Découverte majeure : La protéine ACE2, une alliée contre l’hypertension et le diabète ?
Simon Kabbaj - 2025-12-20 11:03
credit : lemorning.ca (image IA)
Des protéines comme cartes de santé en temps réel

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Vous savez, on entend souvent parler de tests génétiques pour évaluer les risques de maladie. C’est comme lire un livre d’instruction qui nous est donné à la naissance et qui ne change pas. Mais ce qui circule dans notre sang, les protéines, raconte une toute autre histoire. C’est plus comme regarder un bulletin météo en direct de notre organisme. Ces protéines peuvent révéler comment on traite l’énergie, comment une maladie se développe… C’est une image vivante de notre santé.
Une étude très sérieuse, publiée fin 2025 dans la revue Circulation: Genomic and Precision Medicine, vient justement d’apporter un éclairage nouveau sur le sujet. Dirigée par la Dre Kathryn McGurk, cette recherche s’est penchée sur les liens entre certaines protéines sanguines, les facteurs de risque cardiovasculaires et l’apparition de maladies.
L’objectif était clair, comme l’explique Kathryn : « Pour vraiment prédire, classer et empêcher les gens de développer une maladie cardiaque, il nous faut de nouveaux biomarqueurs et de nouvelles cibles pour les traitements. » L’idée était de voir si l’étude des protéines déjà liées aux maladies cardiaques par la génétique pouvait dessiner un portrait encore plus précis du risque, et si on pourrait un jour les doser dans des tests sanguins de routine.
Une enquête colossale : 45 000 échantillons et neuf protéines clés

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Pour mener à bien cette enquête, l’équipe a analysé pas moins de neuf protéines clés dans plus de 45 000 échantillons de sang provenant de la célèbre UK Biobank. Parmi ces protéines, on retrouvait des noms qui peuvent vous parler, comme la BNP, la NT‐proBNP ou la troponine I, toutes impliquées dans le fonctionnement du cœur. Et bien sûr, une protéine qui a fait beaucoup parler d’elle récemment : l’ACE2.
Leurs premières observations n’ont rien de très surprenant, mais confirment la complexité du vivant : les niveaux de ces protéines varient énormément d’une personne à l’autre. L’âge, le sexe, l’origine ancestrale, la génétique, mais aussi le mode de vie et les médicaments pris… tout cela influence ce que l’on peut lire dans le sang. C’est d’ailleurs ce qui rend la recherche si délicate, mais aussi si intéressante.
La star de l’étude : ACE2, une protectrice méconnue

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C’est là que les choses deviennent passionnantes. L’équipe a découvert que les niveaux de la protéine ACE2 étaient augmentés chez les personnes ayant un diagnostic d’hypertension artérielle ou de diabète. Or, ce sont deux facteurs de risque majeurs pour les maladies cardiaques. Et cette augmentation était particulièrement marquée chez les femmes, et semblait influencée par des variations génétiques liées au diabète.
Mais attendez, ne sautez pas aux conclusions ! On pourrait penser que cette augmentation est un mauvais signe, une conséquence de la maladie. Pourtant, en utilisant une méthode d’analyse génétique sophistiquée appelée randomisation mendélienne à deux échantillons, les chercheurs ont trouvé des indices suggérant que c’est tout le contraire. Ces niveaux plus élevés d’ACE2 pourraient bien être une réaction de protection de l’organisme contre l’hypertension et le diabète de type 2.
L’ACE2, vous vous en souvenez peut-être, a été sous les projecteurs pendant la pandémie de COVID-19. C’est la protéine qui sert de porte d’entrée au virus dans nos cellules. Mais son vrai rôle dans notre corps est tout autre. En fait, l’ACE2 a une fonction très bénéfique : elle dégrade l’angiotensine II, une substance qui resserre les vaisseaux sanguins, et elle produit à la place des composés qui les relâchent. Du coup, cette élévation du taux d’ACE2 observée chez les personnes hypertendues pourrait être une sorte de mécanisme compensatoire. Comme si le corps, face à des vaisseaux trop tendus, augmentait la production de son propre « relaxant » naturel pour contrebalancer le problème.
Vu que l’hypertension et le diabète touchent des millions de personnes dans le monde, identifier l’ACE2 comme un nouveau biomarqueur – et une cible thérapeutique encore peu explorée – pourrait avoir des implications énormes. Elle semble avoir un effet protecteur sur le système cardiovasculaire, en aidant à détendre les vaisseaux et en luttant contre l’action des hormones qui font monter la tension.
Quelles conséquences pour nos traitements ? Un pas vers la médecine personnalisée

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Ces découvertes nous amènent à reconsidérer des traitements que l’on connaît bien. Les inhibiteurs de l’ECA (ACE) sont des médicaments courants contre l’hypertension. Ils agissent en bloquant l’action de la protéine ACE1. Et justement, l’ACE1, c’est un peu l’ennemie de l’ACE2 : elle fabrique l’angiotensine II, la substance qui resserre les vaisseaux.
Alors, on se pose des questions. Ces travaux pourraient influencer la façon dont on utilise ces médicaments et pour quels patients. Il est fort probable que l’équilibre entre l’ACE2 et l’ACE1 joue un rôle dans l’efficacité des inhibiteurs de l’ECA. Imaginez : une personne qui a naturellement des niveaux d’ACE2 modifiés pourrait être mieux « adaptée » à un certain type de traitement. On pourrait ainsi imaginer des traitements plus personnalisés, basés sur le dosage simple de l’ACE2 dans le sang.
La recherche future va maintenant explorer une piste enthousiasmante : est-ce qu’augmenter l’activité de l’ACE2, ou imiter ses effets, pourrait améliorer le traitement de l’hypertension et du diabète ? D’ailleurs, des études précliniques antérieures sur un médicament anti-diabétique très courant, la métformine, ont montré qu’il augmentait justement l’expression de l’ACE2. C’est peut-être une partie du secret de son efficacité !
Kathryn McGurk résume bien l’esprit de cette recherche : « Ce travail montre comment la science des données de découverte peut trouver de nouveaux biomarqueurs et thérapies, mais aussi changer notre compréhension des traitements actuels et des patients qui peuvent en bénéficier le plus. La clé, c’est la collaboration interdisciplinaire. »
Conclusion : Une nouvelle pièce dans le grand puzzle de la santé cardiovasculaire

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Alors, que faut-il retenir de tout cela ? Cette étude, menée sur une échelle gigantesque, met en lumière le rôle potentiellement protecteur et compensateur de la protéine ACE2 dans l’hypertension et le diabète, particulièrement chez les femmes. Loin d’être seulement une « porte d’entrée » pour le virus, cette protéine apparaît comme un régulateur clé de notre tension artérielle.
Ces résultats ouvrent des perspectives concrètes : l’ACE2 pourrait devenir un biomarqueur précieux pour évaluer le risque cardiovasculaire et, surtout, une nouvelle cible thérapeutique. Ils nous invitent également à réfléchir à une utilisation plus fine des médicaments existants, comme les inhibiteurs de l’ECA, en fonction du profil biologique unique de chaque patient. C’est un bel exemple de comment la recherche fondamentale, en décryptant les mécanismes complexes de notre corps, peut pointer vers des applications médicales plus personnalisées et plus efficaces pour demain.
Pour ceux qui veulent aller plus loin dans les détails techniques, l’étude complète est disponible sous la référence : Kathryn A. McGurk et al, Circulating Cardiovascular Proteomic Associations With Genetics and Disease, Circulation: Genomic and Precision Medicine (2025). DOI: 10.1161/circgen.124.005005.
Selon la source : medicalxpress.com
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.