Mark Carney, après une année 2025 en or, trois nuages à l’horizon pour 2026

Mark Carney, après une année 2025 en or, trois nuages à l’horizon pour 2026 credit : lemorning.ca (image IA)

Une année triomphale, mais des défis se profilent

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Mark Carney a eu une année 2025 comme on en fait des légendes, c’est le moins qu’on puisse dire. Il a littéralement tout remporté sur son passage. D’abord, il a hérité de la chefferie du Parti libéral en mars, sans avoir à se salir les mains pour pousser Justin Trudeau vers la sortie. Un cadeau tombé du ciel, en quelque sorte.

Ensuite, il a réussi l’exploit de rattraper un retard de 20 points de pourcentage sur les conservateurs pour remporter les élections générales un mois et demi plus tard. C’est énorme. Pour un homme qui était un quasi-inconnu du grand public quelques mois auparavant, c’est un véritable tour de force.

Et pour couronner le tout, il a conclu l’année avec un coup de maître : deux députés conservateurs ont changé de camp pour le rejoindre. Maintenant, il est à un cheveu d’obtenir la majorité à la Chambre des communes.

Mais voilà, après une telle réussite, on se demande tous la même chose : est-ce que ce vent favorable qui l’a porté va continuer de souffler en 2026 ? La réponse n’est pas évidente. Des nuages, et pas des petits, se forment à l’horizon. Je vous présente les trois principaux obstacles qui pourraient semer la tempête.

Premier défi : la colère verte et la fissure libérale

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Le premier gros problème pour Carney, c’est son virage à 180 degrés sur l’environnement. C’est un peu le serpent qui se mord la queue. Imaginez : Mark Carney était l’émissaire de l’ONU pour la finance climatique. On l’a élu, en grande partie, en pensant qu’il continuerait sur la lancée de Justin Trudeau en matière de lutte contre les changements climatiques.

Et puis patatras. Il signe un accord avec l’Alberta qui ouvre non seulement la porte à un nouveau pipeline, mais qui balaie aussi d’un revers de main des années de règlements environnementaux mis en place par son prédécesseur. Dans les milieux écologistes, on ne parle plus de simple revirement, on parle carrément de trahison. Vous saisissez la nuance ? C’est fort.

Cette entente, négociée en petit comité par des conseillers qui, apparemment, n’avaient pas bien saisi les impacts sur les émissions de gaz à effet de serre, a fait exploser une bombe dans son propre parti. Steven Guilbeault a quitté le cabinet en novembre dernier. D’autres députés, comme le très à gauche Nathaniel Erskine-Smith, ont avoué être « mal à l’aise » publiquement.

Un caucus d’une vingtaine de députés libéraux s’est formé depuis l’automne pour tenter de sauver ce qu’il reste de la politique climatique. Si Carney fait d’autres concessions, cette fracture pourrait devenir béante et rendre son gouvernement ingérable. Pire, son image d’écolo est écornée. Les électeurs progressistes qui ont voté pour lui en 2025 pourraient bien lui retirer leur confiance la prochaine fois. Il pourrait alors perdre des appuis au profit des néo-démocrates en Colombie-Britannique et du Bloc Québécois. Pour l’instant, les sondages ne le montrent pas, mais ça, c’est aujourd’hui.

Deuxième bourrasque : l’ours américain et le bras de fer commercial

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Le deuxième gros morceau, c’est Donald Trump. L’accord de libre-échange nord-américain, l’ACEUM, doit être revu en 2026. Et cette fois, ça ne rigole pas du tout.

Rappelez-vous, lors de la dernière renégociation en 2017-2018, Justin Trudeau avait réussi à s’en sortir sans trop de dégâts. Mais là, Trump a clairement dit qu’il voulait une victoire des États-Unis. Son principal négociateur, Jamieson Greer, a même suggéré la semaine dernière que les Américains pourraient couper la poire en deux et négocier des accords séparés avec le Canada et le Mexique. La stratégie classique : diviser pour mieux régner.

Le système de gestion de l’offre en agriculture est dans le collimateur. Depuis des mois, Carney et son équipe, dont l’ambassadrice Kirsten Hillman, se tuent à la tâche pour essayer de faire lever les tarifs douaniers sur l’acier, l’aluminium, le bois d’œuvre et l’automobile. Rien à faire. Malgré les mots doux du premier ministre et leurs échanges par texto, pour l’instant, c’est « fait chou blanc », comme on dit. Zéro résultat.

Mark Carney s’est vendu comme le gars capable de tenir tête à Washington. Si la négociation devient encore plus ardue en 2026, et que l’impatience monte chez les Canadiens qui veulent voir des résultats, un mauvais accord pourrait lui coûter très cher en crédibilité. C’est un équilibre délicat.

Troisième menace : l’unité canadienne qui se fissure

Le troisième nuage, c’est le retour des querelles fédérales-provinciales. Étonnamment, l’arrivée de Trump à la Maison-Blanche avait créé un front commun entre les provinces. Tout le monde s’était serré les coudes. Elles avaient même aboli les barrières commerciales entre elles et, surtout, elles avaient épargné Carney de leurs critiques habituelles.

Carney avait réussi à se faire des amis chez ses adversaires : Doug Ford l’a invité à son chalet, François Legault a loué ses priorités économiques, et Danielle Smith a été séduite… mais il a fallu lui signer un accord juteux pour ça, bien sûr.

Seulement voilà, cette belle entente commence à s’effriter. Danielle Smith et son homologue de Colombie-Britannique, David Eby, sont désormais à couteaux tirés à propos d’un éventuel pipeline. Et début décembre, François Legault a violemment attaqué le choix de Marc Miller comme ministre de la Culture, le qualifiant de « honte » et l’accusant de dire des « conneries ». Alors qu’une année électorale commence au Québec, Legault ne se gênera probablement pas pour taper sur Ottawa pour marquer des points.

Si cette lune de miel se termine et que les velléités indépendantistes en Alberta et au Québec reprennent du poil de la bête, Carney va devoir consacrer une énergie folle à maintenir l’unité du pays, une distraction coûteuse.

Conclusion : malgré tout, une lueur d’espoir demeure

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Bon, malgré ces trois gros problèmes qui pointent le bout de leur nez, il ne faut pas enterrer Mark Carney trop vite. Il a montré une sacrée capacité d’adaptation et de résilience. D’ailleurs, il pourrait bien remporter une nouvelle victoire symbolique avant même la fin janvier.

On parle de l’arrivée potentielle d’un troisième député conservateur dans ses rangs. Si ça se produit, la composition de la Chambre serait complètement chamboulée et lui offrirait une majorité, même courte. Ça lui donnerait les coudées plus franches pour gouverner et tenter de mettre en œuvre sa vision pour le pays.

Alors, le vent va-t-il tourner en 2026 ? C’est fort possible. Les reculs environnementaux, les négociations périlleuses avec Trump et le réveil des chicanes provinciales sont des tempêtes parfaites. Mais Carney a déjà surmonté des obstacles improbables. L’étoile qui l’a guidé en 2025 brille peut-être encore, mais elle devra traverser des nuages épais. L’année 2026 s’annonce, en tout cas, beaucoup moins tranquille.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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