Les pilules contraceptives combinées restent utilisées chez les personnes souffrant de migraine avec aura, malgré les recommandations médicales
Adam David - 2025-12-19 10:46
credit : lemorning.ca (image IA)
Un écart inquiétant entre les recommandations et la pratique

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C’est une situation qui peut sembler contre-intuitive, voire alarmante. Depuis des années, les directives médicales conseillent de ne pas prescrire les pilules contraceptives combinées (celles qui contiennent des œstrogènes et de la progestérone) aux personnes souffrant de migraine avec aura. La raison ? Un risque accru d’accident vasculaire cérébral (AVC) qui est bien documenté.
Pourtant, une étude récente dirigée par la Boston University School of Public Health (BUSPH) montre que cet avertissement n’est pas toujours suivi dans la pratique. Il faut dire que la migraine avec aura, c’est cette forme particulière de migraine où le mal de tête est précédé ou accompagné de symptômes neurologiques passagers comme des troubles de la vue, des fourmillements ou des difficultés d’élocution. Des symptômes parfois très impressionnants.
Et l’étude, publiée dans Pharmacoepidemiology and Drug Safety, révèle qu’environ 15 % des personnes en âge de procréer diagnostiquées avec cette condition reçoivent toujours des prescriptions pour ces pilules combinées. C’est loin d’être négligeable. De même, pour les femmes plus âgées, la prudence est aussi de mise concernant les traitements hormonaux de la ménopause, mais là encore, l’étude montre que c’est un traitement encore très courant.
Des données anciennes et un besoin criant de recherche actualisée

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Liza Gibbs, doctorante en épidémiologie à la BUSPH et auteure principale de l’étude, pointe du doigt un problème de fond. La plupart des études sur les risques d’AVC liés aux contraceptifs chez les personnes avec migraine avec aura datent de plusieurs décennies. À cette époque, les doses d’œstrogènes utilisées étaient plus élevées qu’aujourd’hui. Et surtout, ces vieilles recherches ne comparaient pas forcément les pilules combinées avec d’autres options, comme les contraceptifs non-œstrogéniques.
« En conséquence, explique-t-elle, on ne comprend pas vraiment si une personne avec une migraine avec aura est spécifiquement plus sensible aux petits risques connus des pilules combinées, par rapport à la population générale. » C’est un peu comme naviguer à l’aveugle. On sait qu’il y a un risque potentiel, mais son ampleur exacte dans le contexte médical actuel reste floue.
La situation est similaire pour les traitements hormonaux de la ménopause. Il manque cruellement de données spécifiques sur les risques d’AVC pour les personnes migraineuses avec aura qui les utilisent. Pourtant, au moins 39 millions de personnes dans le monde souffrent de migraines, et jusqu’à une sur trois connaît la forme avec aura. Le trouble lui-même est déjà associé à une augmentation du risque d’AVC, à cause d’un mélange de facteurs cardiovasculaires, comportementaux et génétiques. Ajouter un traitement qui pourrait, en théorie, aggraver ce risque demande une vigilance particulière.
Les tendances de prescription et les changements observés

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Pour mener leur étude, les chercheurs ont analysé les dossiers médicaux électroniques de près de 143 000 personnes en âge de procréer et de près de 45 000 personnes en post-ménopause au Royaume-Uni, ayant reçu un diagnostic de migraine avec aura entre 2000 et 2024. Ils ont examiné l’usage des pilules combinées, des pilules à base de progestatif seul (sans œstrogène), et des traitements hormonaux de la ménopause.
Une bonne nouvelle tout de même : l’étude constate une baisse des prescriptions de pilules combinées au fil des ans dans cette population. On observe même un changement marqué vers les pilules à base de progestatif seul après le diagnostic. « Ce changement post-diagnostic pourrait indiquer que les gens sont orientés vers d’autres formes de contraception, en suivant les directives actuelles », remarque la Dr Susan Jick, professeure adjointe d’épidémiologie à la BUSPH et auteure senior de l’étude.
Mais ce n’est pas si simple. Même avec cette transition, l’utilisation globale de toutes les pilules contraceptives a légèrement diminué ces dernières années. Pourquoi ? Plusieurs raisons sont possibles. D’abord, les pilules à base de progestatif seul sont devenues disponibles sans ordonnance au Royaume-Uni en 2021. Du coup, moins de prescriptions apparaissent dans les dossiers médicaux. Cela pourrait aussi refléter une vraie baisse d’utilisation des contraceptifs hormonaux, ou une préférence pour des options non-orales comme les implants ou les stérilets.
Conclusion : Un appel urgent à des preuves modernes pour guider les patients et les médecins

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Le constat pour les femmes plus âgées est tout aussi frappant. L’utilisation du traitement hormonal de la ménopause est restée courante, avec environ la moitié des participantes de l’étude l’ayant reçu à un moment après leur diagnostic. Son usage a fluctué, passant de 51% au début des années 2000 à 41% entre 2015 et 2019, avant de remonter à 45% en 2024. Les formulations transdermiques, comme les patchs, étaient les plus courantes, surtout chez les personnes ayant reçu un diagnostic plus récent.
Alors, que faut-il en retenir ? Pour Liza Gibbs, le message est clair : « Ces résultats nous disent que ces médicaments sont pris par des personnes souffrant de migraine avec aura, malgré les mises en garde, voire les contre-indications. Cela souligne le besoin crucial de preuves de haute qualité et modernes concernant leur risque d’AVC. »
En somme, les médecins et les patients naviguent avec des cartes qui datent. Beaucoup de celles qui continuent à utiliser ces traitements avaient commencé avant leur diagnostic de migraine, et c’est peut-être difficile de changer une habitude, surtout quand l’alternative n’est pas toujours évidente. La solution passe par une recherche actualisée qui permettra de savoir précisément où se situe le risque aujourd’hui, avec les dosages actuels et en comparant toutes les options. Cela évitera de priver certaines personnes d’un traitement utile par excès de prudence, ou à l’inverse, de les exposer inutilement à un danger. L’équilibre est délicat, et il mérite d’être étayé par des données solides.
Selon la source : medicalxpress.com
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.