Une vaste étude met fin au débat sur l’alimentation des patients atteints de cancer

Une vaste étude met fin au débat sur l’alimentation des patients atteints de cancer credit : lemorning.ca (image IA)

Un vieux débat médical enfin tranché

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Pendant des décennies, ça a été une sorte de mantra dans les services d’hématologie : si vous êtes traité pour un cancer du sang, vous devez absolument éviter les fruits et légumes crus, les produits laitiers non pasteurisés et les viandes mal cuites. C’est ce qu’on appelle le régime neutropénique, et il était sensé protéger les patients dont les défenses immunitaires sont au plus bas. Mais récemment, certains médecins se sont demandé si cette restriction n’était pas un peu trop sévère, voire contre-productive.

Ils se disaient qu’un régime plus souple pourrait peut-être améliorer le plaisir de manger et l’état nutritionnel des malades, sans forcément augmenter les risques. Un vrai dilemme entre sécurité et qualité de vie.

Eh bien, une étude de l’Université de Floride, publiée le 19 décembre 2025, vient de mettre un point final à cette question. Et les résultats sont clairs : le régime restrictif reste bel et bien le plus sûr pour éviter des infections graves pendant les traitements intensifs comme la chimiothérapie ou la greffe de cellules souches.

Le cœur de l’étude : une comparaison rigoureuse entre deux régimes

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Pour trancher une bonne fois pour toutes, les chercheurs ont mené ce qu’on appelle un essai randomisé de phase III, considéré comme l’étalon-or de la recherche clinique. Plus de 200 patients hospitalisés pour des cancers du sang ont été répartis au hasard en deux groupes. Le premier suivait le régime neutropénique traditionnel. Le deuxième, un régime « libéral », était encouragé à consommer au moins une portion de fruits et/ou légumes frais par jour, et pouvait aussi manger du yaourt pasteurisé.

L’équipe, dirigée par le Pr John Wingard et le Pr Ji-Hyun Lee, a tout mesuré avec une précision rare : tout ce que les patients mangeaient et buvaient à l’hôpital, les compléments alimentaires, et même la nourriture apportée de l’extérieur. Wendy Dahl, professeure en sciences nutritionnelles, a supervisé ces évaluations.

Pour gérer cette montagne de données, l’équipe a même développé une plateforme web innovante, permettant de vérifier les informations en temps réel. C’est Derek Li, un étudiant en doctorat, qui a aidé à repérer les tendances et les données manquantes. Cette rigueur est cruciale pour des résultats fiables.

Des résultats sans appel et un arrêt prématuré de l’essai

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Les résultats ont été si nets que les chercheurs ont dû arrêter l’étude plus tôt que prévu, par souci de sécurité pour les patients. C’est une décision importante, qui montre à quel point l’écart entre les deux groupes était significatif.

Il s’est avéré que les patients suivant le régime libéral, avec des fruits et légumes frais, avaient un risque plus élevé de développer une infection majeure que ceux au régime neutropénique. Le Pr Ji-Hyun Lee l’a dit clairement : « Compte tenu des preuves de cette étude, nous ne pouvons pas changer les standards actuels de soins. »

Le régime neutropénique tire son nom de la « neutropénie », cet état où les patients ont un taux très bas de neutrophiles, ces globules blancs qui nous protègent des infections. Pendant la chimiothérapie, ces défenses s’effondrent, et les microbes présents sur les aliments non cuits peuvent alors provoquer des infections graves, souvent originaires de l’intestin. Cette étude, la plus grande et la plus rigoureuse jamais réalisée sur le sujet, confirme donc le bien-fondé d’une pratique vieille d’un demi-siècle.

Une victoire pour la sécurité, mais un défi nutritionnel persistant

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Même si le débat sur la sécurité est clos, l’étude de Floride met en lumière un autre problème, tout aussi préoccupant. Les chercheurs ont constaté que les patients des deux groupes, à l’hôpital, ne consommaient pas assez de calories pour une bonne nutrition. Les nausées, la perte d’appétit, ces effets secondaires bien connus des traitements, en sont probablement la cause.

Le Pr Wingard le reconnaît : « Nous devons encore trouver de meilleures approches pour améliorer la nutrition de ces patients sans compromettre leur sécurité. Nous savons à quel point une bonne nutrition est importante pour le microbiome intestinal et pour les résultats des patients. »

C’est le prochain grand défi. Comment nourrir suffisamment et agréablement des personnes très affaiblies, tout en les protégeant des dangers invisibles que peuvent représenter certains aliments ? L’étude, publiée dans le Journal of Clinical Oncology, apporte une réponse définitive sur ce qu’il faut éviter. Mais elle ouvre aussi la porte à de nouvelles recherches pour savoir comment mieux faire manger ceux qui en ont le plus besoin, une fois le danger infectieux écarté.

Selon la source : medicalxpress.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.