L’ANASE tente de négocier la paix entre la Thaïlande et le Cambodge
Adam David - 2025-12-22 10:06
credit : lemorning.ca (image IA)
Une rencontre cruciale sous l’égide de l’ANASE

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C’est un lundi chargé, et peut-être décisif, pour les ministres des Affaires étrangères de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE). Ils se sont réunis ce jour-là pour une session spéciale, un peu dans l’urgence je pense, avec un objectif clair : arrêter la spirale des combats entre la Thaïlande et le Cambodge, deux de leurs membres historiques. C’est un drame humain terrible, vraiment. Les bilans officiels, je trouve que les chiffres donnent toujours froid dans le dos, font état d’au moins 41 morts depuis que les violences ont repris en décembre dernier. Et ce n’est pas tout : plus de 900 000 personnes, des familles entières, ont été obligées de fuir leurs maisons de part et d’autre de la frontière. On parle de villages entiers qui se vident, c’est une véritable catastrophe humanitaire qui se joue là-bas. Et tout ça pour quoi ? Pour des bouts de territoire qui traînent depuis l’époque coloniale, une frontière de 800 kilomètres mal définie et quelques temples anciens en ruines. La Malaisie, qui assure la présidence tournante de l’ANASE cette année, porte une lourde responsabilité sur ses épaules. Son but avoué est la mise en place d’un cessez-le-feu durable. Pas juste une trêve de quelques jours, mais quelque chose de solide. Le ministre malaisien des Affaires étrangères, Mohamad Hasan, a ouvert la réunion avec des mots forts. Il a averti qu’il fallait « prendre en compte les répercussions plus larges d’une escalade continue pour les populations que nous servons ». Un peu comme un rappel à l’ordre, vous voyez ?
Les positions de chaque camp et la lourde tâche de la médiation

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Alors, vous imaginez bien que l’atmosphère n’est pas à la franche rigolade. Chaque camp se renvoie la balle, pointant du doigt l’autre comme l’agresseur. C’est classique dans ce genre de conflits, malheureusement. Ils invoquent tous les deux la légitime défense et s’accusent mutuellement d’attaques contre des civils. C’est un cercle vicieux dont il est difficile de sortir. Malgré tout, dimanche, juste avant la réunion, les deux pays ont déclaré qu’ils voyaient cette rencontre en Malaisie comme une « occasion importante » pour apaiser les tensions. Maratee Nalita Andamo, la porte-parole du ministère thaïlandais, a été assez claire. Elle a réitéré les conditions de Bangkok : Phnom Penh doit d’abord annoncer un cessez-le-feu et coopérer aux efforts de déminage à la frontière. Par contre – et c’est là que ça se corse – le gouvernement thaïlandais n’a pas donné de garantie sur l’issue des pourparlers. Ils ont même déclaré dans un communiqué qu’un cessez-le-feu ne pouvait être obtenu que s’il reposait « principalement sur l’évaluation de la situation sur le terrain par l’armée thaïlandaise ». En gros, ce sont les militaires sur place qui décideront. De l’autre côté, le Cambodge a une position plus diplomatique sur le papier. Son ministère des Affaires étrangères a dit vouloir apaiser les tensions et rétablir la paix et les bonnes relations. Ils ont réaffirmé leur « position ferme » de tout résoudre par des moyens pacifiques, le dialogue et la diplomatie. C’est beau sur le principe, mais sur le terrain, les canons parlent encore. Et il ne faut pas oublier que cette reprise des combats a brisé une trêve qui venait à peine d’être conclue en juillet, après cinq jours de combats qui avaient fait 43 morts. C’était il y a quelques mois seulement. C’est un échec cuisant pour ceux qui avaient cru à la paix à ce moment-là.
Le premier ministre malaisien, Anwar Ibrahim, s’est dit « prudemment optimiste » la semaine dernière. « Notre devoir est de présenter les faits, mais, plus important encore, de leur rappeler qu’ils doivent assurer la paix », avait-il déclaré. C’est un peu le rôle de l’ANASE, finalement : rappeler à l’ordre ses membres et faire office de médiateur impartial. Une tâche titanesque quand les nationalismes s’enflamment.
Les pressions internationales et un précédent accord avorté

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La communauté internationale, elle, a les yeux braqués sur cette réunion. Et elle n’est pas restée les bras croisés. Washington, Pékin, l’Union européenne, les Nations unies et bien sûr la présidence malaisienne de l’ANASE ont tous appelé à une cessation des hostilités. C’est un front commun assez rare, je dois dire. Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a même dit vendredi qu’il espérait que les deux pays rétabliraient la trêve d’ici lundi ou mardi. Il sent bien que les efforts diplomatiques s’accélèrent. La Chine, de son côté, a dépêché la semaine dernière son envoyé spécial pour les affaires asiatiques dans les deux capitales, Phnom Penh et Bangkok, pour tenter une médiation directe. Pékin a un poids énorme dans la région, son rôle est donc crucial.
Et puis il y a cette histoire qui montre à quel tout ça est fragile. Fin octobre, l’ancien président américain Donald Trump avait assuré, avec sa manière bien à lui, avoir « résolu » le conflit. Il avait même présidé à la signature d’un accord de cessez-le-feu. Mais voilà, l’euphorie a été de courte durée. Bangkok a suspendu cet accord peu de temps après. Ce précédent laisse un goût amer et montre que les déclarations triomphales ne suffisent pas. Il faut un engagement réel et une volonté politique des deux côtés de la frontière. Un accord sur le papier, c’est une chose. Le faire respecter sur le terrain, avec des soldats nerveux et des territoires disputés depuis des décennies, c’en est une autre.
Conclusion : Une paix fragile sur fond de vieilles querelles

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Alors, où en est-on ? Les diplomates de l’ANASE plaident pour la raison. Ils essaient de faire baisser la pression dans cette salle de réunion en Malaisie. Mais en face, sur le terrain, ce sont des militaires qui tiennent des positions, et des centaines de milliers de civils qui vivent dans la peur et l’exil. Le cœur du problème, on l’a dit, est ancien. C’est un différend territorial lié à une frontière mal tracée il y a très longtemps, à l’ère coloniale, et à la possession de quelques temples anciens en ruine sur la ligne de démarcation. Des pierres et de la terre qui coûtent désormais des vies humaines.
Est-ce que cette réunion spéciale va changer la donne ? C’est la grande question. L’optimisme prudent du premier ministre malaisien est peut-être la seule attitude réaliste. Les deux parties ont accepté de venir parler, c’est déjà ça. Elles reconnaissent que l’occasion est importante. Mais entre les déclarations de bonne intention et la signature d’un cessez-le-feu qui tienne, il y a un fossé énorme, rempli de méfiance et d’histoire douloureuse. La balle est désormais dans le camp des ministres réunis. Leur réussite ou leur échec se mesurera très concrètement : au silence des armes et au retour des familles déplacées chez elles. En attendant, le monde regarde et espère, sans trop y croire parfois, que la raison l’emporte.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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