Une ‘super-grippe’ pourrait provoquer des maladies graves à grande échelle, selon les experts
Simon Kabbaj - 2025-12-24 10:51
credit : lemorning.ca (image IA)
Une saison grippale précoce et inquiétante

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Alors que l’hiver s’installe, les experts en santé publique observent avec une certaine inquiétude l’arrivée de la saison grippale. Cette année, un variant en particulier, surnommé « super grippe » dans les médias, occupe le devant de la scène. Il s’agit d’un sous-clade K du virus de la grippe A H3N2.
Ce qui alerte, c’est la précocité et la sévérité de l’épidémie qu’il a provoquée au Royaume-Uni, comme le rapporte le British Medical Journal (BMJ). Et le phénomène n’est plus confiné à l’Europe. Ce variant a traversé l’Atlantique et est désormais la souche dominante aux États-Unis, selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC).
Neil Maniar, directeur du programme de master en santé publique à l’Université Northeastern, ne mâche pas ses mots : « Le Royaume-Uni a été assez durement touché par cela », tout comme l’Europe et l’Australie. « Je pense que c’est un assez bon présage de ce que nous sommes susceptibles de voir ici. Cela va être une saison grippale très difficile. »
Un virus qui mute et un vaccin moins efficace

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La principale préoccupation avec cette souche, selon les experts, est qu’elle peut entraîner « des maladies assez graves », comme le souligne Neil Maniar. Mais il y a un autre problème, peut-être plus préoccupant pour la population générale : le vaccin antigrippal de cette année n’est pas très bien adapté à ce variant spécifique.
Brandon Dionne, professeur associé de clinique en pharmacie et sciences des systèmes de santé à la Northeastern University, explique le phénomène technique. Le problème vient de mutations multiples survenant dans les protéines de surface de l’hémagglutinine. Pour faire simple, ce sont ces protéines que le virus utilise pour s’accrocher à nos cellules, et ce sont aussi celles que le vaccin cible pour déclencher une réponse immunitaire.
« À cause de cela, le vaccin ne correspond pas tout à fait aussi bien au virus » que ne le ferait le vaccin conçu spécifiquement pour cette souche mutée, précise-t-il. Concrètement, alors que l’efficacité des vaccins contre la grippe tourne habituellement autour de 40% à 60%, une estimation précoce venue du Royaume-Uni fait état d’une efficacité réduite à 32-39% chez les adultes, mais meilleure, à 72-75% chez les enfants, ces chiffres étant basés sur les réductions d’hospitalisations.
Se faire vacciner et se soigner : les recommandations essentielles

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Malgré cette correspondance imparfaite, le message des autorités sanitaires est clair et sans équivoque : il est important de se faire vacciner. « L’un des objectifs importants du vaccin contre la grippe est de réduire la gravité de la maladie si vous l’attrapez », rappelle Neil Maniar. Même partiellement efficace, il peut faire la différence entre une semaine au lit et un passage à l’hôpital.
Le CDC recommande la vaccination pour toute personne âgée de 6 mois et plus. Si l’idéal était de se faire vacciner en septembre ou octobre, il n’est absolument pas trop tard. « Si vous ne l’avez pas encore fait, faites-le », insiste Maniar, surtout à l’approche des fêtes et de la rentrée scolaire de janvier. Le système immunitaire met environ deux semaines à construire une réponse solide, mais une certaine immunité commence à se développer en quelques jours seulement.
Si malgré tout on attrape la grippe, le traitement reste le même que pour les autres virus influenza. Brandon Dionne cite l’oseltamivir (Tamiflu), un médicament oral « plus efficace lorsqu’il est commencé dès que possible après l’apparition des symptômes ». Il permet typiquement de raccourcir la durée des symptômes d’environ 12 à 24 heures. Dans certains cas à haut risque, comme les résidents de maisons de retraite, il peut même être utilisé de manière préventive, avant l’apparition des symptômes.
Il existe par ailleurs des tests combinés à faire à domicile pour la grippe A, B et la COVID-19, ce qui peut aider à identifier rapidement la maladie. Les symptômes classiques de la grippe restent la toux, les maux de tête, les courbatures, une grande fatigue, des sueurs et des frissons.
Conclusion : Un bilan déjà lourd et l’importance de la vigilance

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Neil Maniar souligne qu’il est difficile de dire si ce variant est intrinsèquement « plus virulent » que ceux des années précédentes. La crainte principale, c’est surtout qu’il soit plus répandu, touchant un plus grand nombre de personnes.
Les chiffres du CDC, en date de la publication de l’article, donnent une idée de l’impact de cette saison : 4,6 millions de cas de grippe, entraînant 49 000 hospitalisations et 1 900 décès, dont deux concernaient des enfants. Ces chiffres parlent d’eux-mêmes.
« Cela peut être une maladie très grave. Nous devons la prendre au sérieux et prendre des mesures pour nous protéger », conclut Neil Maniar avec un avertissement sans détour. « À mesure que nous avançons dans la saison grippale, celle-ci est susceptible d’être difficile. » La combinaison d’une souche largement circulante et d’une protection vaccinale amoindrie demande une vigilance accrue de tous.
Selon la source : medicalxpress.com
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.