Wab Kinew : une vision concrète pour soutenir le français au Manitoba
Mathieu Gagnon - 2025-12-22 10:08
credit : lemorning.ca (image IA)
Un entretien de fin d’année tourné vers l’action

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On ne va pas tourner autour du pot, les francophones du Manitoba ont une longue histoire de lutte. Une histoire qui remonte, pour ceux qui s’en souviennent, aux années Sterling Lyon. Ah, Sterling Lyon… premier ministre progressiste-conservateur de 1977 à 1981, une époque où les positions sur les questions linguistiques ont causé pas mal de remous, pour ne pas dire des vraies crises. C’est dans ce contexte, un peu chargé émotionnellement, que Wab Kinew, le premier ministre néo-démocrate, a accordé son entrevue de fin d’année à Radio-Canada.
Le fond de l’histoire, c’est le projet de créer un « Manitoba véritablement bilingue ». Après des consultations publiques, Kinew affirme voir dans la francophonie un levier, à la fois pour la province et pour le pays tout entier. Son discours, vous allez voir, c’est un mélange de gestes concrets à court terme et d’une vision à plus long terme. Le but est simple, en apparence : permettre aux francophones de vivre et de travailler pleinement en français ici, au Manitoba.
L’entrevue, menée par le journaliste Cédrick Noufélé, a été synthétisée pour être plus claire, mais l’intégralité sera bientôt disponible en vidéo. C’est important de le souligner, parce que le ton et les nuances comptent. Plusieurs questions posées faisaient directement écho aux revendications de la Société de la francophonie manitobaine, la SFM, notamment sur les services publics, l’immigration et la reconnaissance des institutions. Et puis, comme on s’en doute, la santé, ce sujet crucial, a aussi été abordée en long et en large.
Reconnaître le passé et bâtir l’avenir de la francophonie

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Alors, quand on lui demande comment il réagit à la frustration de certains francophones qui estiment devoir encore se battre pour leurs droits, sa réponse ne fait pas dans la dentelle. « Ça fait longtemps que les francophones ont dû lutter pour leurs droits ici au Manitoba », reconnaît-il d’emblée. Pour lui, l’objectif de son gouvernement est désormais clair comme de l’eau de roche : appuyer la communauté francophone. Il voit ce projet de bilinguisme comme une formidable occasion de faire avancer les choses, tous ensemble.
Et puis il y a cette idée, lancée par la SFM, de créer un protecteur du français. Kinew la trouve « intéressante », c’est le mot qu’il utilise. Il fait la différence avec le commissaire aux langues officielles au fédéral, qui intervient surtout en cas de crise. Un protecteur, selon lui, pourrait aller plus loin : ne pas seulement gérer des plaintes, mais aussi promouvoir activement la vitalité du français sur les plans culturel et social. « Je n’en ferai pas l’annonce aujourd’hui », précise-t-il prudemment, mais c’est une piste qu’ils « regardent sérieusement ». On sent qu’il ne veut pas promettre la lune, mais que l’idée chemine.
Mais concrètement, qu’est-ce qui se passe sur le terrain ? Eh bien, le gouvernement est en train d’analyser les consultations. Le rapport doit être partagé au printemps prochain. Ce que Kinew a entendu lors de ces consultations l’a poussé à une réflexion plus large, presque philosophique : qu’est-ce que la francophonie au Canada, hors Québec ? Qu’est-ce qu’elle représente dans l’Ouest canadien ? Il est persuadé qu’en répondant à ces questions, on a une chance en or de faire avancer la francophonie manitobaine et, en prime, de contribuer à l’unité canadienne. C’est ambitieux, mais ça a le mérite de poser le débat à un autre niveau.
Et il y a déjà des actions en cours, des trucs bien tangibles. L’ouverture prochaine d’un centre juridique à Saint-Boniface, par exemple. Des investissements dans la santé et l’éducation aussi. Mais Kinew insiste : ces gestes, aussi importants soient-ils, doivent s’inscrire dans une vision globale, une sorte de feuille de route cohérente. On ne peut pas se contenter de petites mesures éparpillées.
Santé, immigration et économie : les grands chantiers provinciaux

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Passons maintenant à un des points chauds de la discussion : le manque criant de personnel bilingue, surtout dans le secteur de la santé. Pour Kinew, la solution passe par deux leviers : le recrutement et l’immigration francophone. Il lâche un chiffre qui fait réfléchir : « Le Manitoba est prêt à accueillir davantage de francophones de la francophonie mondiale. » Il explique qu’on a besoin de ces gens-là partout : en santé, en éducation, dans les services de garde, dans le monde des affaires. Et il ajoute, un peu piquant : « J’ai eu des discussions récentes avec d’autres premiers ministres : certaines provinces ne souhaitent pas atteindre leurs cibles d’accueil francophone. Nous, au Manitoba, nous sommes prêts à faire notre part. » Ça, c’est un message clair.
Et pour les professionnels de la santé formés à l’étranger qui peinent à intégrer le système, il promet de faciliter les choses. « Oui », dit-il simplement. Son gouvernement a déjà pris des mesures pour alléger la paperasse bureaucratique, et il compte en faire davantage. L’objectif, c’est de permettre aux infirmières et aux médecins formés ailleurs d’intégrer plus facilement le système de santé manitobain. C’est un besoin urgent, tout le monde le sait.
Sur la question des délais aux urgences, qui restent un vrai casse-tête, il avance quelques pistes concrètes pour améliorer la situation d’ici 2026. Il parle de changements déjà visibles, comme l’accès à une carte santé numérique et aux consultations en ligne avec des médecins ou des infirmières. Le processus de modernisation est, selon lui, bien amorcé.
Et puis il y a les investissements lourds. En 2026, et c’est une date importante, les travaux préparatoires doivent commencer pour de nouvelles salles d’urgence à l’Hôpital Victoria, avec le début de la construction prévu juste après. C’est un projet structurant, qui montre qu’ils veulent attaquer le problème à la racine.
Au niveau économique, face aux tensions commerciales avec les États-Unis et la Chine, Kinew mise sur de grands projets structurants. L’idée, c’est de créer de l’emploi et de stimuler la croissance. Le gouvernement a un rôle à jouer, bien sûr, mais son objectif principal est d’attirer des investissements privés. Il cite deux noms : Brandon et Churchill. Ces deux villes sont au cœur de sa vision économique.
Churchill, justement, c’est un dossier qui lui tient à cœur. Il en parle avec passion : le port, le chemin de fer, les routes, et peut-être même des infrastructures liées au gaz naturel liquéfié. Il voit Churchill comme une future porte d’entrée stratégique pour les échanges avec l’Europe, le Nunavut et d’autres régions. « La situation est différente aujourd’hui », souligne-t-il, « le gouvernement fédéral est engagé, et il y a des discussions concrètes avec le secteur privé. » On sent un vrai vent d’optimisme sur ce dossier-là.
Réconcilier développement, environnement et communautés autochtones

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Évidemment, des projets comme celui de Churchill soulèvent des questions environnementales et des attentes de la part des communautés autochtones. Kinew ne les esquive pas. « Il y aura toujours des défis », admet-il avec réalisme. Son approche, il la décrit ainsi : travailler avec les communautés, mener des études environnementales rigoureuses et avancer étape par étape. Pour lui, il ne s’agit pas de choisir entre développement et protection, mais de faire les deux en même temps. Protéger l’environnement tout en poursuivant les opportunités économiques pour la province. C’est un équilibre délicat, mais il semble confiant dans la méthode.
Conclusion : Un message simple et un engagement renouvelé

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Alors, pour conclure cette longue discussion, quel message souhaite-t-il adresser aux francophones du Manitoba ? Sa réponse est courte, directe, et elle résume peut-être toute sa pensée : « Vive la francophonie manitobaine. » C’est simple, c’est percutant, et ça sonne comme un engagement.
Ce qui ressort de cet entretien, c’est l’impression d’un premier ministre qui a conscience du passé conflictuel, qui reconnaît les frustrations actuelles, mais qui essaie de construire une voie pragmatique vers l’avenir. Entre l’analyse des consultations sur le bilinguisme, les projets concrets à Saint-Boniface, les promesses sur la santé et l’immigration, et la vision économique autour de Churchill, il y a une tentative de réponse à plusieurs niveaux.
Reste à voir comment tout cela se traduira dans les faits, dans les mois et les années à venir. Le printemps prochain, avec la publication du rapport sur les consultations, donnera sans doute une première indication de la direction que prendra ce « Manitoba véritablement bilingue » dont parle Wab Kinew. En attendant, le message est lancé : la francophonie manitobaine a un allié à la tête de la province, et il compte bien le prouver par des actions.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.