cette habitude bien ancrée : quand il s’agissait de données scientifiques ou de renseignements sanitaires, on regardait souvent vers le sud, vers nos voisins américains. C’était une sorte de réflexe, une source qu’on considérait comme fiable.

Mais les temps ont changé, et radicalement. La ministre Marjorie Michel l’a dit clairement lors d’une entrevue de fin d’année : « Je ne peux pas leur faire confiance comme partenaire fiable, non ». C’est une phrase qui marque un tournant, vous ne trouvez pas ? Elle reconnaît que les États-Unis peuvent être fiables sur certains points, mais elle insiste : quand on parle de vaccins, le Canada doit absolument suivre sa propre voie.

Pourquoi un tel revirement ? La réponse se trouve de l’autre côté de la frontière, dans les bouleversements qu’a connus l’administration du président Donald Trump au cours de la dernière année.

Le chamboulement américain et la menace antivaccin

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Là-bas, les choses ont vraiment dérapé. Prenez le secrétaire à la Santé et aux Services sociaux, Robert F. Kennedy Jr. C’est un militant antivaccin notoire, placé à la tête d’une institution majeure. Sous sa direction, quelque chose de très inquiétant s’est produit fin novembre : le site internet des fameux Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies, les CDC, a été modifié.

Le but ? Contredire une conclusion scientifique pourtant solide comme un roc, établie depuis des années : les vaccins ne causent pas l’autisme. Imaginez le choc pour la communauté scientifique ! Ce changement a tellement alarmé les anciens responsables des CDC qu’ils ont publiquement déclaré que les informations sur l’innocuité des vaccins publiées par l’agence n’étaient plus fiables. C’est dire.

Et ce n’est pas tout. Un comité consultatif choisi par M. Kennedy a récemment fait une recommandation qui fait froid dans le dos : mettre fin à la vaccination systématique des nouveau-nés contre l’hépatite B. En ce moment même, ce même comité examine comment modifier le reste du calendrier vaccinal des enfants. Pour la ministre Michel, cette désinformation qui prospère aux États-Unis est une préoccupation majeure, et c’est précisément une des raisons qui pousse le Canada à chercher d’autres alliés, des pays qui partagent nos valeurs.

La réponse canadienne : s’unir et faire face à la rougeole

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Face à cette tourmente, le Canada essaie de serrer les rangs. Et il y a une bonne nouvelle, souligne la ministre. Lors de sa dernière réunion avec tous les ministres fédéral, provinciaux et territoriaux de la Santé, en octobre, tout le monde était sur la même longueur d’onde. Toutes les provinces ont accepté de placer la vaccination au cœur de leur déclaration commune.

Ce communiqué, signé par toutes les instances, est sans équivoque : les vaccins sauvent des vies et réduisent les coûts des soins de santé. Les ministres se sont engagés à coordonner leurs efforts pour, et c’est crucial, rétablir la confiance de la population et répondre à l’épidémie de rougeole qui sévit actuellement.

Parce que oui, la rougeole est de retour, et c’est un sérieux revers. L’Organisation panaméricaine de la santé a même retiré au Canada son statut de pays exempt de rougeole cet automne, un statut qu’on détenait fièrement depuis 1998. Une épidémie a persisté dans plusieurs provinces pendant plus d’un an. Les experts pointent plusieurs causes : des coupes budgétaires dans la santé publique, une pénurie de médecins de famille, et bien sûr, cette fichue désinformation sur les vaccins.

Le virus de la rougeole est d’une contagiosité redoutable. Pour le contenir et protéger tout le monde par l’immunité collective, il faut que 95% de la population soit vaccinée. Un chiffre qui semble s’éloigner. Mme Michel le reconnaît : la méfiance envers les vaccins et les autorités sanitaires, un héritage lourd de la pandémie de COVID-19, a nourri cette flambée. Il y a, selon elle, une incompréhension générale sur le fonctionnement des vaccins, amplifiée par la propagation virale de fausses infos sur les réseaux sociaux.

L’alerte des chercheurs et la voie à suivre

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Des chercheurs canadiens ont tiré la sonnette d’alarme bien avant cet automne. Dans un éditorial publié en juillet dans le prestigieux Journal de l’association médicale canadienne, Shannon Charlebois et Jasmine Pawa décrivaient une véritable crise des maladies transmissibles en Amérique du Nord. Leur texte est sans appel : l’administration Trump est en train de démanteler l’infrastructure de santé publique et de recherche du pays.

Comment ? En procédant à des réductions budgétaires draconiennes dans des institutions-clés comme les CDC et les Instituts nationaux de la santé (NIH). Parmi les coupes, figure même le financement de la recherche sur les effets de la désinformation… un comble ! L’article parle d’« attaques coordonnées » qui ont gravement réduit la capacité de ces agences à collecter, interpréter et partager des données essentielles pour la santé de tous.

Les conséquences se font sentir ici aussi, avec une hausse des taux de plusieurs maladies, dont la rougeole. Mais malgré ce tableau préoccupant, la ministre Michel garde un espoir. Elle sent que la confiance dans la science des vaccins est en train de lentement revenir au Canada. « Nous devons rétablir la confiance », affirme-t-elle. C’est le défi numéro un. Face à un partenaire américain devenu imprévisible, le Canada semble avoir choisi de compter sur ses propres forces et sur des alliances plus sûres pour protéger la santé de sa population.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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