Un ménage moins fréquent dans les hôpitaux du Québec pour économiser

Un ménage moins fréquent dans les hôpitaux du Québec pour économiser credit : lemorning.ca (image IA)

Une corbeille en moins, des économies en plus

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La propreté dans les hôpitaux, c’est souvent un sujet qui passe inaperçu, jusqu’à ce qu’on y touche. Alors quand les corbeilles à papier disparaissent soudainement des bureaux, ça fait parler. Dans plusieurs établissements de santé du Québec, c’est précisément ce qui se passe. Pour réduire leurs budgets, des hôpitaux ont décidé de couper dans les services de ménage pour les bureaux administratifs.

Ça va de la simple suppression des poubelles individuelles à l’instauration d’un ménage sur demande, en passant par une réduction drastique de la fréquence de nettoyage. Des mesures qui touchent Montréal, la Mauricie, le Centre-du-Québec et qui, il faut le dire, ne passent pas comme une lettre à la poste auprès du personnel. Une employée du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), qui n’a pas le droit de parler aux médias, a écrit à Radio-Canada pour exprimer son mécontentement : « Je voulais vous montrer jusqu’où vont les coupes et les économies de bouts de chandelles du gouvernement. Ils coupent dans la propreté des lieux ! ». Le ton est donné.

Le CHUM : Ménage sur demande et formulaire QR

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L’exemple le plus frappant vient du CHUM. Depuis le 1er décembre, des affiches ont fait leur apparition dans les couloirs. Le message est clair : « Attention. Merci de ne pas jeter de nourriture dans les poubelles des bureaux. L’entretien des bureaux administratifs se fait uniquement sur demande, avec une fréquence maximale d’une fois toutes les deux semaines. Merci d’utiliser les poubelles situées dans les salles de bain. » Finies les corbeilles discrètes sous les bureaux.

Le 28 novembre, un message interne a été envoyé aux 1800 employés administratifs concernés. Il contenait un code QR à scanner. Pour obtenir le nettoyage de son bureau, il faut désormais remplir un formulaire en ligne. Une démarche qui, avouons-le, n’est pas vraiment dans les habitudes.

La porte-parole de l’établissement, Rébecca Guénard-Chouinard, a fourni les explications officielles. Elle parle d’une « optique de saine gestion des fonds publics » et d’une « revue de pertinence ». L’idée, c’est de se questionner sur les façons de faire. Elle tient à préciser que cette mesure ne vise que les bureaux administratifs, ceux où aucun patient ne met les pieds. Les unités de soins, salles d’attente et espaces cliniques, eux, continuent d’être nettoyés quotidiennement, et c’est bien normal.

Les salles de bain, couloirs, lieux communs et salles à manger des étages administratifs sont aussi maintenus au même rythme de nettoyage, y compris les zones de tri pour le compostage. Le but avoué ? Réaliser des économies. Et pas des petites : le CHUM espère économiser environ 300 000 $ sur une période de quatre mois, d’ici le 31 mars 2026.

Du côté syndical, on n’est pas convaincu. Charles Sainte-Marie, président du Syndicat des employés du CHUM, parle d’un « effet de surprise » parmi les travailleurs qu’il représente. « On est quand même dans un centre hospitalier universitaire et tout ménage est important, peu importe l’endroit », lance-t-il. Il dénonce des « économies de bouts de chandelles » et raconte que dans certains bureaux, les employés doivent maintenant vider eux-mêmes leurs corbeilles à l’extérieur. Le syndicat rappelle aussi que le CHUM a récemment réduit la distribution de boîtes de mouchoirs et de serviettes hygiéniques. Un détail qui s’ajoute à un tableau déjà bien chargé.

La Mauricie, le Centre-du-Québec et Montréal suivent le mouvement

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Le phénomène ne se limite pas au CHUM. Un employé du CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec s’est également plaint. Là-bas, les corbeilles individuelles ont purement et simplement été retirées des bureaux administratifs. Les travailleurs doivent donc se déplacer vers les espaces communs – les corridors, les salles à manger ou les toilettes – pour jeter leurs déchets.

La direction du CIUSSS a confirmé cette révision des pratiques. Josiane Gagnon, la porte-parole, explique que ces secteurs communs font l’objet d’un entretien quotidien, ce qui est rassurant. Elle justifie le changement en évoquant « l’évolution des modes de travail » et indique que cette pratique « s’inspire de modèles déjà en place dans de grandes organisations ». Autre ajustement majeur : la fréquence du ménage des bureaux administratifs dans cette région est passée d’une fois toutes les deux semaines à une fois par mois.

À Montréal, c’est à l’Institut national de psychiatrie légale Philippe-Pinel que des coupes similaires ont lieu. Le ménage des bureaux administratifs, qui se faisait chaque semaine, est désormais effectué toutes les deux semaines. La direction parle, elle aussi, de « saine gestion financière » et d’« optimisation des ressources humaines ».

Le CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal a emboîté le pas avec la même fréquence de nettoyage bimensuelle. L’établissement assure respecter « les normes de prévention et de contrôle des infections, les exigences réglementaires et les meilleures pratiques du réseau ». On sent bien que la communication est rodée pour présenter ces décisions comme des ajustements responsables et nécessaires.

Conclusion : Une tendance générale ou des initiatives isolées ?

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Face à ces mesures qui se multiplient dans différents établissements, une question évidente se pose : y a-t-il eu un mot d’ordre général du ministère de la Santé, ou est-ce simplement une série de décisions locales prises sous la contrainte budgétaire ? Santé Québec, interrogé à ce sujet, n’a pas répondu aux questions de Radio-Canada. Le silence est parfois éloquent, vous ne trouvez pas ?

Cette absence de réponse laisse planer un doute. S’agit-il d’une stratégie coordonnée pour réaliser des économies à travers le réseau, ou chaque direction agit-elle de son propre chef face à des budgets serrés ? Dans le contexte des demandes de coupes dans le réseau de la santé, ces mesures sur le ménage semblent être les premières manifestations très concrètes et très visibles pour les employés.

En somme, ce sont des changements qui peuvent paraître anodins – une corbeille en moins, un nettoyage moins fréquent – mais qui symbolisent une pression financière croissante sur le système de santé. Pour les 1800 employés administratifs du CHUM et leurs collègues ailleurs, c’est une nouvelle réalité de travail. Ils doivent maintenant gérer leurs déchets différemment et planifier le nettoyage de leur espace. Une petite révolution du quotidien, en somme, motivée par la recherche de 300 000 $ d’économies ici, et probablement d’autres montants ailleurs. Une chose est sûre : quand on commence à couper dans le ménage, ça signifie que les comptes sont scrutés à la loupe.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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