Le réseau hospitalier sous forte pression, le pic grippal n’est même pas encore là

Le réseau hospitalier sous forte pression, le pic grippal n’est même pas encore là credit : lemorning.ca (image IA)

Un pic précoce et des urgences déjà saturées

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Les salles d’urgence de la province débordent déjà, et le plus fort de l’épidémie de grippe n’est même pas encore arrivé. C’est un constat assez inquiétant, vous ne trouvez pas ? Le Dr Antonio D’Angelo, chef médical du Département de pédiatrie d’urgence du CHU Sainte-Justine, à Montréal, l’admet : c’est généralement très occupé à cette période de l’année, mais cette fois, la grippe est venue plus hâtivement. Il faut s’attendre au pire, car il prévoit que le pic de contamination sera atteint juste après Noël, les 25 ou 26 décembre, à un moment où le réseau de la santé est déjà à bout de souffle.

Et les chiffres parlent d’eux-mêmes. Dimanche soir, les taux d’occupation étaient alarmants. Dans le Grand Montréal, l’Hôpital général juif affichait un taux de 202 %, celui de Saint-Jérôme 200 %, et le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) 191 %. Ce n’est pas beaucoup mieux ailleurs : à l’Hôtel-Dieu de Lévis, on en était à 149 %, à Drummondville 142 %. C’est simple, plusieurs régions comme Montréal, le Centre-du-Québec et la Capitale-Nationale sont durement touchées.

Les chiffres de la crise et un appel urgent au civisme

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Le Dr Gilbert Boucher, président de l’Association des spécialistes en médecine d’urgence du Québec, a un message clair et plutôt direct pour la population. Actuellement, près d’un patient sur cinq quitte l’urgence sans avoir vu un médecin. Imaginez un peu la situation. C’est pour ça qu’il lance un véritable appel : « si vous pensez avoir l’influenza, s’il vous plaît, ne venez pas dans nos salles d’urgence ». Sa raison est double : vous prendriez la place d’une personne âgée qui a peut-être un problème plus grave, et en plus, vous risqueriez d’infecter d’autres patients dans la salle d’attente. Un vrai casse-tête.

Les données de la semaine dernière du Laboratoire de santé publique du Québec sont éloquentes : environ 3500 cas d’influenza ont été rapportés dans la province. Pire encore, 26 % des tests effectués pour la grippe A, de la souche H3N2, sont positifs dans la population générale. C’est énorme. Et ce sont surtout les enfants de 5 à 17 ans qui propagent le virus, selon les observations de la santé publique. Souvent, les parents, inquiets, se ruent aux urgences au lieu de consulter un médecin de famille ou de simplement laisser l’enfant se reposer à la maison.

Grippe, rougeole et personnes âgées : un cocktail explosif

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Le Dr D’Angelo tente de rassurer un peu les parents. Dans la plupart des cas de grippe, la fièvre dure entre cinq et sept jours et les enfants s’en sortent bien. Il ne faut se rendre à l’urgence qu’en cas de signes graves : déshydratation, détresse respiratoire, ou si un bébé de moins de 3 mois a de la fièvre. Mais voilà, la situation est aggravée par autre chose. À l’heure actuelle, au moins sept cas de rougeole ont été rapportés au Québec, dont deux au CHU Sainte-Justine. Ça veut dire que des patients contagieux pourraient se trouver dans les salles d’attente… un risque supplémentaire qu’il vaut mieux éviter.

Et puis il y a nos aînés. Eux aussi sont frappés de plein fouet par la virulence de la grippe cette année. Élyse Berger Pelletier, urgentologue à l’Hôtel-Dieu de Lévis, donne une image glaçante de la réalité : « Autant dans la salle d’attente que sur civière, c’est presque un patient sur deux qui se présente avec de la forte fièvre et des symptômes de la grippe ». Elle ajoute, le cœur lourd, qu’il s’agit surtout de personnes très âgées, « terrassées par la fièvre », qui n’ont tout simplement plus d’autre choix que de venir à l’hôpital.

Conseils de la santé publique et situation à l’échelle nationale

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Avec les fêtes de fin d’année qui approchent, la crainte d’une explosion des cas est réelle. La Dre Caroline Quach, directrice nationale de la santé publique, rappelle donc l’importance de la prudence. Il faut surveiller ses symptômes avant un rassemblement, privilégier une clinique pour consulter, ou appeler le 811 pour des conseils d’infirmière. Elle donne aussi un conseil précieux : « Là où l’on s’inquiète un peu plus, c’est quand la fièvre passe et qu’au bout de deux ou trois jours, elle reprend ». Ça peut être le signe d’une surinfection bactérienne nécessitant des antibiotiques. C’est à ce moment-là, souvent, qu’une consultation médicale devient vraiment nécessaire.

Et le Québec n’est pas seul dans cette galère. À l’échelle du Canada, le pourcentage de tests positifs à la grippe était de 27,7 % la semaine passée, un taux qui se rapproche du plus haut des trois dernières saisons, note Santé Canada. En Colombie-Britannique et en Saskatchewan, les autorités s’inquiètent aussi de la faible couverture vaccinale. Même si le vaccin est moins efficace cette année, il évite tout de même des complications graves chez les personnes à risque. Bonne nouvelle ? Seuls les Territoires du Nord-Ouest, le Nunavut et Terre-Neuve-et-Labrador sont épargnés pour le moment. Pour le reste du pays, c’est la tempête.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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