La protéine ACE2, un espoir contre l’hypertension et le diabète
Mathieu Gagnon - 2025-12-20 10:57
credit : lemorning.ca (image IA)
Un tableau de santé en temps réel

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Vous savez, le corps humain est un sacré mécanisme. Et il nous envoie des signaux, si on sait les lire. Les protéines qui flottent dans notre sang, par exemple, elles sont un peu comme un bulletin de santé en direct. À l’inverse de notre ADN, qui est un bagage fixe depuis la naissance, ces protéines racontent ce qui se passe là, maintenant : comment on utilise l’énergie, comment une maladie peut être en train de se développer.
C’est un peu le sujet d’une étude importante publiée fin 2025 dans une revue scientifique de cardiologie. Menée par une équipe britannique du MRC Laboratory of Medical Sciences (LMS), avec à sa tête une chercheuse nommée Dr. Kathryn McGurk, cette recherche s’est intéressée à un groupe spécifique de protéines. Leur objectif ? Comprendre comment ces protéines, déjà liées aux maladies cardiaques par la génétique, pouvaient dessiner une image plus claire des risques.
« Pour prédire, classer et surtout empêcher les gens de développer des maladies cardiaques, nous avons besoin de nouveaux biomarqueurs et de nouvelles cibles pour les traitements », explique Kathryn McGurk. L’idée était de voir si ces protéines pouvaient être utilisées dans des tests sanguins en clinique. Pour y parvenir, ils ont analysé neuf protéines clés dans plus de 45 000 échantillons de sang provenant de la UK Biobank. Parmi elles, il y avait l’ACE2, mais aussi des marqueurs cardiaques connus comme le BNP, le NT‐proBNP et la troponine I.
ACE2 : Un rôle protecteur contre deux maladies très courantes

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Les résultats de cette analyse colossale ont montré quelque chose de surprenant. Les niveaux de la protéine ACE2 étaient augmentés chez les personnes ayant un diagnostic d’hypertension artérielle ou de diabète, deux facteurs de risque majeurs pour le cœur. Cet effet était particulièrement marqué chez les femmes. Et ça ne serait pas juste une coïncidence.
L’équipe a utilisé une méthode d’analyse génétique complexe, la randomisation mendélienne à deux échantillons. Grâce à cela, ils ont trouvé des preuves que ces niveaux plus élevés d’ACE2 pourraient en réalité tenter de protéger l’organisme contre l’hypertension et le diabète de type 2. Ce n’est pas le corps qui aggrave le problème, c’est peut-être son système de défense qui se met en marche.
Vous vous souvenez sûrement de l’ACE2… c’était un peu le nom à la mode pendant la pandémie de COVID‑19. C’est en effet la protéine que le virus utilise comme une porte d’entrée dans nos cellules. Mais son vrai rôle dans notre corps est tout autre. Elle a une fonction de régulation capitale : elle dégrade l’angiotensine II, une substance qui resserre les vaisseaux sanguins et fait grimper la pression. À l’inverse, l’ACE2 produit des composés qui aident à relâcher les vaisseaux.
Donc, si on résume, quand une personne fait de l’hypertension, son niveau d’ACE2 monte. Peut-être pour compenser, pour essayer de détendre ces vaisseaux trop contractés et contrebalancer les hormones qui font monter la pression.
Des conséquences potentielles sur les traitements

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Ce que cette découverte suggère est très prometteur. L’ACE2 pourrait devenir un nouveau biomarqueur – un indicateur mesurable – pour ces maladies très répandues. Mais ce n’est pas tout. Ça pourrait aussi changer la façon dont on utilise certains médicaments existants.
Pensez aux inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC). Ce sont des médicaments très prescrits contre l’hypertension. Ils fonctionnent en bloquant l’action de la protéine ACE1, qui est, elle, responsable de la production de l’angiotensine II qui resserre les vaisseaux. Alors que l’ACE2, elle, fait le travail inverse.
L’étude laisse donc entendre que l’équilibre ACE2:ACE1 pourrait jouer un rôle dans l’efficacité de ces fameux inhibiteurs. Par exemple, des personnes qui ont naturellement des niveaux d’ACE2 modifiés pourraient mieux répondre à certains IEC que d’autres. À terme, on pourrait imaginer des traitements plus personnalisés, adaptés au taux d’ACE2 dans le sang du patient.
La piste thérapeutique va même plus loin : et si on augmentait directement l’activité de l’ACE2, ou si on mimait ses effets ? Cela pourrait ouvrir la voie à de nouveaux traitements pour l’hypertension et le diabète. D’ailleurs, des études précliniques sur la metformine, un médicament courant contre le diabète, avaient déjà montré qu’elle augmentait l’expression de l’ACE2. C’est peut-être une partie de son mode d’action.
Conclusion : Une science de la découverte qui change la donne

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Cette recherche est un bel exemple de ce qu’on appelle la science des données de découverte. Elle permet non seulement de trouver de nouveaux marqueurs et de nouvelles thérapies, mais aussi de modifier notre compréhension des traitements actuels. On voit mieux qui pourrait en bénéficier le plus.
« Le secret de ce travail, c’est la collaboration interdisciplinaire », souligne Kathryn McGurk, en rendant hommage à ses jeunes collègues chercheurs. C’est en croisant les compétences et les regards qu’on arrive à ces découvertes.
L’étude, intitulée « Circulating Cardiovascular Proteomic Associations With Genetics and Disease » et publiée dans la revue Circulation: Genomic and Precision Medicine (DOI : 10.1161/circgen.124.005005), a été éditée par Andrew Zinin, qui en était le rédacteur en chef. Le chemin est encore long avant des applications concrètes, mais ces travaux ouvrent une porte intéressante. Ils nous rappellent que notre corps est souvent plus ingénieux qu’on ne le pense, et que comprendre ses mécanismes de défense naturels est peut-être la clé pour mieux soigner demain.
Selon la source : medicalxpress.com
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.