Legault évalue le référendum : bien pour le français, mauvais pour l’économie
Adam David - 2025-12-16 10:03
credit : lemorning.ca (image IA)
Le constat d’un ancien péquiste
François Legault, l’actuel premier ministre du Québec, ne mâche pas ses mots. Dans une entrevue accordée au chef d’antenne Patrice Roy, il a livré une analyse plutôt tranchée sur l’état de l’opinion publique. Le constat est simple, pour lui du moins : « Les Québécois, ils n’en veulent pas, de la souveraineté. » C’est sur cette conviction qu’il mise, paraît-il, pour les prochaines élections générales prévues en octobre 2026.
Pourtant, on sent une pointe de… nostalgie, peut-être ? L’homme qui défendait jadis l’option référendaire reconnaît que ce débat-là n’est pas entièrement mauvais. C’est un drôle de mélange, vous ne trouvez pas ? D’un côté, il affirme que le peuple ne veut pas de référendum, de l’autre, il admet que ça aurait quelques bons côtés. Enfin, bon. C’est le genre de positionnement politique qui peut donner le tournis.
Il a tenu à relativiser les récents sondages, qui lui annoncent un fort vent de face pour l’année à venir. Pour l’instant, c’est son adversaire du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, qui caracole en tête des intentions de vote. Legault ne semble pas trop s’en émouvoir. Il estime que les gens n’ont pas encore vraiment commencé à se poser la vraie question, celle qui fait peur selon lui : « Est-ce que je veux d’un référendum sur la souveraineté du Québec? » Et pour lui, la réponse est claire comme de l’eau de roche.
Un référendum : la double lame

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Alors, que pense-t-il vraiment d’un éventuel référendum ? Voilà où ça devient intéressant. « Un référendum, ce serait bon pour le français. Je l’avoue. » Là, il est honnête, c’est à souligner. Il voit le débat comme un moyen de raviver le sentiment identitaire, de remettre la langue au cœur des préoccupations. Un petit boost pour la culture québécoise, en quelque sorte.
Mais attention, il n’enchaîne pas avec un vibrant plaidoyer. Non. L’autre côté de la médaille le préoccupe bien plus. « Mais ce serait mauvais pour l’économie. » Voilà, le cœur du problème est là. Il prédit une période de quatre ans d’incertitude qui ferait très mal à la province si le PQ venait à l’emporter. Quatre ans, c’est long pour une économie qui a besoin de stabilité, vous en conviendrez.
Il résume sa pensée de façon assez directe, sans fioritures : « Je ne veux pas qu’il y ait de référendum. Oui, ce serait bon pour le français. Mais ce serait mauvais pour l’économie. Et de toute façon, on le perdrait! » C’est dit. Et si on lui demande, lui l’ancien ministre péquiste, s’il militerait pour le « non » si un tel débat devait avoir lieu, il botte en touche. « Je ne réponds pas à des questions hypothétiques », rétorque-t-il simplement, avant d’ajouter, confiant, que la majorité voterait contre. Pas très subtil, mais efficace.
Le bras de fer avec les médecins : une stratégie payante ?

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L’autre gros dossier, c’est celui de la santé. Ces derniers mois, François Legault a été en guerre ouverte avec les médecins du Québec. Une guerre qu’il a menée avec une loi controversée, imposée sous le bâillon, le projet de loi 2, qui devait changer de fond en comble leur rémunération. Ça n’a pas été de la tarte, on peut le dire.
Cette loi a fait couler beaucoup d’encre et lui a même fait perdre le soutien de Lionel Carmant, un ami de longue date et un caquiste de la première heure. Un coup dur, en somme. Mais lorsqu’on lui demande s’il regrette d’avoir plongé la province dans cette tempête, sa réponse est catégorique : « Pas du tout. » Il est même convaincu que sans cette loi, il n’y aurait pas eu d’entente aujourd’hui.
Il explique sa philosophie de négociateur avec une formule qui en dit long : « Dans la vie, quand on veut négocier, il faut en demander plus pour en avoir moins. C’est comme ça que ça marche. » Pour lui, le jeu en valait largement la chandelle. « Si on n’avait pas forcé le jeu, on serait au même endroit que les gouvernements précédents. On aurait reculé […] et on n’aurait pas changé le mode de rémunération, comme ç’a été le cas depuis 25 ans. » Un changement radical qu’il attend depuis un quart de siècle.
La semaine dernière, une entente de principe a finalement été conclue avec les omnipraticiens, et de grands pans de cette loi controversée ont été retranchés. Un recul ? Pas pour Legault. Il y voit une victoire. « Enfin, on a convaincu les médecins d’accepter que 50 % de leur salaire, ce soit pour des patients pris en charge », souligne-t-il, en présentant ça comme une approche « tout nouvelle ». Il promet des résultats concrets et rapides : « D’ici l’été prochain, pas dans dix ans, il va y avoir des centaines de milliers de Québécois qui vont avoir accès à un médecin de famille. » Il demande simplement aux Québécois d’être un peu patients. Et il est persuadé qu’on verra un « changement radical dans la façon de fonctionner des médecins de famille d’ici l’été, dans les prochains mois ».
Christian Dubé, les concessions et le rôle du premier ministre
Et Christian Dubé, son ministre de la Santé, dans tout ça ? C’est une question qui taraude pas mal de monde. Après tout, c’est lui qui a défendu bec et ongles, pendant des mois, des aspects de la loi qui sont aujourd’hui… abandonnés. Est-ce un désaveu ? François Legault assure que non, absolument pas.
Il jure que son ministre est à l’aise avec l’accord final. Et puis, il a un mot plutôt chaleureux pour lui : « Christian, je lui souhaite de grosses vacances. Ça a été dur. Il y a du monde qui a été dur avec lui. » On sent presque de la compassion dans cette phrase, non ?
Quant à sa propre implication personnelle à la fin des négociations, il balaie toute idée de mise à l’écart de M. Dubé. Pour lui, c’est une question de rôle et de protocole. « C’est normal, à la fin, que ce soit le premier ministre qui tranche. C’est comme ça dans toutes les grosses négociations. » Point final. Il assume complètement cette responsabilité ultime.
Alors voilà. François Legault se présente en stratège, un peu à la fois pragmatique et nostalgique. Pragmatique sur l’économie et les sondages, nostalgique peut-être d’une époque où la souveraineté faisait vibrer les cœurs. Mais pour l’instant, il semble croire dur comme fer que son pari sur la santé paiera, et que la peur d’un référendum finira par ramener les électeurs vers lui. L’automne prochain, « les Québécois nous jugeront », dit-il. Il n’a plus qu’à attendre et voir si sa lecture du terrain est la bonne.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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